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Un détenu palestinien en grève de la faim se tourne vers la Cour suprême

Khalil Awawdeh, placé sous le régime de la détention administrative, fait appel de son incarcération après le rejet de sa demande de libération par un tribunal militaire

Des manifestants brandissant le drapeau palestinien aux abords de l'hôpital de Beer Yaakov où est pris en charge un prisonnier palestinien en grève de la faim, Khalil Awawdeh (sur la pancarte), dont la santé se dégrade et qui est détenu en Israël sous le régime de la détention administrative, le 13 août 2022. (Crédit : AP/Tsafrir Abayov)
Des manifestants brandissant le drapeau palestinien aux abords de l'hôpital de Beer Yaakov où est pris en charge un prisonnier palestinien en grève de la faim, Khalil Awawdeh (sur la pancarte), dont la santé se dégrade et qui est détenu en Israël sous le régime de la détention administrative, le 13 août 2022. (Crédit : AP/Tsafrir Abayov)

L’avocate d’un prisonnier palestinien en grève de la faim a fait savoir, mardi, que son client ferait appel devant la Cour suprême israélienne, alors qu’il n’aurait pas mangé, selon sa famille, depuis 165 jours.

Khalil Awawdeh proteste contre sa mise en détention préventive sans accusation et sans autre forme de procès. Ahlam Haddad, l’avocate du prisonnier, a déclaré pour sa part que la santé de son client se dégradait et qu’il voulait être libéré. Une cour militaire a rejeté sa demande de libération lundi.

« Cet homme n’a pas obtenu justice », a dit Haddad. « Nous nous tournons… vers la Cour suprême de Jérusalem pour obtenir peut-être le secours que nous réclamons, et qui est sa libération de détention administrative. »

Awawdeh, 40 ans et père de quatre enfants, fait partie des détenus palestiniens ayant fait des grèves de la faim de manière prolongée au fil des années pour protester contre la procédure dite de détention administrative. L’État juif explique que cette politique permet de tenir à l’écart des terroristes dangereux et qu’elle permet aussi au gouvernement de placer en prison des suspects sans avoir par ailleurs à divulguer des renseignements qui peuvent être sensibles. Pour ses critiques, la détention administrative ôte aux détenus les moyens légaux de se défendre. Ils peuvent rester incarcérés pendant des mois, voire des années, sans autre forme de procès.

Israël a affirmé qu’Awawdeh était membre d’un groupe terroriste, une accusation rejetée avec force par son avocate.

Le Jihad islamique palestinien, une organisation terroriste, a demandé sa libération dans le cadre d’un cessez-le-feu négocié par les Égyptiens qui a mis un terme à trois jours de combats lourds dans la bande de Gaza au début du mois. Il n’est pas toutefois allé jusqu’à dire si le prisonnier était l’un de ses membres.

Le Jihad islamique a aussi réclamé la remise en liberté d’un deuxième détenu — Bassem Saadi, dont la détention a été prolongée mardi. L’arrestation de Saadi, au début du mois – il était le leader du Jihad islamique palestinien en Cisjordanie – avait été à l’origine de l’embrasement des violences à Gaza.

Bassem Saadi, chef du Jihad islamique palestinien en Cisjordanie, arrive pour une audience de prolongement de détention à la prison d’Ofer, près de Jérusalem, le 16 août 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Haddad a précisé que son client ne s’était pas alimenté pendant sa grève de la faim, sauf pendant une période de dix jours où il avait reçu des injections de vitamines. Les services de sécurité du Shin Bet, pour leur part, n’ont pas fait de commentaire.

Il y a actuellement environ 4 400 prisonniers palestiniens en Israël – avec, parmi eux, des terroristes ayant commis des attaques meurtrières et des personnes arrêtées lors de mouvements de protestation, ou qui jetaient des pierres. Environ 670 Palestiniens sont emprisonnés dans le cadre d’une détention administrative, un nombre qui a bondi au mois de mars alors que l’État juif menait des raids nocturnes quasi-quotidiens en Cisjordanie suite à une vague d’attentats terroristes meurtriers dans le pays.

Israël affirme que sa procédure reste équitable et que le pays place en détention en majorité les personnes mettant en danger sa sécurité, même si un nombre peu important reste incarcéré pour des faits de petite délinquance.

Les Palestiniens et les groupes de défense des droits de l’Homme affirment que le système vise à écraser toute opposition et à conserver le contrôle permanent de millions de Palestiniens en leur refusant leurs droits les plus fondamentaux.

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