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Un député du Likud appelle à emprisonner Avichai Mandelblit et Shai Nitzan

Selon David Amsalem, les accusations contre Netanyahu ont été fabriquées de toutes pièces. Il a spécifiquement mis en cause l'ex-procureur-général et l'ex-procureur de l'État

Le député David Amsalem pendant une séance plénière à la Knesset de Jérusalem, le 7 février 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)
Le député David Amsalem pendant une séance plénière à la Knesset de Jérusalem, le 7 février 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Le député David Amsalem du Likud a appelé à emprisonner toutes les personnes impliquées dans le déclenchement de l’enquête qui a abouti au procès pour corruption de Netanyahu, notamment l’ancien procureur-général et l’ex-procureur de l’État.

Dans un entretien accordé dimanche à la station de radio Kan, Amsalem a accusé de manière répétée les anciens responsables du système judiciaire d’un « coup d’état » qui avait eu pour objectif d’écarter du pouvoir Netanyahu, l’ancien Premier ministre.

Amsalem a aussi indiqué à la station de radio qu’il était favorable à la disparition du délit pénal « d’abus de confiance » – une accusation déterminante dans le procès en cours de Netanyahu.

Il a ajouté que les dossiers concernant l’ancien chef de gouvernement avaient été faussés et que « tous les responsables » de cette machination présumée « doivent croupir en prison » – nommant spécifiquement l’ancien procureur-général Avichai Mandelblit et l’ancien procureur de l’État Shai Nitzan.

Amsalem a établi clairement, plus tard, que les deux hommes devraient pouvoir bénéficier d’un procès équitable et il a juré qu’il chercherait à former une commission d’enquête sur le sujet.

Il s’en est aussi pris aux partis de gauche et au Premier ministre Yair Lapid, « des bolchéviques et des marxistes » qui s’efforcent de prendre le pays par la force.

Le procureur général Avichai Mandelblit, (à gauche), et le procureur de l’Etat Shai Nitzan, à une conférence organisée au ministère de la Justice de Tel Aviv, le 21 décembre 2016. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Amsalem a rejeté l’idée que le Likud puisse ne pas accepter les résultats des prochaines élections du 1er novembre, disant que « ce n’est absolument pas le cas ».

Le législateur, qui est à la cinquième place sur la liste électorale du parti, a confirmé qu’il cherchait à devenir ministre de la Justice dans le prochain gouvernement, affirmant qu’il cherchait à sauver l’identité juive du pays face aux aspirations des libéraux et de la gauche.

En réponse aux propos tenus par le député, le Likud a fait savoir dans un communiqué que « les points de vue défendus par le député Amsalem sont les siens propres et n’engagent pas le parti. Toutes les discussions portant sur de telles réformes ou sur d’autres seront menées de manière responsable et réfléchie ».

Répondant à sa proposition d’éliminer le délit pénal « d’abus de confiance », la formation a ajouté que toute initiative de ce type « ne sera pas rétroactivement appliquée au dossier de Netanyahu, qui s’effondre devant les yeux du public ».

Le ministre de la Justice, Gideon Saar, du parti HaMahane HaMamlahti, a pour sa part estimé que les propositions faites par Amsalem « illustrent combien la folie s’est profondément ancrée au sein du Likud ».

La formation Yesh Atid, pour sa part, a déclaré qu’Amsalem « veut jeter les juges et les responsables en prison simplement parce que Bibi [Netanyahu] s’est empêtré dans le crime ».

Samedi, Amsalem s’était exprimé sur la Douzième chaîne et il avait, là aussi, lancé un appel en faveur d’une refonte du système judiciaire dans le but d’éliminer l’accusation d’abus de confiance.

Le président du parti du parti HaTzionout HaDatit, le député Bezalel Smotrich, présentant le programme « Droit et Justice » de son parti lors d’une conférence de presse à Kfar Maccabiah, à Tel Aviv, le 18 octobre 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Amsalem avait fait part de son soutien à l’égard du programme présenté par le député d’extrême-droite Bezalel Smotrich la semaine dernière, qui prévoit notamment d’éliminer ce chef d’accusation du code pénal.

« L’abus de confiance » fait référence à un délit commis par un fonctionnaire – ce dernier faisant un mauvais usage de son autorité et de la confiance placée en lui par le public. Ce chef d’accusation a été parfois critiqué, considéré comme trop vague.

Netanyahu est accusé d’avoir fait des affaires illicites avec de riches milliardaires et avec des magnats des médias pour son bénéfice personnel pendant qu’il était Premier ministre, et ce dans trois dossiers.

Il est accusé de fraude et d’abus de confiance dans les trois affaires et il doit répondre de pots-de-vin dans l’une d’entre elles. Il n’a cessé de clamer son innocence et affirme que ses mises en examen ont résulté d’une chasse aux sorcières de la police, des autorités judiciaires et des médias, déterminés à l’écarter du pouvoir.

A LIRE – Etat d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

Amsalem a des antécédents en termes de propos incendiaires. Au début de l’année, il avait été réprimandé par la présidente de la Cour suprême, Esther Hayut, après avoir suggéré qu’elle et les autres juges affichaient du racisme à l’égard des Juifs mizrahis.

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