Un département de la NYU vote le boycott du campus israélien de l’université
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Un département de la NYU vote le boycott du campus israélien de l’université

Le département d'analyse sociale et culturelle promet de ne pas coopérer avec l'antenne de l'université de Tel Aviv, invoquant les interdictions d'entrée des pro-BDS en Israël

Le campus de la NYU dans le centre de Manhattan (Crédit : Jonathan71/Wikimedia Commons)
Le campus de la NYU dans le centre de Manhattan (Crédit : Jonathan71/Wikimedia Commons)

NEW YORK (JTA) — Le département d’Analyse sociale et culturelle de la New York University (NYU) a voté le boycott de l’antenne de l’université à Tel Aviv.

Le vote promettant une « non-coopération » a eu lieu jeudi dernier. Dans un communiqué, le département explique qu’il boycottera le campus en raison de la politique d’Israël consistant à interdire l’entrée sur son territoire à toute personne soutenant le mouvement BDS. Le communiqué invoque également les fréquentes interdictions d’entrée opposées aux personnes d’origine palestinienne.

« Nous nous engageons à ne pas coopérer avec le programme universitaire de Tel Aviv jusqu’à ce que (a) l’État d’Israël mette un terme à ses restrictions d’entrée basées sur les origines et les opinions politiques et (b) qu’il adopte des mesures accordant des visas d’échange aux universités palestiniennes de la même façon que pour les universités israéliennes », peut-on lire dans la résolution.

En 2017, Israël a adopté une loi l’autorisant à interdire de son territoire les défenseurs du mouvement BDS. Les Palestiniens se plaignent depuis longtemps d’un traitement défavorable à la frontière israélienne. Le pays affirme, lui, son droit à interdire l’entrée sur son territoire à toute personne souhaitant nuire au pays, et que ses procédures frontalières relèvent de questions de sécurité.

La résolution aura peu d’effets immédiats, le département ne proposant pas de programme avec le campus de Tel Aviv, ouvert en 2009. Mais celui-ci ne parrainera aucun de ses membres y enseignant. Le texte appelle également les étudiants à ne pas y étudier.

La NYU dispose aussi d’une antenne aux Émirats arabes unis, un pays classé « non libre » par l’organisation américaine Freedom House, qui évalue le degré de libertés civiles internationales. La résolution a reconnu qu’elle ne boycottait pas le campus émirati même si « les É.A.U restreignent régulièrement l’entrée sur leur territoire pour des raisons de ‘sécurité nationale’ et que… la liberté universitaire est fréquemment enfreinte à NYU-Abu Dhabi.”

Campus de la New York University à Manhattan (Cincin12/Wikimedia Commons)

Mais le texte avance que « l’État d’Israël se distinguait par les récents amendements qu’elle a apportés à sa Loi d’entrée, et par son refus systématique de laisser entrer des personnes d’origine palestinienne. »

L’année dernière, l’administration de NYU avait publié un communiqué en réaction à un boycott d’Israël : « L’Université s’oppose clairement et depuis toujours au boycott universitaire d’Israël. » « Aucun étudiant de NYU n’a été interdit d’entrée en Israël. »

Dans une tribune parue récemment dans le Wall Street Journal, le président de l’établissement réagissait aux critiques de la remise d’un prix étudiant à la section Students for Justice in Palestine de la NYU. Andrew Hamilton avait ainsi écrit que « la direction de NYU a publiquement dénoncé les appels au boycott d’Israël, ignoré les appels à fermer notre antenne israélienne, critiqué et rejeté les tentatives d’ostracisation de groupes pro-Israël et s’est joint à d’autres universités et responsables politiques pour dénoncer l’antisémitisme ».

Realize Israel, une association étudiante pro-Israël, a critiqué la résolution du département, déclarant avoir le sentiment que ce dernier « priorisait son impartialité à l’égard d’Israël au détriment d’opportunités académiques pour ses étudiants. Il est profondément décevant que NYU continue à favoriser un environnement qui distingue et s’en prend particulièrement aux étudiants juifs pour leur soutien à l’État d’Israël ».

Les représentants de Students for Justice in Palestine de l’université ont fait savoir sur Facebook qu’ils applaudissaient la résolution.

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