Un député condamne les mariages mixtes et se fait exclure de la session à la Knesset
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Un député condamne les mariages mixtes et se fait exclure de la session à la Knesset

Bezalel Smotrich et Aida Touma-Sliman s'opposent sur les activités de l'association ultra-orthodoxe Hemla

Bezalel Smotrich, député HaBayit HaYehudi, à la Knesset, le 8 juin 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Bezalel Smotrich, député HaBayit HaYehudi, à la Knesset, le 8 juin 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Un débat a enflammé la Knesset lundi après-midi à la Commission sur le Statut des Femmes et l’Égalité des sexes, selon les médias israéliens, après que le député Bezalel Smotrich, du parti Habayit Hayehudi, s’est élevé contre les mariages mixtes et a soutenu une organisation orthodoxe connue pour avoir agi contre les mariages entre femmes juives et hommes musulmans.

La présidente de la commission, la députée Aida Touma-Sliman, du parti de la Liste arabe unie, a ordonné aux agents de sécurité de faire sortir Smotrich, soutenant qu’il tenait des propos incitants à la haine à l’encontre des arabes.

La rencontre portait sur une association ultra-orthodoxe Hemla (compassion, en hébreu), qui gère un foyer financé par l’État pour les femmes religieuses faisant face à des problèmes personnels et financiers.

Un reportage de 2011 du journal Haaretz soutient que Hemla est en réalité un groupe motivé par une idéologie, dont l’un des objectifs énoncés est « d’aider des femmes venant de familles brisées qui sont en danger de conversion forcées », et que la plupart des femmes résidant dans le foyer ont été « sauvées » de relations avec des arabes.

Benzi Gopstein, président de Lehava, dans la vieille cité de Jérusalem, le 30 octobre 2014 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Benzi Gopstein, président de Lehava, dans la vieille cité de Jérusalem, le 30 octobre 2014 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’article affirmait également que l’association est affiliée à Lehava, une organisation d’extrême droite qui s’oppose aux mariages mixtes et qui cherche à étouffer l’activité publique des non-juifs en Israël.

Selon l’article, Bentzi Gopstein, directeur de Lehava, a rempli les fonctions de directeur des relations publiques pour Hemla.

Touma Sliman a expliqué qu’elle a du mal à comprendre pourquoi Hemla est financée par le ministère des Affaires Sociales, puisque ses activités semblent s’apparenter davantage à une idéologie qu’à celles d’une association en faveur du bien-être social.

La députée a cité une publication de l’organisation, datant de 15 ans, qui prétend protéger les femmes « avant qu’elles n’atteignent et n’aient des bébés Ahmed ».

Les délégués du foyer ont nié tout lien avec Lehava, et affirme qu’aucune femme du foyer n’a été en relation avec des hommes arabes.

Smotrich a défendu Hemla, soutenant que tant que l’organisation venait en aide aux personnes dans le besoin, il n’y avait aucune raison de passer en revue les idéologies de ses dirigeants.

La deputée de la Liste iste arabe unie Aida Touma-Sliman à la Knesset, le 3 juin 2015 (Crédit photo: Hadas Parush / Flash90)
La deputée de la Liste iste arabe unie Aida Touma-Sliman à la Knesset, le 3 juin 2015 (Crédit photo: Hadas Parush / Flash90)

Il s’est ensuite emporté contre Touma-Sliman : « éviter l’assimilation dans l’État juif est légitime, ça n’est pas raciste. Vous partez du principe que vouloir éviter les mariages mixtes est une mauvaise chose, mais vous ignorez le fait que la plupart des filles qui sont avec des arabes sont des pauvres filles qui sont utilisées. »

Smotrich a été exclu de la réunion par Touma-Sliman. Cette dernière a déclaré que Smotrich a utilisé sa première présence au sein de la Commission sur le Statut des Femmes et l’Égalité des sexes pour « poursuivre son incitation à la haine contre les arabes, plutôt que de s’intéresser à la question de savoir si le ministère des Affaires sociales supervise correctement une organisation qui remplit le rôle d’un foyer d’accueil pour des jeunes femmes et qui annonce que son objectif vise à « sauver les jeunes filles de la conversion forcée. »

Smotrich a accusé la présidente de la commission de l’avoir exclu parce qu’ils étaient en désaccord, et l’a accusée de maccarthysme.

« La députée Sliman exploite la commission pour promouvoir son agenda politique, et c’est déplacé. Celui qui prétend que s’opposer à l’assimilation, c’est du racisme a un sérieux problème d’identité, et ne représente pas la majorité des juifs en Israël. LE peuple juif a œuvré dans ce sens pendant des millénaires et il est de notre devoir de continuer à nous préserver dans l’État d’Israël.

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