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Un an après sa dissolution annoncée, le « Collectif Palestine Vaincra » toujours actif

Les liens entre le groupe toulousain et le FPLP n'ont pas été inclus dans le décret de dissolution, ce qui a conduit à la suspension de celle-ci par le Conseil d'État

Une affiche du "Collectif Palestine vaincra" dans le quartier du Mirail, à Toulouse. (Crédit : capture d’écran Twitter)
Une affiche du "Collectif Palestine vaincra" dans le quartier du Mirail, à Toulouse. (Crédit : capture d’écran Twitter)

Le ministre de l’Intérieur français Gérald Darmanin annonçait le 9 mars 2022 en Conseil des ministres la dissolution d’une association anti-Israël, le « Collectif Palestine vaincra » (CPV), un groupuscule basé à Toulouse qui revendique ouvertement son partenariat avec l’organisation terroriste du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP)

Le ministère avait alors expliqué que, « sous couvert de défendre la cause palestinienne », cette officine « cultivait le sentiment d’oppression des ‘peuples musulmans’ (…) dans l’objectif de diffuser l’idée d’une islamophobie à l’échelle internationale ». Il lui reprochait également d’appeler « à la haine, à la violence et à la discrimination et à la haine envers Israël et les Israéliens », notamment à travers des campagnes de boycott.

Le Collectif, qui se définit comme « antiraciste et anti-colonialiste », avait dénoncé « une attaque », selon lui « contre le mouvement de solidarité avec la Palestine ».

La dissolution du CPV avait été finalement suspendue en référé par le Conseil d’État français fin avril 2022, jusqu’à ce que la plus haute juridiction administrative se prononce « sur le fond ».

Les liens publics, vérifiables et revendiqués entre le groupe toulousain et le FPLP, n’avaient en effet pas été inclus dans le décret de dissolution, ce qui a conduit à la suspension de celle-ci.

Un an plus tard, la situation n’a toujours pas évolué. Vincent Chebat, directeur du département francophone de NGO Monitor, a décrit le problème la semaine dernière dans une série de messages sur Twitter.

« Il y a pile un an, Gérald Darmanin annonçait la dissolution du CPV ‘conformément aux instructions’ d’Emmanuel Macron, au motif que le groupement de fait ‘appelait à la haine, la violence et à la discrimination’. Pourtant, le 24 avril 2022, le Conseil d’État, dans une décision en référé, repoussait l’argumentaire du gouvernement français et suspendait l’exécution du décret de dissolution jusqu’à ce que le Conseil d’État se prononce définitivement (date inconnue) sur l’annulation ou non du décret. Comment se fait-il donc qu’un groupe radical revendiquant ouvertement son partenariat avec le FPLP et qui a transféré des fonds pour des activités d’endoctrinement de la jeunesse, puisse encore être actif en France ? », a-t-il écrit.

« Pour rappel, deux semaines avant la dissolution (23 février 2022), la France, assurant la présidence du Conseil de l’Europe, publiait la note ‘Lutter contre la menace représentée par les acteurs contribuant à la radicalisation conduisant au terrorisme’, qualifiant le CPV et autres groupes radicaux de ‘vecteurs’ de radicalisation. L’hypothèse la plus probable est le fait pour le moins surprenant que les liens publics, vérifiables et revendiqués entre le CPV et le FPLP, n’ont pas été inclus dans le décret de dissolution signé par Gérald Darmanin, Emmanuel Macron et Jean Castex. »

« Par exemple : le CPV revendique ouvertement sur son site Internet son partenariat avec le FPLP. Leila Khaled, décrite par le CPV comme ‘icône de la résistance palestinienne et dirigeante du FPLP’, est membre d’honneur du groupe toulousain (pour information, Leila Khaled est une terroriste responsable de détournements d’avions de ligne). Le 29 mars 2019, à la suite de la création du CPV, le FPLP a publié un communiqué dans lequel l’organisation terroriste indique être en coordination et en contact direct avec le CPV ! En juin 2020, le CPV a rapporté que le secrétaire général du FPLP, Ahmad Saadat, condamné en 2008 à 30 ans de prison par la justice israélienne, avait écrit au CPV adressant ‘son soutien au travail effectué par le Collectif Palestine Vaincra à Toulouse’. Le FPLP promeut régulièrement le CPV. Par exemple : au mois de juillet 2021, le secrétaire général adjoint du FPLP, Jamil Mazhar, a été photographié tenant la bannière du CPV (photo publiée par le CPV). Un autre exemple, en décembre 2021, au cours des célébrations du 54e anniversaire de la fondation du FPLP à Gaza, des drapeaux du CPV ont été brandis par la foule. En 2021 et 2019, des activistes du CPV se sont rendus au Liban et ont rencontré des membres du FPLP. Mais le plus grave sans doute, c’est la collecte de fonds par le CPV destinés à des groupes liés au FPLP et/ou incitant à la haine et à la violence. L’exemple le plus probant : en 2021, le CPV a collecté 6000 € au profit de l’association ‘Les enfants du martyr de Ghassan Kanafani’ (ancien leader du FPLP) pour l’organisation de camps de vacances pour des enfants de Gaza. Une vidéo expose que ce camp avait été organisé par le FPLP. Pire encore, selon cette même vidéo, le camp a été le théâtre de l’endoctrinement et de l’apologie du terrorisme, notamment par la mise en scène d’une opération de guérilla exécutée par les mineurs déguisés en terroristes du FPLP, équipés de fusils d’assaut et de roquettes. »

« Comme évoqué plus haut, les liens presque organisationnels entre le CPV et l’organisation terroriste du FPLP n’ont pas été inclus dans le décret de dissolution. Alors, dysfonctionnement ou considérations politiques ? En attendant, les institutions financières ne sont pas dupes. Depuis son établissement en 2019, le CPV a été évincé au moins à quatre reprises de différentes plateformes, y compris Paypal, Stripe et Shopify. En cause toujours : ses liens avec l’organisation terroriste ! »

Outre ce ‘thread’ Twitter, NGO Monitor a envoyé une lettre au ministre de l’Intérieur français, Gérald Darmanin, pour l’informer de la situation.

En conclusion, le groupe écrit espérer « que ces éléments contribueront à mettre un terme définitif aux agissements du CPV ».

Le mois dernier, l’Administration fiscale des États-Unis d’Amérique (Internal Revenue Service ou IRS) a reçu une plainte à l’encontre de l’organisation caritative américaine Alliance for Global Justice (AfGJ), mise en cause pour avoir collecté des fonds au profit du Collectif Palestine Vaincra.

Depuis, AfGJ n’est plus en mesure de collecter des dons par cartes de crédit pour les 140 groupes qu’il parraine fiscalement.

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