Un avion de ligne iranien approché par des avions de combat américains
Rechercher

Un avion de ligne iranien approché par des avions de combat américains

Des informations contradictoires ont décrit l'appareil comme israélien ou américain, mais un responsable de Washington confirme qu'un avion américain a approché celui de Mahan Air

Une vidéo partagée par l'agence de presse iranienne IRIB affirme montrer un avion de chasse menacer un avion de ligne Mahan Air au-dessus de la Syrie, le 23 juillet 2020. (Capture écran/IRIB)
Une vidéo partagée par l'agence de presse iranienne IRIB affirme montrer un avion de chasse menacer un avion de ligne Mahan Air au-dessus de la Syrie, le 23 juillet 2020. (Capture écran/IRIB)

Un avion de ligne iranien survolant la Syrie a été forcé de changer de cap après avoir été approché par des avions de chasse, a rapporté jeudi la télévision d’État de Téhéran.

Alors que certaines informations iraniennes affirmaient que les avions de chasse étaient israéliens, un fonctionnaire américain a indiqué plus tard à l’agence Associated Press que des appareils américains étaient passés à côté de l’avion iranien, mais à une distance de sécurité.

L’agence de presse officielle iranienne IRIB avait rapporté que le vol de la Mahan Airlines, en route pour Beyrouth depuis Téhéran, avait dû manœuvrer après avoir été « harcelé » par un avion de guerre israélien, blessant plusieurs passagers.

Des informations ultérieures parues en Iran et en Syrie ont indiqué que l’avion avait peut-être été approché par deux avions de chasse américains, ce qui a entraîné une certaine confusion.

Les médias d’État syriens ont cité des responsables de l’aviation civile non identifiés à Damas qui ont déclaré que deux avions à réaction, soupçonnés d’appartenir à la coalition dirigée par les États-Unis, avaient « intercepté » un vol de passagers iranien au-dessus d’al-Tanf, dans le sud-ouest de la Syrie.

Les troupes américaines combattant les militants de l’État islamique ont établi une présence dans la région d’al-Tanf depuis 2016. Les États-Unis ont décrété cette zone comme zone de non-conflit. Au-delà de cette zone, les forces syriennes et leurs alliés iraniens opèrent, ce qui en fait un point de tension dans la région.

Selon des informations, la manœuvre a contraint le pilote à changer brusquement d’altitude, volant à basse altitude et causant de légères blessures chez certains des passagers.

Mais selon le reportage de la télévision iranienne, le vol 1152 de la Mahan Airlines se trouvait dans l’espace aérien syrien lorsque deux avions de chasse israéliens se sont approchés à une distance de 100 mètres de l’avion iranien. Le pilote a rapidement amené l’avion à une altitude plus basse pour éviter une collision avec les jets.

Le capitaine de la marine américaine Bill Urban, un porte-parole du Commandement central, a rapporté plus tard à l’AP qu’un avion de chasse F-15 américain « a effectué une inspection visuelle standard d’un avion de ligne de Mahan Air à une distance de sécurité d’environ 1 000 mètres (3 280 pieds) de l’avion ce soir ».

« L’inspection visuelle a eu lieu pour assurer la sécurité du personnel de la coalition à la garnison al-Tanf », a expliqué M. Urban, qui a décrit l’opération comme routinière. « Une fois que le pilote du F-15 a identifié l’avion comme étant un avion de passagers de Mahan Air, le F-15 s’est mis à distance de sécurité de l’avion. »

Les avions à cette altitude doivent maintenir une distance d’au moins 600 mètres (2 000 pieds) pour s’assurer qu’ils ne se percutent pas, bien que les avions voyageant aussi près les uns des autres puissent rencontrer des turbulences de sillage.

Les données du vol enregistrées par le site web FlightRadar24.com montrent que l’avion est passé de 34 000 pieds à 34 600 pieds en moins de deux minutes au moment de l’incident, puis est redescendu à 34 000 pieds dans la minute qui a suivi.

La télévision d’État iranienne avait cité le pilote de l’avion iranien qui a déclaré que les pilotes des avions de chasse s’étaient identifiés comme étant américains par communication radio.

L’avion a atterri peu après, mais trois passagers à bord ont été blessés et conduits à l’hôpital, d’après la chaîne, citant ce qu’elle a décrit comme des sources informées mais non nommées à l’aéroport de Beyrouth. Le reportage a également indiqué que certains membres du personnel de cabine avaient été blessés, mais n’a pas donné de détails.

Une vidéo publiée par les médias iraniens montrerait les avions de chasse à distance, un passager dans l’avion saignant du front, des masques à oxygène suspendus au plafond, et un autre homme allongé par terre dans l’avion.

Une autre vidéo semble montrer l’avion de ligne tremblant et les passagers en train de crier.

Selon un responsable de l’aéroport libanais, le vol a atterri normalement à Beyrouth, sa destination finale, jeudi soir.

Le responsable de l’aéroport de Beyrouth a déclaré à Reuters que certains passagers avaient subi des blessures mineures.

Le ministère iranien des Affaires étrangères a fait savoir qu’à la suite de l’incident, une note de protestation a été envoyée à l’ambassade suisse, qui représente les intérêts de l’Amérique en Iran, avertissant que si un accident se produisait sur le vol de retour de l’avion à Téhéran, il sera de la responsabilité des États-Unis.

Le porte-parole du ministère, Abbas Mousavi, a déclaré que l’Iran enquêtait sur l’incident. La même note a également été remise au secrétaire général des Nations unies, António Guterres, par l’ambassadeur d’Iran auprès de l’ONU, Majid Takht-e Ravanchi.

Il n’y a pas eu de commentaire immédiat de la part d’Israël.

L’incident s’est produit dans un contexte de tensions accrues à la frontière nord d’Israël et quelques jours après une attaque aérienne israélienne présumée près de Damas. Le groupe terroriste libanais Hezbollah a affirmé qu’un de ses combattants avait été tué lors de cette frappe. Jeudi, Israël a envoyé un petit groupe de renforts militaires à sa frontière avec le Liban.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...