Un (gros) train de retard pour les journaux israéliens
Rechercher
Revue de presse israélienne

Un (gros) train de retard pour les journaux israéliens

Les journalistes israéliens sont allés se coucher avant l’annonce des résultats de l’élection, passant ainsi à côté des informations les plus importantes de la journée

Les habitants de Sevnica, la ville de natale de Melania Trump, femme du président élu Donald Trump, accrochent un drapeau américain et célèbrent la victoire de Donald Trump dans la course à la Maison Blanche, le 9 novembre 2016. ( Crédits : AFP/Jure MAKOVEC)
Les habitants de Sevnica, la ville de natale de Melania Trump, femme du président élu Donald Trump, accrochent un drapeau américain et célèbrent la victoire de Donald Trump dans la course à la Maison Blanche, le 9 novembre 2016. ( Crédits : AFP/Jure MAKOVEC)

Alors que le soleil se lève sur les États-Unis, les gros titres des principaux journaux israéliens font presque rire. Ils ont été imprimés quelques heures avant le coup de théâtre, et n’évoquent pas la seule information qui compte, la victoire inattendue de Donald Trump contre Hillary Clinton, dans la course pour la Maison Blanche.

Yedioth Ahronoth et Israel Hayom, les deux tabloïds les plus distribués du pays, sont remplis d’articles anecdotiques à propos des électeurs dans les campagnes américaines, des petites informations sur le système électoral, sur les obstacles principaux auxquels devra faire face le prochain président, les politiques qui devraient être revues durant le mandant du nouveau dirigeant du monde libre.

En gros, les journaux recyclent leur contenu des derniers mois.

En marge de ces principaux articles, Yedioth propose une série de faits divers sur les anciens présidents américains, notamment le discours de victoire le plus long et le plus court (George Washington, 135 mots, et William Harrison, 8 445 mots), le nombre de présidents morts de causes naturelles alors qu’ils étaient encore au pouvoir (4), ceux qui ont été assassinés alors qu’ils étaient encore au pouvoir (4), et enfin, le premier président à nommer un juif dans son cabinet (Theodore Roosevelt a nommé Oscar Strauss au poste de Secrétaire au Commerce et au Travail, de 1906 à 1909).

Israel Hayom, pour sa part, propose une approche directement liée à Israël, et souligne le verbe acerbe de Trump à l’égard du président Barack Obama, au sujet duquel Trump avait déclaré : « il est la pire chose qui puisse être arrivé à Israël ».

Dans le journal Haaretz, l’accent est mis sur l’analyse et les commentaires au sujet de l’état de la politique américaine et des relations internes entre les différents segments de la société dans le pays.

Amir Oren, collaborateur au journal, a écrit que les partis démocrates et républicains devront travailler main dans la main, quoi qu’il arrive, afin d’assurer que la démocratie fonctionne et que la campagne de Trump ne laisse pas une tâche indélébile sur Washington.

Yael Sternhell prétend que la montée de Trump est due au changement démographique aux États-Unis, et le sentiment des factions blanches, pour qui le pays a dévié de ses idéaux et de ses objectifs d’origine.

Chemi Shalev écrit qu’Obama, bien qu’ayant fait campagne pour Clinton au cours des dernières semaines, a fini par montrer la vigueur et l’énergie qui a été caractéristique de son ascension à la Maison Blanche il y a huit ans, et se demande où cette vigueur avait disparu tout au long de son mandat présidentiel.

Étant donné que les élections n’étaient pas encore terminées à l’heure où les journaux israéliens finissent leur journée, d’autres histoires paroissiales font la une de la plupart des quotidiens. L’une de ces histoires a fait sensation sur les réseaux sociaux.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a attaqué la journaliste chevronnée Ilana Dayan, qui a publié un reportage sur son émission « Uvda » sur le fonctionnement du cercle intime du dirigeant israélien.

Au lieu de répondre aux accusations et aux questions que posaient Dayan suite à son enquête, Netanyahu a accusé la journaliste d’être une « extrémiste de gauche » disposée à faire tomber son gouvernement. Le cabinet du Premier ministre a écrit que Dayan « n’a pas un iota d’intégrité professionnelle », et fait partie « de ces meneurs d’attaques orchestrées à l’encontre de Netanyahu ».

Des journalistes nationaux, de Yedioth et d’Haaretz, tous comme leurs homologues d’autres médias à travers le pays, ont lourdement critiqué la réponse de Netanyahu à Dayan.

L’Association des correspondants diplomatiques israéliens a diffusé un communiqué et « proteste fermement contre l’attaque personnelle incontrôlée du Premier ministre contre le programme télévisé « Uvda » et son animatrice Ilana Dayan, l’une des plus anciennes journalistes en Israël ».

Cette déclaration souligne que « le Premier ministre est évidemment en droit de répondre, mais l’Association des correspondants diplomatiques déplore que la réponse donnée ne traite pas des résultats de l’enquête. Elle consistait en une lettre fustigeant Ilana Dayan. Dans une démocratie, un gouvernement ne peut pas intimider des journalistes ». Dans les deux journaux, les articles au sujet de la réponse à Dayan, accablant l’enquête, font état de ce sentiment critique.

Mais dans Israel Hayom, le journal pro-Netanyahu, les détails du rapport d’enquête sont quasiment absents.

Le journal a choisi d’imprimer l’attaque du premier ministre, mot pour mot, sur une demi-page. Il est intéressant de remarquer que Shlomo Zesna, le correspondant diplomatique d’Israel Hayom n’a pas ratifié la lettre de protestation à la réponse de Netanyahu, comme l’ont fait quasiment tous les autres membres.

Selon le site sentinelle « the Seventh Eye », Tzena a dit avoir l’intention de signer la déclaration, mais en a été empêché par ses rédacteurs à Israel Hayom.

Enfin, Yediot a parlé du club de football de Liverpool, qui a offert à l’État d’Israël la chance de faire partie des sponsors officiels de l’équipe. En échange, le nom de l’État juif figurera sur les uniformes de l’équipe et sur les bannières à Anfield, le célèbre stade de foot de Liverpool.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...