Un député jordanien revendique l’attentat contre un bureau d’El Al en 1969
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Un député jordanien revendique l’attentat contre un bureau d’El Al en 1969

Mansour Saif al-Din Mourad, membre de la Chambre des représentants de Jordanie, affirme qu'il a été incité à commettre l'attentat par l'ancien président égyptien Gamal Abdel Nasser

Mansour Saif al-Din Mourad, membre de la Chambre des représentants jordanienne, s'adressant à la chaîne de télévision jordanienne A One, le 9 décembre 2019. (Capture d'écran : MEMRI)
Mansour Saif al-Din Mourad, membre de la Chambre des représentants jordanienne, s'adressant à la chaîne de télévision jordanienne A One, le 9 décembre 2019. (Capture d'écran : MEMRI)

Un parlementaire jordanien s’est vanté d’avoir perpétré un attentat terroriste contre un bureau d’El Al à Athènes, en Grèce, dans les années 1960, précisant que l’ancien président égyptien Gamal Abdel Nasser l’avait poussé à le faire.

Mansour Saif al-Din Mourad, membre de la Chambre des représentants jordanienne, la chambre basse du Parlement du Royaume hachémite, a fait cette déclaration dans une interview accordée à la chaîne de télévision jordanienne A One TV le 9 décembre. Il n’a pas été possible de savoir immédiatement de quelle attaque il assumait la responsabilité.

« Je suis un terroriste aux yeux de l’entité sioniste et de toutes les forces impérialistes, avec l’Amérique à leur tête. Tous les ennemis des peuples et des mouvements de libération du monde appellent les résistants des ‘terroristes' », a-t-il déclaré, selon l’Institut de recherche sur les médias du Moyen Orient (MEMRI), qui a traduit des extraits de l’interview.

« Depuis mon enfance, j’ai entendu dire que cet ennemi veut éliminer le peuple palestinien et la région dans son ensemble. La vérité est que j’ai admiré et applaudi un dicton que nous entendions au temps d’Abdel Nasser, qu’il repose en paix : « Ce qui a été pris par la force ne sera repris que par la force », a-t-il ajouté.

« Cela m’est resté en tête, alors à la première occasion, j’ai décidé de venger le sang des musulmans et des Arabes versé par les meurtriers de l’occupant et de l’envahisseur, qui servent d’outils aux forces impérialistes dans le monde. »

Mourad a déclaré : « Nous les avons frappés d’une frappe douloureuse, et leurs soldats sont tombés comme des feuilles au milieu de l’automne ».

En interrogeant Mourad sur l’attentat, l’interviewer a déclaré qu’il avait eu lieu le 27 décembre 1969.

Le Parlement jordanien. (Photo officielle)

Il n’est pas certain que l’attaque ait effectivement eu lieu à cette date. Une attaque à la grenade à main contre un bureau d’El Al a eu lieu le 27 novembre 1969, tuant un enfant grec et blessant plus d’une douzaine d’autres personnes. Selon le New York Times, deux terroristes jordaniens ont été condamnés à des peines de prison pour cet attentat mais ont été libérés après le détournement d’un avion au milieu des années 1970.

Mourad a également allégué que l’attaque était conforme au droit international et a affirmé que lui et l’autre ou les autres personnes qui l’avaient perpétrée avaient informé à l’avance les autorités grecques de leur intention de la mener à bien sous la forme d’une menace.

« Il existe un droit international qui régit les situations dans lesquelles un certain groupe souhaite mener des frappes de sécurité et des frappes militaires dans un autre pays. Le droit international fixe les conditions de ces attaques. Lorsqu’une partie souhaite attaquer une autre partie en territoire neutre, elle doit en avertir le pays [neutre] et elle doit mener l’attaque en plein jour », a-t-il déclaré.

« Il ne doit pas s’attaquer au personnel de sécurité et il doit éviter de nuire à la sécurité de ce pays. Nous voulions attaquer une cible sioniste en Grèce, donc nous devions le faire savoir au gouvernement grec, en termes généraux, bien sûr… » Sous la forme d’une menace, a-t-il ajouté.

De nombreux membres de la Chambre des représentants de Jordanie expriment souvent des opinions beaucoup plus dures sur Israël que ceux qui relèvent du gouvernement et de la famille royale jordaniens.

La Jordanie est l’un des deux pays arabes à entretenir des relations diplomatiques officielles avec Israël, l’Égypte étant l’autre.

Fin novembre, le roi jordanien Abdallah II a déclaré que les relations entre la Jordanie et Israël étaient désormais à leur plus mauvais niveau.

« Une partie de cette situation est due aux affaires intérieures israéliennes », a expliqué le roi Abdallah, en faisant apparemment référence à l’impasse politique à Jérusalem. « Nous espérons qu’Israël décidera de son avenir – que ce soit dans les prochaines semaines ou dans les trois prochains mois ».

À l’époque, une vidéo de ses propos a été publiée sur la page YouTube de la Cour royale hachémite.

Une photo prise du côté israélien de la frontière montre des soldats jordaniens hissant le drapeau national avant une cérémonie sur le site de Naharayim dans la vallée du Jourdain, le 10 novembre 2019. (Menahem Kahana/AFP)

Plus tard dans ses remarques, Abdallah a dit « Les problèmes que nous avons eus avec Israël [sont] bilatéraux… Maintenant, j’espère que, quoi qu’il arrive en Israël au cours des deux ou trois prochains mois, nous pourrons nous remettre à nous parler sur des questions simples dont nous n’avons pas pu parler depuis deux ans. »

Dans la vidéo, il n’a pas précisé quelles « questions simples » Israël et la Jordanie n’ont pas pu évoquer au cours des deux dernières années. Les liens bilatéraux entre les deux pays couvrent le commerce, l’eau, l’agriculture, le tourisme, le gaz naturel et bien d’autres questions.

Si les relations sécuritaires entre Israël et la Jordanie sont florissantes, les relations politiques se sont récemment détériorées sur un certain nombre de questions, notamment l’engagement pris par Netanyahu en septembre d’annexer la vallée du Jourdain en Cisjordanie, s’il est reconduit dans ses fonctions.

La Jordanie soutient depuis longtemps une solution à deux États au conflit israélo-palestinien, qui comprendrait la création d’un État palestinien en Cisjordanie, dans la bande de Gaza et à Jérusalem-Est.

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