Un ancien magistrat critique Yogev pour ses « incitations » contre la Cour suprême
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Un ancien magistrat critique Yogev pour ses « incitations » contre la Cour suprême

Elyakim Rubinstein a qualifié de "honte" les insinuations de l'élu d'HaBayit HaYehudi, qui a laissé entendre que le système judiciaire facilitait la mort des soldats israéliens

Elyakim Rubinstein, ancien juge de la Cour Suprême et ancien négociateur de paix avec la Jordanie, dans son bureau de Jérusalem, en novembre 2010. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Elyakim Rubinstein, ancien juge de la Cour Suprême et ancien négociateur de paix avec la Jordanie, dans son bureau de Jérusalem, en novembre 2010. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Un ancien président de la Cour suprême a accusé lundi un législateur de droite « d’incitations » pour avoir dit que le tribunal causait la mort des soldats en n’autorisant pas la destruction immédiate des habitations des terroristes palestiniens après les attentats.

Lors d’un entretien accordé dimanche, le député du parti HaBayit HaYehudi Moti Yogev a qualifié la cour de « pilier du massacre », un jeu de mots en hébreu sur « pilier de soutènement ». Yogev critiquait le processus d’approbation de la Cour suprême pour les démolitions de maison qui, selon lui, est ardu et entraîne par conséquent la mort de soldats.

Israël défend l’usage de la démolition des maisons – qui a été réintroduit en 2014 après un moratoire de neuf ans – comme moyen de dissuasion utile contre le terrorisme, mais un certain nombre de groupes de gauche et des droits de l’Homme critiquent cette politique, disant qu’elle est inefficace et qu’elle est une forme de sanction collective.

« La haute-cour de justice est le pilier du massacre, pas le pilier de soutènement. Parce qu’elle ne permet pas la dissuasion, des soldats sont tués », a accusé Yogev.

S’exprimant au micro de la radio militaire, l’ancien magistrat Elyakim Rubinstein a déclaré que les propos de Yogev relevaient d’ « un populisme de la pire espèce ».

« Quelle honte », a dit Rubinstein, qui a servi à la Cour suprême de 2004 à 2017 et qui a été le procureur général israélien avant cela.

Rubinstein a ajouté que Yogev était « déjà spécialisé dans les incitations », se référant aux commentaires faits par le législateur en 2015 qui avait estimé qu’il fallait faire disparaître la cour suprême.

Evoquant directement les critiques de Yogev, Rubinstein a déclaré que la cour n’intervenait pas dans la majorité des destructions d’habitations et que le processus d’approbation du tribunal était conforme aux normes légales.

« Habituellement, au début du procès, une injonction est émise jusqu’à ce que l’appel soit entendu, parce qu’il n’y a qu’à Sodome et Gomorrhe qu’on a d’abord détruit et jugé ensuite », a-t-il dit.

« Est-ce que c’est ce que Yogev a appris auprès des rabbins ? Est-ce que c’est là le judaïsme d’un état juif démocratique ? », a ajouté le juge.

Yogev a présenté ses excuses lundi pour les propos tenus.

« C’était un choix médiocre de mots et je présente mes excuses », a-t-il dit. « C’était inapproprié de dire ce que j’ai dit avec le recul ».

S’exprimant au micro de la Radio 101.5 FM dimanche, Yogev avait appelé les militaires à démolir sans attendre l’habitation du terroriste palestinien qui avait tué vendredi deux soldats israéliens, le capitaine Ziv Daos et le sergent Netanel Kahalani, dans une attaque à la voiture-bélier en Cisjordanie.

Le sergent Netanel Kahalani, à gauche, et le capitaine Ziv Daos, à droite, sont les soldats tués dans une attaque terroriste présumée le 16 mars 2018. (Courtoisie)

« Mettons de côté la haute-cour de justice pendant 72 heures. Ne prenons pas en compte son opinion castratrice… 72 heures, ça suffit pour clarifier s’il y a eu des liens terroristes avec la famille, les parents, dans la fratrie ou autres », avait-il dit.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a juré dimanche qu’Israël démolirait l’habitation du conducteur. L’agence de sécurité du Shin Bet a indiqué que le terroriste avait avoué l’attaque délibérée.

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