Argentine: un gang néo-Nazi condamné à plusieurs années de prison, une première
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Argentine: un gang néo-Nazi condamné à plusieurs années de prison, une première

8 hommes condamnés pour avoir mené une série d’attaques violentes contre les membres de la communauté LGBT et bolivienne de la ville, laissant des inscriptions antisémites

Photo d'illustration : Graffiti de croix gammée (Crédit :Flash 90)
Photo d'illustration : Graffiti de croix gammée (Crédit :Flash 90)

BUENOS AIRES – Des membres d’un gang néo-Nazi ont été condamnés à des peines de prison dans une condamnation sans précédent pour des crimes racistes en Argentine.

Un tribunal fédéral de la ville balnéaire argentine de Mar del Plata a condamné jeudi sept des huit membres du gang, qui ont été reconnus coupables d’avoir mené une série d’attaques violentes contre les communautés LGBT et bolivienne de la ville, et d’avoir dessiné une série de graffiti antisémites et néo-Nazis.

Les peines allaient de quatre ans et six mois jusqu’à neuf ans et six mois de prison. Un membre du gang, âgé de 19 ans, a été condamné à deux ans de traitement et suivi et par les services sociaux, puisqu’il était mineur au moment des crimes.

C’était la première fois qu’un gang néo-Nazi a reçu des condamnations aussi lourdes.

Un huitième accusé a été acquitté à cause du manque de preuves autour de son implication dans le gang et de ses activités.

Les preuves présentées lors du procès ont montré que les hommes étaient responsable d’une vague de violentes attaques et de vandalisme qui a eu lieu à Mar del Plata de juillet 2013 jusqu’en 2015.

« Les accusés défendent une idéologie totalitaire, raciste et violente, la dynamique de haine que stimule l’idéologie nazie conduit à la recherche d’une réaffirmation devant l’autre, devant celui qui est différent, à travers la violence. L’objectif vise tout d’abord à réduire au silence celui qui est différent, l’inférieur, le non-Aryen et ensuite à l’exclure pour finalement l’éliminer », ont déclaré les juges Roberto Falcone, Mario Portela et Bernardo Bibel dans leur sentence unanime.

« Les crimes perpétrés par les accusés incitent à la haine, à la discrimination et la violence, qui sont tous des sentiments qui détruisent notre ordre social et démocratique », ont aussi écrit les juges.

La décision de justice intégrale sera publiée le 10 mai.

L’Argentine disposait d’une loi anti-discrimination depuis 1988.

Le procureur de l’affaire avait demandé un maximum de trois ans de prison, mais les avocats de la DAIA, l’organisation politique juive argentine, ont demandé 15 ans.

Les organisations juives et de défense des droits de l’homme se sont félicitées du jugement.

« L’Argentine, le pays qui à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, a reçu le plus de criminels de guerre nazi, ne peut pas se permettre de laxisme face aux néo-Nazis. C’est une affaire qui fera date », a déclaré Shimon Samuels, directeur des Relations Internationales au Centre Simon Wiesenthal, dans un communiqué.

Certains soutiens néo-Nazis présents au tribunal sont devenus violents après la lecture de la sentence.

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