Un autre groupe pro-Israël avertit que l’annexion nuira à l’alliance US-Israël
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Un autre groupe pro-Israël avertit que l’annexion nuira à l’alliance US-Israël

Dans des lettres à Netanyahu et Gantz, le groupe Democratic Majority for Israel dit que baser une décision sur Trump seul "suggère une mauvaise lecture" de la politique américaine

Une photo prise depuis le corridor controversé E1 en Cisjordanie montre l'implantation de Maale Adumim à l'arrière plan, le 25 février 2020 (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
Une photo prise depuis le corridor controversé E1 en Cisjordanie montre l'implantation de Maale Adumim à l'arrière plan, le 25 février 2020 (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Un groupe pro-israélien a averti les leaders de l’Etat juif que les informations portant sur des annexions prévues de certaines parties de la Cisjordanie entraîneraient « des dégâts à long-terme » dans l’alliance entre les Etats-Unis et Israël.

« Une telle initiative ne rendrait que plus dure une solution à deux Etats – elle pourrait être impossible à mettre en place dorénavant – et elle aurait probablement des conséquences négatives d’ampleur sur l’alliance entre les Etats et Israël », ont écrit Mark Mellman et Anne Lewis, président et co-présidente du groupe DFMI (Democratic Majority for Israel), aux trois dirigeants qui négocient actuellement la formation d’un nouveau gouvernement au sein de l’Etat juif.

Ces courriers d’avertissement, qui ont été obtenus par l’agence de presse JTA, sont notables dans la mesure où le DFMI a ouvertement repoussé les critiques de Démocrates de gauche sur le contrôle par l’Etat juif de la Cisjordanie. Le DMFI possède une commission d’action politique affiliée.

Les lettres ont été envoyées au Premier ministre Benjamin Netanyahu et à deux de ses rivaux, Benny Gantz et Yair Lapid. L’annexion de certaines parties de Cisjordanie pourrait être sur la table dans le cadre d’un accord de coalition, selon des informations.

Ces nouveaux courriers surviennent à peu près au même moment qu’une mise en garde similaire adressée à Gantz et aux chefs de formation politique par plus de 140 Juifs américains, avec notamment parmi eux un certain nombre qui sont depuis longtemps impliqués dans le mouvement pro-israélien.

Ces courriers de la DMFI soulèvent spécifiquement des questions sur les constructions d’implantations entre Jérusalem et Maale Adumim qui, aux yeux des Palestiniens, viendraient annihiler toute possibilité d’un État palestinien continu. Ils notent également que certains des défenseurs les plus fiables de l’Etat juif au Congrès, démocrates et républicains, s’opposent à l’annexion.

« Nous ne pouvons pas passer sous silence les dégâts à long-terme qui seraient entraînés par une telle initiative en ce qui concerne l’alliance entre les Etats-Unis et Israël », ajoutent les courriers. « Les répercussions en seraient extrêmement graves et durables. La majorité des Américains n’apporteront leur soutien aussi longtemps qu’ils auront la conviction qu’Israël est attaché à poursuivre la paix ».

La proposition de paix du président Trump concernant Israël et un État palestinien, qui a été rendue publique à la fin du mois de janvier, semble approuver l’annexion – même si des responsables de l’administration, à la Maison Blanche, ont indiqué que toute initiative de ce type devait attendre le lendemain des élections du mois de mars en Israël – qui permettraient de donner un gouvernement élu au pays. Israël n’a toujours pas de coalition suite à ce troisième scrutin.

« Tandis que l’administration Trump peut approuver l’annexion à un certain degré, nous pouvons dire avec certitude que ce président ne dirigera pas seul l’Amérique – ni indéfiniment », continue la missive. « Compter sur son seul soutien pour agir suggère une mauvaise lecture fondamentale du gouvernement et de la politique américaine ».

Ces courriers ont été rédigés la même semaine que l’envoi par Mellman d’un courriel aux partisans du DFMI, un message qui revendiquait partiellement le mérite de la sortie de Bernie Sanders de la course démocrate à la présidentielle – qui a fait de Joe Biden le candidat démocrate officiel. L’ancien vice-président entretient des liens de longue haleine avec la communauté pro-israélienne.

Sanders avait adopté une posture profondément critique face au gouvernement de Netanyahu, qu’il avait qualifié de raciste. Il avait déclaré être prêt à remettre en cause les aides financières octroyées à l’Etat juif.

« C’est une grande victoire – une victoire à laquelle vous avez aidé », avait écrit Mellman dans le courriel. « Les annonces exploitées par le DMFI ont empêché Sanders de remporter le caucus de l’Iowa ». (Sanders était, à la base, lié à un autre candidat, Pete Buttigieg, pour la première place dans l’Iowa, mais il avait fait une contre-performance par rapport à ce qui était annoncé dans les sondages).

Mellman avait dit que la lutte pour garantir qu’un ordre du jour pro-israélien figurerait au parti démocrate était encore d’actualité, Sanders ayant déclaré dans son discours de retrait qu’il resterait en lice dans les principaux états pour augmenter le nombre de ses délégués et maintenir son influence dans la plateforme de la formation de gauche.

« Des groupes extrémistes alignés à Sanders, ainsi que certains de ses substituts les mieux placés – notamment les membres du Congrès Rashida Tlaib et Ilhan Omar — ont publiquement déclaré leur détermination à rendre la plateforme anti-israélienne », a dit Mellman. « Et si les démocrates adoptent une plateforme anti-israélienne cette année, le vocabulaire, les points de vue et les votes des politiciens vont changer de manière spectaculaire ».

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