Un groupe-cadre juif réprimande la ZOA pour avoir insulté d’autres membres
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Un groupe-cadre juif réprimande la ZOA pour avoir insulté d’autres membres

L'avertissement confidentiel fait suite à des plaintes de l'ADL, du CNFJ et de l'HIAS, qui regrettent la faiblesse de la sanction

Le président de la ZOA, Morton A. Klein. (Crédit : Joseph Savetsky/autorisation de la ZOA)
Le président de la ZOA, Morton A. Klein. (Crédit : Joseph Savetsky/autorisation de la ZOA)

La Conférence des présidents de grandes organisations juives américaines a adressé une mise en garde confidentielle à l’Organisation sioniste d’Amérique (ZOA) après ses attaques visant différents groupes et organisations. Il s’agit de la plus faible sanction à sa disposition.

Le comité interne du groupe a répertorié huit cas « d’insultes, d’attaques ad hominem et d’injures » de la part de la ZOA et de son personnel enfreignant les règles internes de la Conférence, a rapporté The New York Jewish Week mardi.

« La ZOA savait, ou aurait dû savoir, que ses critiques publiques répétées de deux des plaignants étaient « exagérées et personnelles, et qu’elles devraient être autant, ou davantage, perçues comme des insultes personnelles ou structurelles que comme des critiques substantielles », dit l’avertissement.

D’après le Jewish Week, la Conférence a refusé de commenter le document divulgué.

Parmi les groupes visés par la ZOA : la Ligue anti-diffamation (ADL) – plus que tout autre groupe – le Comité juif américain, le Conseil national des femmes juives (CNFJ), l’Union orthodoxe, le mouvement réformé et le HIAS (Société d’aide aux immigrants juifs). C’est de l’ADL, du CNFJ et du HIAS que les plaintes ont émané.

Jonathan Greenblatt, chef de la direction et directeur national de la Ligue anti-diffamation (ADL), témoigne au Capitole à Washington, le mardi 2 mai 2017, devant une commission judiciaire du Sénat sur les réponses à l’augmentation des crimes haineux religieux. (Photo AP / Carolyn Kaster)

L’ADL est accusée de légitimer « des groupes anti-Israël abjects » en travaillant avec d’autres groupes de protection des libertés civiques ; la HIAS, elle, est accusée de recevoir « des dizaines de millions de dollars de subventions américaines pour relocaliser des migrants musulmans aux Etats-Unis ». La HIAS est l’un des neuf groupes religieux de défense des immigrés avec lequel le Département d’état américain travaille pour aider les réfugiés. Il ne bénéficie pas de ces subventions.

Ces tensions, révélées par le JTA l’année dernière, révèlent la profondeur de l’animosité entre ces groupes, notamment sous la présidence Trump. La ZOA a gagné en influence avec le président quand plusieurs des autres groupes se sont montrés, à l’inverse, virulents envers ses politiques et sa rhétorique sur l’immigration et les minorités.

Toutes les parties se sont dit déçues de la sanction, auprès du Jewish Week. Mark Hetfield, le président de la HIAS, s’exprimant au nom des plaignants, s’interroge : « en quoi des réprimandes confidentielles correspondent à la litanie des violations mentionnées dans la décision ». La Conférence comprenant 51 membres a également le pouvoir de censurer publiquement un groupe, de le suspendre ou de l’exclure.

Pour le président de la ZOA, Morton Klein, le communique de la Conférence « ne justifie pas suffisamment ses conclusions inexplicables ». Il réclame une enquête sur cette fuite au bénéfice du Jewish Week.

Le comité a rejeté deux plaintes émises par la ZOA contre d’autres membres : l’une contre le président de l’ADL Jonathan Greenblatt, qui aurait malmené un membre de la ZOA, l’autre contre Ameinu, un groupe sioniste libéral qu’elle accuse d’avoir financé de la documentation dans laquelle la ZOA est décrite comme « discréditant » le sionisme et comme un « mouvement violent, réactionnaire et anti-démocratique ».

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