Israël en guerre - Jour 282

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Un élu du Likud accuse les manifestants anti-gouvernement d’être « une branche du Hamas »

L'opposition a demandé à Netanyahu de le démettre de ses fonctions de vice-président de la Knesset ; Gantz a déploré une rhétorique "répréhensible" ; Nissim Vaturi dit que ses propos ont été sortis de leur contexte

Nissim Vaturi, député du Likud, lors d'une réunion à la Knesset de Jérusalem, le 1er avril 2024. (Crédit :  Yonatan Sindel/Flash90)
Nissim Vaturi, député du Likud, lors d'une réunion à la Knesset de Jérusalem, le 1er avril 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le vice-président de la Knesset a accusé mardi les manifestants opposés au gouvernement – qui descendent dans les rues israéliennes pour réclamer des élections anticipées et demandent la conclusion d’un accord qui ouvrirait la porte à la libération des otages à Gaza – de former « une branche » du groupe terroriste du Hamas.

« Il y a plusieurs branches au Hamas – la branche combattante de ces terroristes pervers qui assassinent des enfants, et la branche des manifestations », a ainsi déclaré Nissim Vaturi, député élu sous l’étiquette du Likud, lors d’un entretien qui était accordé à la station de radio ultra-orthodoxe Kol Barama, affirmant que le mouvement de protestation massif soutenait le groupe terroriste qui est appuyé par l’Iran.

Vaturi a tenu ces propos alors qu’il répondait à une question sur les affrontements violents qui ont éclaté entre la police et les manifestants qui tentaient d’atteindre la résidence du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, lundi dans la soirée.

Au moins trois personnes ont été hospitalisées, et les organisateurs des rassemblements ont accusé la police d’avoir utilisé une force excessive, notamment en employant un canon à eau. Neuf personnes ont aussi été arrêtées dans le cadre des manifestations.

Alors que le journaliste lui disait que les proches des otages qui se trouvent entre les mains des groupes terroristes de Gaza avaient le droit de descendre dans les rues pour exprimer leur colère et pour appeler le gouvernement à finaliser un accord, Vaturi a répondu : « Vous savez, il y a certaines familles qui font moins d’histoires et qui ne sont pas forcément à droite. Elles ont seulement l’esprit pratique, elles viennent nous voir pour demander des réponses ».

Il a aussi paru insinuer que les familles qui n’avaient pas rejoint les mouvements de protestation avaient plus de chances d’assister au retour de leurs proches – même s’il a dit que c’était « une coïncidence ».

Des manifestants pendant un rassemblement anti-gouvernemental réclamant des élections anticipées devant la Knesset de Jérusalem, le 17 juin 2024. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

« Je vais vous donner un scoop… J’ai rencontré des familles d’otages et c’est arrivé par coïncidence mais – je ne dis pas ça, vous le savez, mais ils sont revenus. Ce ne sont pas toujours ceux qui crient et qui font le plus de bruit qui peuvent faire revenir leur enfant », a-t-il déclaré.

Alors qu’il lui était demandé directement si le mouvement de protestation entravait les efforts livrés pour garantir la remise en liberté des otages, le député a répondu « Bien sûr ». Néanmoins, alors que le journaliste l’invitait à donner des précisions sur cette affirmation, il a répété, comme il l’avait dit auparavant, que « les manifestations renforcent le Hamas ».

Les otages avaient été kidnappés pendant le massacre commis par le Hamas dans le sud d’Israël, le 7 octobre. Les terroristes avaient franchi la frontière par voie terrestre, aérienne et maritime et ils avaient tué près de 1200 personnes, enlevant également 251 personnes, se livrant à des atrocités et à des violences sexuelles à grande échelle. 116 otages seraient encore retenues en captivité à Gaza – et au moins 41 seraient morts.

Des manifestants réclament un accord qui permettrait aux otages détenus dans la bande de Gaza de retrouver la liberté, le 15 juin 2024. (Crédit : Omer Yelin/Pro-Democracy Protest Movement)

Après les paroles prononcées par Vaturi, le chef du parti HaMahane HaMamlahti Benny Gantz a appelé le Premier ministre à démettre Vaturi de sa fonction de vice-président de la Knesset.

