Un député allemand défend Erdogan au Parlement
Le membre du Bundestag a lu la satire de Jan Böhmermann pour en dénoncer le contenu

Un député du parti conservateur d’Angela Merkel a lu jeudi au Parlement le poème satirique insultant le président turc Recep Tayyip Erdogan qui vaut à son auteur de possibles poursuites pour insulte à un dignitaire étranger.
Detlef Seif a, pour en dénoncer le contenu, lu ce texte qui décrit le dirigeant turc en pédophile et en zoophile. « Ici, une personne est attaquée dans son honneur et la justice doit décider si ces déclarations sont encore couvertes par la liberté d’expression et de la presse », a-t-il dit.
« Mais rendez-vous compte (…) mettez-vous à la place d’Erdogan et réfléchissez comment vous, vous le prendriez ! », a lâché cet élu lors d’un débat au Bundestag, la chambre basse du parlement, devant un auditoire médusé.
Son intervention a été diffusée à la télévision et reste disponible sur le site du Bundestag.
Celle-ci intervient alors que la chancelière allemande avait cherché mi-avril à clore ce dossier embarrassant dans les relations avec la Turquie, à un moment où elle a besoin d’Ankara pour freiner le flux de migrants venant en Allemagne. Mme Merkel avait, à la demande de M. Erdogan, autorisé une procédure judiciaire rarissime pouvant valoir à l’humoriste Jan Böhmermann, auteur de la satire en question, des poursuites pour insultes à un dirigeant étranger.
L’humoriste a réagi à la lecture de son poème au parlement en réclamant à son tour des poursuites contre l’élu conservateur.
« Je demande ici la levée de l’immunité parlementaire du député CDU Detlef Seif pour infraction à l’article 103 du code pénal » traitant de l’insulte aux dignitaires étrangers, a écrit le comique sur twitter.
Jan Böhmermann avait lu à l’origine le 31 mars ce poème sur la chaîne de télévision publique ZDF.
En dépassant ouvertement les bornes et en allant en toute conscience au-delà de ce que le droit allemand autorise, le comique entendait démontrer par l’absurde combien le pouvoir turc avait eu tort de s’attaquer à un autre texte, une chanson diffusée 15 jours plus tôt à la télévision allemande et critiquant la remise en cause des libertés publiques en Turquie.







