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Un député Shas accuse Amir Yaron de tenter d’affaiblir le shekel

Yinon Azoulay a semblé accuser le chef de la Banque d'Israël pour avoir écrit une lettre à Netanyahu suite à laquelle le shekel a perdu environ 1 % de sa valeur

Le gouverneur de la Banque centrale d'Israël, Amir Yaron, s'exprimant lors d'une conférence à l'Institut israélien de la Démocratie, à Jérusalem, le 30 mai 2023. (Crédit : Oded Karni)
Le gouverneur de la Banque centrale d'Israël, Amir Yaron, s'exprimant lors d'une conférence à l'Institut israélien de la Démocratie, à Jérusalem, le 30 mai 2023. (Crédit : Oded Karni)

Le député Yinon Azoulay (Shas) a semblé accuser lundi le gouverneur de la Banque central d’Israël, Amir Yaron, d’avoir tenté d’affaiblir le shekel – dernière attaque en date contre le haut responsable des finances par un député de la coalition.

La semaine dernière, Yaron a écrit une lettre au Premier ministre Benjamin Netanyahu, le mettant en garde contre l’avancement d’un projet de loi parrainé par Azoulay pour donner aux politiciens leur mot à dire sur les taux d’emprunt. La proposition, qui permettrait au ministre des Finances d’intervenir dans la fixation des taux d’intérêt des banques à la consommation, porterait « un coup très sérieux » à l’indépendance de la Banque centrale, a-t-il soutenu.

La lettre a entrainé l’affolement temporaire des actions à la bourse de Tel Aviv ; le shekel a perdu environ 1 % de sa valeur dans la foulée, et la coalition a suspendu le projet de loi d’Azoulay quelques heures avant l’horaire auquel il était censé passer en lecture préliminaire la semaine dernière.

« Je ne veux pas dire qu’il avait peut-être intérêt à affaiblir un peu le shekel », a déclaré Azoulay lors d’une réunion lundi de la commission des Finances de la Knesset.

Le député Shas Yinon Azoulai parlant lors d’un débat de la commission parlementaire de la Knesset, le 17 janvier 2023. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Yaron, qui a fermement dénoncé les propositions du gouvernement qui porteraient atteinte à l’indépendance de la Banque centrale, a averti que le projet de loi d’Azoulay porterait atteinte à la capacité de cette dernière à mener la politique monétaire, car il donnerait au ministre des Finances le pouvoir d’influencer le taux d’intérêt.

Azoulay a affirmé lundi avoir rencontré Yaron avant la publication de la lettre et lui a assuré que la clause donnant au ministre des Finances le pouvoir de fixer les taux d’intérêt serait supprimée plus tard dans le processus législatif. Le député du Shas n’a pas expliqué pourquoi il ne pouvait pas être retiré avant un vote préliminaire, qui devait avoir lieu la semaine dernière.

« Je lui ai dit que si nous adoptons le projet de loi ensemble, [nous pouvons le faire comme il le souhaite]. Mais qu’a fait Yaron ? Il est allé voir le Premier ministre. Puis, tout à coup, le dollar a bondi d’un point de pourcentage », a déploré Azoulay.

« Pourquoi avez-vous cru devoir vous précipiter pour envoyer la lettre ? Le projet de loi n’aurait été approuvé que par une lecture préliminaire », a-t-il ajouté.

S’exprimant après Azoulay lors de la réunion de la commission parlementaire, le ministre des Finances Bezalel Smotrich a tenté de trouver un terrain d’entente, exhortant les membres de la Knesset à faire pression pour des réformes de la politique monétaire tout en évitant les mesures « populistes » « qui pourraient faire plus de mal que de bien ».

Au cours des derniers mois, les banques israéliennes ont été très critiquées pour ne pas avoir répercuté les rendements plus élevés des taux d’intérêt élevés sur les détenteurs de dépôts, tout en profitant pleinement des fruits des taux élevés sur les prêts divers et immobiliers.

Vue des bureaux principaux de la Banque d’Israël, à Jérusalem, le 31 mars 2019. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le taux d’intérêt que les banques facturent aux Israéliens qui contractent des prêts aux ménages est en moyenne d’environ 10 %, tandis que les taux sur les dépôts se situent en moyenne entre 2 % et 4,5 % selon la taille et la durée.

L’écart, qui a alimenté les bénéfices considérables des banques, a provoqué l’indignation du grand public. Certains politiciens ont accusé ces derniers mois Yaron de causer des dommages à l’économie.

Yaron a également été attaqué par certains membres de la coalition radicale de Netanyahu pour avoir mis en garde contre l’impact négatif de la refonte judiciaire sur les finances du pays.

Le mois dernier, le ministre du Patrimoine, Amichaï Eliyahu, a qualifié Yaron de « sauvage » et a déclaré qu’il causait des dommages à l’État d’Israël et qu’il devrait être licencié, dans des propos critiqués par Netanyahu.

Le Premier ministre, qui a nommé Yaron, est un défenseur du marché libre dont les politiques fiscales se heurtent souvent aux politiciens ultra-orthodoxes, qui ont généralement préféré des avantages sociaux accrus et des réglementations strictes protégeant les consommateurs.

Dans ses commentaires à la station de radio ultra-orthodoxe Kol Barama, Eliyahu a déclaré que Yaron aurait été limogé si le gouvernement avait déjà adopté sa réforme judiciaire largement controversée.

En mai, le député Yisrael Eichler (Yahadout HaTorah) avait déclaré que Yaron devrait démissionner, suite à des hausses répétées des taux d’intérêt qui n’ont pas maîtrisé l’inflation, affirmant que le pouvoir du gouvernement était entre les mains de bureaucrates non élus.

En avril, le ministre des Communications Shlomo Karhi (Likud) a déclaré que le chef de la Banque d’Israël devrait être remplacé par un robot, accusant Yaron d’augmenter automatiquement les taux au lieu de s’arrêter pour voir comment les hausses affectent l’inflation.

Le ministre des Affaires étrangères Eli Cohen et le député David Bitan, tous deux membres du Likud, ont également critiqué la banque en février, Cohen allant jusqu’à demander l’intervention du gouvernement.

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