Un brevet américain accordé à un chercheur israélien pour un éventuel vaccin
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Un brevet américain accordé à un chercheur israélien pour un éventuel vaccin

Jonathan Gershoni de l'université de Tel Aviv dit que sa technologie vise le mécanisme utilisé par le coronavirus pour infiltrer les cellules humaines

Un membre de l'équipe médicale du Magen David Adom, portant un équipement de protection, manipule un test de coronavirus effectué sur un patient à Jérusalem, le 17 avril 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)
Un membre de l'équipe médicale du Magen David Adom, portant un équipement de protection, manipule un test de coronavirus effectué sur un patient à Jérusalem, le 17 avril 2020. (Olivier Fitoussi/Flash90)

L’USPTO (l’Office américain des brevets et des marques) a accordé à un chercheur de l’université de Tel Aviv un brevet pour une technologie qui, selon son créateur, pourrait mener au développement d’un vaccin contre le Covid-19 dans quelques mois.

« Le vaccin vise le talon d’Achille du coronavirus, son RBM (motif de liaison au récepteur), une structure déterminante qui permet au virus d’entrer et d’infecter une cellule-cible », a fait savoir l’université dans un communiqué, dimanche, en annonçant l’octroi du brevet.

« Le vaccin reconstituerait le RBM du coronavirus », poursuit le communiqué. « Par cette reconstitution, le système immunitaire peut apprendre comment bloquer le virus réel lorsqu’il pénètre dans le corps ».

Le professeur Jonathan Gershoni, de l’école de biologie et de biotechnologie des cellules moléculaires à la faculté des sciences de la vie George S. Wise, au sein de l’université, a déclaré au site en hébreu du Times of Israel, Zman, que des compagnies pharmaceutiques avaient d’ores et déjà fait part de leur intérêt pour la méthode qu’il est en train de développer.

Le professeur Jonathan Gershoni, de l’école de biologie et de biotechnologie des cellules moléculaires à la faculté des sciences de la vie George S. Wise au sein de l’université de Tel Aviv (Crédit : Zman)

Jonathan Gershoni, qui fait des recherches sur les virus et leurs interactions avec les récepteurs humains depuis 35 ans, a perfectionné ses compétences au cours des épidémies de SARS en 2004 et de MERS en 2012 – deux virus appartenant à la même famille que celui qui est à l’origine de la pandémie actuelle.

En utilisant les recherches faites, son équipe a développé la méthode basée sur les RBM qui, selon lui, pourrait être particulièrement efficace.

Le Covid-19, la maladie causée par le nouveau coronavirus, « nous a surpris à un moment où nous sommes néanmoins prêts », dit-il. « Et il nous faudra finalement peu de temps pour adapter notre approche pour en faire une plateforme de développement d’un vaccin innovateur et efficace ».

Il explique que le vaccin sur lequel il travaille donnera au système immunitaire humain un moyen « plus ciblé » de bloquer le virus.

Jonathan Gershoni ajoute que pour permettre à la méthode brevetée de produire un vaccin, il faudra qu’une compagnie pharmaceutique puisse développer la technologie.

« Il faut une firme qui comprenne comment intégrer notre modèle de vaccin dans ses produits, » dit-il. « C’est quelque chose qui peut prendre quelques mois. Pas très longtemps ».

« Aussitôt que nous pourrons passer à la pratique et apporter la preuve que nous sommes parvenus à recréer le conduit que nous tentons de reconstituer, une firme pourra l’adopter et conclure un accord avec nous », ajoute-t-il.

Une compagnie a déjà approché l’équipe « mais il est, bien sûr, prématuré d’en parler », continue-t-il.

Après cela, le vaccin devra suivre le processus habituel d’obtention de l’approbation de la FDA, poursuit Jonathan Gershoni, qui note qu’il y a moyen de raccourcir ce processus, au moins un petit peu.

Le Covid-19 a tué plus de 170 000 personnes dans le monde. Presque quatre millions de personnes ont été infectées.

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