Un ancien ministre et des députés arabes fustigent Trump pour ses tweets
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Un ancien ministre et des députés arabes fustigent Trump pour ses tweets

Si le gouvernement israélien a gardé le silence face aux messages racistes du président américain, Yossi Beilin, Ayman Odeh et Aida Touma-Sliman ont condamné ses remarques racistes

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

(gauche) Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une meeting de campagne à Greenville en Caroline du nord, le 17 juillet 2019. (AP/Gerry Broome) (droite) De gauche à droite, les élues Rashida Tlaib, Ilhan Omar, Alexandria Ocasio-Cortez et Ayanna Pressley, s'expriment lors d'une conférence de presse commune à Washington le 15 juillet 2019. (AP Photo/J. Scott Applewhite)
(gauche) Le président américain Donald Trump s'exprime lors d'une meeting de campagne à Greenville en Caroline du nord, le 17 juillet 2019. (AP/Gerry Broome) (droite) De gauche à droite, les élues Rashida Tlaib, Ilhan Omar, Alexandria Ocasio-Cortez et Ayanna Pressley, s'expriment lors d'une conférence de presse commune à Washington le 15 juillet 2019. (AP Photo/J. Scott Applewhite)

Un ancien ministre israélien de gauche a fustigé le président américain Donald Trump pour ses attaques sur des élues de couleur, notant que Trump lui-même était le petit fils d’immigrants.

Les commentaires de Yossi Beilin, un ancien ministre de la Justice qui a été membre du Parti travailliste et du Meretz, sont intervenus alors que la plupart des politiciens israéliens ont refusé de réagir aux commentaires de Trump, décriés comme racistes, alors même que le président a tenté de mêler Israël à la polémique.

« Trump fait seulement partie de la deuxième génération de sa famille à être née aux Etats-Unis et il parle des gens qui viennent d’autres pays qui n’ont pas de gouvernements convenables ? Se souvient-il d’où vient sa propre famille ? Quelle sorte de dirigeants inconvenants ont-ils eu ? » a déclaré Beilin au Times of Israël cette semaine.

Le grand-père de Trump, Frederick Trump, a immigré aux Etats-Unis depuis l’Allemagne en 1885.

« Il devrait se méfier que d’autres ne lui disent pas de retourner d’où il vient », a dit Beilin avec colère.

Yossi Beilin participe à une réunion de la Knesset sur la Constitution, le droit et la justice, le 9 juillet 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Dimanche, Trump a tweeté qu’un groupe d’élues démocrates de couleur, en référence à l’élue Alexandria Ocasio-Cortez et d’autres, devraient « retourner d’où elles viennent et régler les problèmes des endroits complètement détruits et infestés par le crime d’où elles sont venues ».

Ses commentaires ont été largement perçus comme étant dirigés contre Ocasio-Cortez et d’autres autres nouvelles élues démocrates, Ilhan Omar, Ayanna Pressley et Rashida Tlaib. Toutes sont nées aux Etats-Unis à l’exception d’Omar, qui est venue aux Etats-Unis enfant après avoir fui la Somalie avec sa famille.

Trump a accusé les quatre femmes « d’avoir craché les choses les plus viles, haineuses et dégoûtantes jamais dites par un politicien » et leur a dit : « Si vous détestez notre pays, ou si vous n’êtes pas contentes ici, vous pouvez partir ! »

Dans d’autres remarques contre les élues, il les a qualifiées d’être anti-Israël et antisémites.

« Si les démocrates veulent s’unir autour d’un discours de haine et de racisme craché de leurs bouches et des actions de ces élues très impopulaires et non représentatives, il sera intéressant de voir comment ils s’en sortent. Je peux vous dire qu’elles ont donné le sentiment à Israël que les Etats-Unis les abandonnaient », a-t-il tweeté cette semaine.

Beilin a regretté la décision de Trump de « mêler Israël à cette affaire », affirmant que cela entraînera un dégât considérable au soutien historique bi-partisan pour l’Etat juif.

Alors que Beilin s’est exprimé librement sur le sujet, les responsables israéliens actuels ont évité de critiquer le président, malgré son recours à une rhétorique qui a été utilisée contre des Juifs et d’autres minorités dans le monde entier.

Le Bureau du Premier ministre, le ministère des Affaires étrangères, le ministère de l’Education et le ministère des Affaires de la diaspora ont tous refusé de commenter le sujet. L’Agence juive et le musée mémorial de la Shoah de Yad Vashem ont également choisi de ne pas répondre.

Beilin a affirmé que personne dans le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu ne critiquera la Maison-Blanche sans l’accord du Premier ministre.

Kakhol lavan, les Travaillistes et Meretz ont également refusé de commenter le sujet.

Les seuls députés qui ont effectivement choisi de s’exprimer sur la question étaient les présidents d’Hadash-Taal, Ayman Odeh et Aida Touma-Sliman.

« Trump a poursuivi son attaque raciste contre des élues de couleur de gauche. Trump et Netanyahu travaillent dans le même sens. Ils représentent le même racisme, le même nationalisme et l’incitation à la haine contre des minorités comme un outil politique », a déclaré Touma-Sliman dans un message retweeté par Odeh.

Danny Ayalon, un ancien député d’Yisrael Beytenu qui a servi en tant qu’ambassadeur aux Etats-Unis de 2002 à 2006, a défendu Trump et affirmé que le président américain n’avait pas d’intentions racistes.

L’ancien assistant du ministre des Affaires étrangères Danny Ayalon, le 23 octobre 2012. (crédit photo: Yoav Ari Dudkevitch/Flash90)

« Je pense que c’était seulement pour [les] critiquer dans le sens où, alors qu’elles [prétendent être] de telles championnes des droits de l’homme, leurs actions montrent que quand de vrais abus ont lieu, elles n’ont rien fait », a déclaré Ayalon.

L’ancien ambassadeur a ajouté que si Trump avait adressé ses commentaires à quelqu’un en Europe, « je ne pense pas que quiconque aurait dit qu’il s’agissait de racisme ».

Aux Etats-Unis, alors que le plupart des Républicains ont évité de critiquer le président en place, quatre membres du Congrès du parti de Trump ont voté en faveur d’une résolution de la Chambre des représentants condamnant ses remarques : Will Hurd, Susan Brooks, Brian Fitzpatrick et Fred Upton.

En réaction à la résolution, Trump a tweeté qu’il n’avait pas « d’os raciste » dans le corps.

Certains Républicains ont également critiqué une foule qui a scandé « Renvoyez-la chez elle » à l’intention d’Omar lors d’un meeting de Trump mercredi.

Trump lui-même a dit qu’il « n’était pas content » de ces propos.

Kevin McCarthy, le dirigeant de la minorité républicaine à la Chambre des représentants, a dit aux journalistes que de tels cris « n’ont aucune place dans notre parti et aucune place dans ce pays ».

McCarthy, un fidèle allié de Trump, a affirmé que l’aversion du président pour Omar était basée sur l’idéologie, et non sa couleur de peau.

« C’est une question entre le socialisme et la liberté », a-t-il dit, un refrain que les Républicains utilisent de plus en plus alors qu’ils essaient d’organiser leur plan de bataille contre les Démocrates pour les campagnes présidentielles et du Congrès de 2020.

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