Un documentaire sur les Klarsfeld réalisé par des cinéastes nominés aux Oscars
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Un documentaire sur les Klarsfeld réalisé par des cinéastes nominés aux Oscars

Alexander Nanau et Mike Lerner s'associent pour un documentaire sur Serge et Beate Klarsfeld, qui ont traduit en justice plusieurs responsables criminels nazis, dont Klaus Barbie

Les chasseurs de nazis Serge et son épouse Beate Klarsfeld assistent à une cérémonie d'inauguration du Mur des noms rénové, au mémorial de la Shoah, à Paris, le 27 janvier 2020. (Crédit : Michel Euler / AP)
Les chasseurs de nazis Serge et son épouse Beate Klarsfeld assistent à une cérémonie d'inauguration du Mur des noms rénové, au mémorial de la Shoah, à Paris, le 27 janvier 2020. (Crédit : Michel Euler / AP)

Serge et Beate Klarsfeld, chasseurs de nazis de premier plan, feront prochainement l’objet d’un documentaire par les réalisateurs roumain Alexander Nanau et britannique Mike Lerner, qui ont été nominés aux Oscars pour d’autres œuvres. Le film devrait s’intituler « Klarsfeld » et être distribué à travers le monde par la société Fremantle. Sa sortie est prévue pour fin 2021. Il sera ponctué d’interventions de présidents français (dont Emmanuel Macron), de survivants de la Shoah, de proches et d’activistes.

Alexander Nanau est un cinéaste roumain dont le documentaire « Collective » est nommé cette année aux Oscars dans les catégories « Meilleur documentaire » et « Meilleur film étranger » – la cérémonie aura lieu dimanche prochain. Il sera producteur exécutif pour le documentaire sur les Klarsfeld.

« J’ai été impressionné par ce que ce couple a fait », a déclaré Nanau au Hollywood Reporter. « Nous pensons que c’est exactement le genre d’attitude et de comportement dont nous avons besoin aujourd’hui, dans un monde de populisme et d’agendas cachés. Et je pense qu’ils sont parmi les premiers grands lanceurs d’alerte de la société européenne d’après-guerre. »

« C’est un immense privilège d’avoir gagné la confiance et la complicité de Beate et Serge afin de pouvoir documenter leur vie extraordinaire, présente et passée », a déclaré le co-réalisateur Mike Lerner au Hollywood Reporter.

Le réalisateur roumain Alexander Nanau devant le cinéma Elvire Popesco à Bucarest, en Roumanie, le 12 avril 2021. (Crédit : Vadim Ghirda / AP)

« Pendant plus d’un demi-siècle, les Klarsfeld ont été une grande source d’inspiration et de modèles pour les militants qui veulent la justice et s’opposent au fascisme, et pourtant leur histoire a été jusqu’à présent sous-estimée à travers le monde. Nous sommes ravis de collaborer avec Fremantle pour porter ces réalisations historiques à l’écran », a-t-il ajouté.

Le documentaire « Hell and Back Again » de Lerner sur un soldat souffrant de stress post-traumatique a été nominé pour un Oscar en 2012.

Le réalisateur Mike Lerner lors du Festival du film de Sundance 2013 au Fender Music Lodge, à Park City, dans l’Utah, le 18 janvier 2013. (Crédit : Victoria Will / Invision / AP Images)

« Le documentaire sur les Klarsfeld est une histoire extrêmement pertinente, englobant histoire, activisme et amour. Nous sommes convaincus que ce sera un film captivant pour le monde entier », a déclaré Angela Neillis, vice-présidente senior de Fremantle pour le contenu non-scénarisé et international.

Les Klarsfeld ont traduit en justice plusieurs criminels nazis de premier plan et collaborateurs français du régime de Vichy. Ils ont récemment fait l’objet d’une bande dessinée et ont publié notamment La traque des criminels nazis en 2013 et leurs Mémoires en 2015.

Né le 17 septembre 1935 à Bucarest, la capitale roumaine, Serge Klarsfeld a échappé à la Shoah après que sa famille a déménagé en France. Son père est mort à Auschwitz.

Il a été naturalisé en 1950, et 10 ans plus tard, alors qu’il étudiait à Science-Po, à Paris, il a rencontré Beate Kuenzel, fille d’un ancien soldat allemand, sur un quai de métro.

Ils se sont mariés trois ans plus tard et ont décidé de retrouver et de traduire en justice les nazis fugitifs – une mission qu’ils ont poursuivie pendant plus d’un demi-siècle.

Les chasseurs de nazis Serge et Beate Klarsfeld durant une interview avec l’AFP à Washington, le 29 avril 2019. (Crédit : NICHOLAS KAMM / AFP)

Les Klarsfeld ont notamment retrouvé le célèbre criminel de guerre nazi Klaus Barbie, ancien officier de la Gestapo connu sous le nom de « boucher de Lyon » qui a torturé des prisonniers pendant la guerre et conduit à la mort environ 14 000 personnes.

Les Klarsfeld ont révélé en 1971 que Barbie vivait en Bolivie, après avoir été recruté par la CIA. Il a été extradé vers la France en 1983. Il a été condamné en 1987 et est mort quatre ans plus tard en détention.

Des policiers français conduisent Klaus Barbie, au centre, menotté, hors de la salle d’audience de Lyon, après avoir été condamné le 4 juillet 1987 pour crimes contre l’humanité alors qu’il était chef de la Gestapo dans cette ville. (Crédit : AP)

Les Klarsfeld ont également poursuivi des membres du régime collaborationniste français de Vichy, dont René Bouquet, Jean Leguay et Maurice Papon – malgré l’obstruction du président François Mitterrand.

Le successeur de Mitterrand, Jacques Chirac, a été le premier président français à reconnaître le rôle de la France dans les déportations de Juifs – notamment grâce au travail des Klarsfeld.

En 2018, Serge Klarsfeld a reçu la Grand-Croix de la Légion d’honneur, la plus haute distinction française, et Beate Klarsfeld a reçu l’Ordre national du mérite après avoir déjà été décorée de la Légion d’honneur en 2014, avec le grade de Grand Officier.

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