Un ancien maire grièvement blessé dans une fusillade entre Arabes israéliens
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Un ancien maire grièvement blessé dans une fusillade entre Arabes israéliens

Des habitants d'Umm al-Fahm manifestent après que des tirs ont blessé Suleiman Aghbariah, un homme politique islamiste arabe; « Nous sommes en guerre civile », déplore un député

Suleiman Aghbariyah, ancien maire d'Umm al-Fahm. (Capture d'écran)
Suleiman Aghbariyah, ancien maire d'Umm al-Fahm. (Capture d'écran)

Lors de la dernière d’une série de fusillades dans les communautés arabes israéliennes, l’ancien maire d’Umm al-Fahm Suleiman Aghbariah a été grièvement blessé jeudi soir par des assaillants armés.

Aghbariah est une figure bien connue de la politique arabe israélienne. Il a été non seulement maire d’une grande ville arabe israélienne du centre d’Israël, mais également un haut dirigeant du Mouvement islamique du Nord jusqu’à son interdiction en 2015.

« Personne n’est plus à l’abri de la violence meurtrière et des armes qui inondent la société arabe. C’est une urgence. Nous sommes en guerre civile », a tweeté le député de la Liste arabe unie Yousef Jabareen, un résident d’Umm al-Fahm qui vit à proximité du site où la fusillade a eu lieu.

En réponse à la fusillade, des dizaines d’habitants d’Umm al-Fahm ont manifesté devant le poste de police local.

« Les gens ne se sentent pas en sécurité. Nous demandons deux choses à la police : qu’ils fassent de la prévention contre les crimes et traquent les criminels. Mais ils ne peuvent ou ne veulent faire ni l’un ni l’autre », a déclaré le maire d’Umm al-Fahm, Samir Sohbi Mahameed, lors d’une conversation téléphonique.

La police israélienne enquête sur l’affaire et n’a encore procédé à aucune arrestation.

« Il n’y a pas de citoyen arabe qui ne soit exposé à la menace mortelle posée par le crime organisé. L’indifférence criminelle du gouvernement est ce qui lui permet de détruire notre société », a déclaré le président de la Liste commune, le député Ayman Odeh.

Des manifestants se rassemblent à Kafr Qara après les funérailles de la victime d’homicide Suleiman Masarwah, 25 ans, le mercredi 6 janvier 2021. (Autorisation)

Trois Arabes israéliens ont déjà été tués dans des homicides depuis le début de l’année ; trois autres homicides ont eu lieu à Jérusalem-Est. En 2020, 96 Arabes israéliens ont été violemment assassinés, le bilan annuel le plus élevé ces derniers temps.

De nombreux Arabes israéliens attribuent la recrudescence du crime organisé dans leurs communautés à l’inaction de la police, accusant les policiers de ne pas faire appliquer l’état de droit dans leurs villes et villages. Selon les chiffres soumis à la commission de la Knesset sur les moyens de mettre fin au crime et à la violence dans la société arabe israélienne, il y aurait 400 000 armes illégales dans la communauté.

Mettre fin à la propagation de la violence et du crime organisé est une priorité majeure pour les Arabes israéliens. Selon une enquête récente de l’Institut israélien pour la démocratie, c’est même la préoccupation la plus urgente pour environ 52 % des Arabes israéliens, loin devant tout autre problème.

Un vaste plan gouvernemental élaboré par le Cabinet du Premier ministre pour lutter contre les racines de la violence dans les communautés arabes attend toujours d’être officiellement approuvé et financé. Des efforts similaires – comme un plan gouvernemental de lutte contre la violence domestique – ont parfois attendu des années en commission sans jamais recevoir de financement.

Lors d’une session parlementaire de la Knesset début novembre, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a promis qu’il approuverait ce projet dans les deux semaines à venir. Cependant, alors qu’Israël se dirige vers ses quatrièmes élections en moins de deux ans, ce plan semble avoir été mis au placard.

« Il y a eu une réunion le mois dernier avec l’équipe responsable du projet. Mais il est clair que la violence et l’insécurité dans la communauté arabe ne sont tout simplement pas une priorité à l’heure actuelle. C’est au gouvernement d’investir, de financer et de prendre des mesures pour lutter contre cette violence. Mais les décisions ne sont pas prises », a déclaré Mudar Younes, chef du conseil de Wadi Ara’ara, qui préside le comité national des maires arabes.

« Nous ne pouvons pas attendre les élections, au vu de la façon dont les choses se passent », a déclaré Younes.

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