Un avion israélien frappe des Gazaouis lanceurs de ballons incendiaires
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Un avion israélien frappe des Gazaouis lanceurs de ballons incendiaires

Cette attaque a eu lieu après le déclenchement d'au moins neuf incendies jeudi, allumés par des dispositifs aériens chargés de combustibles

Un Palestinien prépare un ballon qui sera attaché à des matériaux inflammables puis sera envoyé par les airs vers Israël près de la frontière israélo-gazanaise, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 17 juin 2018. (Abed Rahim Khatib/Flash90)
Un Palestinien prépare un ballon qui sera attaché à des matériaux inflammables puis sera envoyé par les airs vers Israël près de la frontière israélo-gazanaise, à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 17 juin 2018. (Abed Rahim Khatib/Flash90)

Un avion israélien a ouvert le feu sur un groupe de Palestiniens qui lançaient des ballons incendiaires depuis le nord de la bande de Gaza en direction d’Israël, a fait savoir l’armée jeudi.

Aucune information n’a encore filtré sur d’éventuels blessés lors de cette frappe.

L’attaque a eu lieu dans un contexte de recrudescence marquée du lancement par les habitants de Gaza de ballons incendiaires vers le territoire israélien.

« Il y a quelques instants, un groupe de terroriste a lancé des ballons incendiaires vers Israël. Nous avons ouvert le feu sur le groupe en réponse », a fait savoir l’armée dans un tweet.

Jeudi, les pompiers ont œuvré, dans le sud d’Israël, à éteindre au moins neuf brasiers déclenchés par des dispositifs aériens chargés de combustibles lancés par-delà la frontière de Gaza, ont indiqué les services israéliens chargés des incendies.

Un porte-parole a indiqué que des feux se sont déclenchés à proximité de plusieurs communautés israéliennes adjacentes à la bande de Gaza, notamment au kibboutz Beeri.

Mercredi, le service des incendies avait fait savoir que quatre foyers avaient été allumés par des ballons incendiaires présumés aux abords du kibboutz Beeri pendant la fête de Yom Kippour.

L’usage de ce type de dispositif avait pourtant cessé pendant plusieurs semaines, après des mois d’attaques quotidiennes multiples qui ont anéanti des milliers d’hectares dans le sud d’Israël et attisé les craintes d’éventuelles blessures faites aux enfants par des bombes placées sur ces ballons ou sur ces cerfs-volants envoyés depuis l’autre côté de la frontière.

Le retour des ballons incendiaires survient alors que les tensions sur la frontière entre Israël et Gaza se sont renforcées après une brève accalmie et que le groupe terroriste du Hamas orchestre des manifestations hebdomadaires près de la barrière. Ces derniers jours ont également été le théâtre de mouvements de protestation nocturnes plus modestes le long de la frontière.

Environ 200 Gazaouis ont ainsi manifesté près de la clôture du sud de Gaza dans la nuit de jeudi, selon Shehab, un média lié au Hamas.

Mercredi dans la soirée, un adolescent palestinien a été tué par des tirs israéliens lors d’affrontements survenus à la frontière, dans le sud de Gaza, a fait savoir le ministère de la Santé de l’enclave côtière dirigé par le Hamas.

Mardi soir, les soldats israéliens ont tué deux Palestiniens lors d’émeutes à la frontière, selon le même ministère.

Les deux individus ont été tués à proximité du passage frontalier d’Erez entre Gaza et Israël, qui a été régulièrement le théâtre de confrontations entre de jeunes lanceurs de pierres et les soldats israéliens ces derniers mois.

Lundi, deux Gazaouis ont été tués lors d’une frappe israélienne à proximité de la clôture frontalière, à l’est de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, selon des informations palestiniennes. L’armée israélienne a expliqué que ses avions avaient pris pour cible des Palestiniens qui s’approchaient de la clôture et qui y avaient placé, selon les militaires, « un objet suspect ».

Lundi également, un ballon transportant une grenade a été découvert dans un champ situé aux abords de la frontière avec Gaza, entre les kibboutz de Reim et d’Urim, dans le sud du pays, a fait savoir la police.

Des gaz lacrymogènes tirés sur des manifestants palestiniens durant une manifestation appelant à la levée du blocus israélien sur Gaza, sur une plage de Beit Lahia, à proximité de la frontière maritime avec Israël, le 2 septembre 2018 (Crédit : AFP PHOTO / Said KHATIB)

Gaza est le théâtre d’une flambée de violence depuis le mois de mars, avec une série de manifestations qui ont été intitulées « la marche du retour ».

Durant ces affrontements qui, selon Israël, sont orchestrés par les chefs du Hamas, des pierres et des cocktails Molotov ont été jetés en direction des soldats, qui ont également été la cible de fusillades et d’attaques à la bombe artisanale. Des Palestiniens ont également tenté d’ouvrir des brèches dans la frontière.

Israël affirme que ses actions -et en particulier l’usage de balles réelles – sont nécessaires pour défendre la frontière et prévenir les infiltrations de masse au sein de l’Etat juif depuis l’enclave côtière.

Israël accuse le groupe terroriste du Hamas d’encourager le mouvement de protestation et de s’en servir comme couverture pour commettre des attentats terroristes, notamment en ouvrant le feu sur les soldats et en tentant de franchir la clôture frontalière en la dégradant.

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