« Le vice-président de la Knesset a prouvé une fois encore, ce matin, qu’il ne comprend pas la démocratie et qu’il ne la respecte pas », a écrit Gantz sur X, condamnant une rhétorique « répréhensible ».

« J’appelle le Premier ministre à lui faire quitter son poste et à le remplacer par une personnalité digne qui respectera l’État d’Israël et le parlement », a-t-il insisté, ajoutant que ne pas prendre une telle initiative équivaudrait à approuver les propos tenus par le député.

Même point de vue du côté de Yair Lapid, le chef de l’opposition, qui a indiqué que « les manifestants sont des soldats et des officiers de Tsahal, ils sont l’économie israélienne, ils sont enseignants et médecins, ils sont l’incarnation du sionisme ».

« Nissim Vaturi, de l’autre côté, est un homme rempli de haine dont les paroles incendiaires sont utilisées par les ennemis d’Israël dans le cadre d’une requête déposée à La Haye. Le Likud aurait dû le limoger ce matin de son poste de vice-président de la Knesset », a-t-il continué. Mais « il ne le fera pas parce que ce gouvernement a décidé de démanteler l’État d’Israël. Vaturi n’en est qu’un symptôme, » a-t-il poursuivi.

Dans l’opposition encore, la députée Yesh Atid, Karine Elharrar, a dénoncé des paroles « dangereuses et irresponsables » tandis que Naama Lazimi, de la formation Avoda, a dit que Vaturi avait raison lorsqu’il disait que le Hamas « a plusieurs branches… y-compris la longue branche financière que Bibi Netanyahu a alimentée pendant de trop nombreuses années. »

Des manifestants anti-gouvernement manifestent devant la résidence du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem, le 17 juin 2024. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le gouvernement n’a pas encore réagi officiellement face au tollé.

Mais individuellement, certains ministres du Likud ont pris leurs distances face à ces déclarations. Ainsi, sans nommer directement le député, le ministre de la Culture et des Sports, Miki Zohar a estimé que les proles prononcées « approfondissent encore davantage le fossé béant qui existe dans notre nation ». Yoan Kisch, qui est ministre de l’Éducation, a indiqué que la comparaison était infondée et que « nous devons nous souvenir du fait que nous sommes tous des frères ».

Dans ce contexte de polémique croissante, Vaturi a vouloir semblé faire marche arrière.

Dans un premier temps, il a affirmé de manière mensongère, dans une publication sur X, que ses propos avaient été sortis de leur contexte, écrivant que le mouvement de protestation « nuit à notre résilience nationale » mais que « les actes horribles qui ont été commis par les nazis du Hamas ne sauraient être comparés à une manifestation ou à une action politique, qu’elles qu’elles soient ».

Plus tard dans la journée de mardi, devant la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset, Vaturi s’est excusé pour ses propos, expliquant que lorsqu’il les avait entendus à la radio, « j’étais horrifié… Je voulais dire quelque chose de complètement différent et c’est ce qui est sorti. J’en suis désolé. Je ne pense pas que ce soit approprié de comparer qui que ce soit au Hamas ou à ses activités. »

L’organisation issue de la société civile de gauche Darkenu a rapidement porté plainte suite aux déclarations faites par le vice-président de la Knesset, a annoncé Walla, qui a noté que le groupe dénonçait « des incitations à la haine et à la violence féroces qui déchirent le tissu social ».

« Vaturi doit quitter la Knesset », aurait ajouté le groupe, selon Walla. « Nous attendons de la part du Premier ministre une condamnation sans ambiguïté de ces propos. »

De telles paroles prononcées à l’encontre des opposants au gouvernement ne sont pas sans précédent pour le député qui avait laissé entendre, au mois de septembre 2023, que les activistes présents lors des manifestations massives qui dénonçaient le plan de refonte radicale du système judiciaire étaient alignés sur l’Iran.

Il avait aussi été temporairement interdit sur Facebook, à la mi-novembre, après avoir écrit « Brûlez Gaza maintenant » dans un post publié sur les réseaux sociaux et il avait été sanctionné par la Commission d’éthique de la Knesset, la semaine suivante, pour avoir accusé à tort deux députés arabes israéliens de soutenir le Hamas.

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