4 terroristes juifs présumés dans l’attaque de Duma devraient comparaître lundi
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4 terroristes juifs présumés dans l’attaque de Duma devraient comparaître lundi

L'avocat général adjoint Raz Nazri s'est rendu dans les locaux du Shin Bet - une mesure extraordinaire

Des activistes juifs d'extrême droite à l'extérieur d'une audience au tribunal de Petah Tikva, 28 décembre 2015, (Crédit : Flash90)
Des activistes juifs d'extrême droite à l'extérieur d'une audience au tribunal de Petah Tikva, 28 décembre 2015, (Crédit : Flash90)

Un haut fonctionnaire du ministère de la Justice a récemment rendu visite à des suspects dans l’affaire sur l’attaque terroriste dans le village de Duma en vue de les examiner, dans un geste extraordinaire au milieu d’allégations de leurs avocats selon lesquelles ils auraient été torturés par le service de sécurité du Shin Bet.

Le Shin Bet et le gouvernement ont nié les allégations, bien que le Shin Bet ait reconnu avoir « malmené » les suspects, après les avoir classés comme des « bombes à retardement » qui peuvent avoir des informations sur de futures attaques en préparation.

Selon la Deuxième chaîne, le procureur général adjoint Raz Nazri a visité les installations du Shin Bet, où les prisonniers sont détenus, afin de déterminer s’ils avaient fait l’objet d’abus.

Les activistes d’extrême-droite sont soupçonnés d’avoir mené une attaque terroriste dans le village palestinien de Duma en Cisjordanie au mois de juillet, dans laquelle des cocktails Molotov ont été jetés dans la maison de famille Dawabsha, tuant un bébé de 18 mois et ses parents.

Il n’a pas été précisé quand Nazri a visité les détenus.

Raz Nazri (Capture d'écran chaîne de la Knesset)
Raz Nazri (Capture d’écran chaîne de la Knesset)

L’avocat des suspects dans l’attaque mortelle a déclaré à la chaîne de télévision que Nazri n’a pas parlé longuement aux détenus et que la visite était insuffisante pour mesurer l’ampleur des abus.

Les avocats avaient allégué que le Shin Bet utilise des mesures extraordinaires contre les suspects – dont les noms restent sous embargo – pour obtenir des informations sur l’attentat criminel à la bombe. Le Shin Bet nie ces allégations.

Les allégations ont suscité un certain nombre de manifestations à Jérusalem au cours des dernières semaines, dont ce dimanche où quelque 150 personnes se sont rassemblées dans la capitale pour protester contre les allégations de torture.

Les activistes étaient pour la plupart des habitants de l’implantation de Kochav Hashachar en Cisjordanie , selon le site web d’information Ynet. Les manifestants ont fustigé les allégations de torture des suspects juifs, et ont exhorté à la fermeture du département du Shin Bet qui traite des crimes commis par les Juifs.

Des militants de droite manifestent dans le centre de Jérusalem contre les allégations de torture des adolescents juifs détenus par le  Shin Bet le 27 décembre 2015 (Flash90)
Des militants de droite manifestent dans le centre de Jérusalem contre les allégations de torture des adolescents juifs détenus par le Shin Bet le 27 décembre 2015 (Flash90)

Samedi soir, le ministre de la Défense Moshe Yaalon avait déclaré que les actes d’accusation contre les extrémistes juifs soupçonnés d’avoir commis l’incendie criminel de juillet devraient être déposés prochainement.

« J’estime que cela ne prendra pas trop longtemps avant de voir des actes d’accusation contre les assassins, qui, à notre grande consternation, sont des terroristes juifs », a dit Yaalon à l’émission ‘Rencontrez la Presse’ de la Deuxième chaîne.

Il a également dit que l’establishment israélien de défense met en œuvre des mesures sévères pour garantir qu’un tel incident ne se reproduise pas.

« Nous avons pris des mesures draconiennes pour empêcher une autre attaque terroriste juive », a dit Yaalon.

Une Israélienne dans la maison brûlée de la famille Dawabsha à Duma à la suite de l'attaque terroriste de la semaine dernière, le 2 août 2015 (Crédit photo: Yossi Zamir / Flash90)
Une Israélienne dans la maison brûlée de la famille Dawabsha à Duma à la suite de l’attaque terroriste de la semaine dernière, le 2 août 2015 (Crédit photo: Yossi Zamir / Flash90)

Les actes d’accusation concernant l’incendie criminel pourraient être émis mardi, a rapporté vendredi la Dixième chaîne.

Les fonctionnaires du Shin Bet sont censés fournir cette semaine la preuve que les suspects ont été impliqués dans 10 autres incidents de terreur juive, selon la Deuxième chaîne.

Quatre terroristes juifs présumés dans l’attaque terroriste mortelle de Duma devraient comparaître lundi au tribunal de Petah Tikva, pour une audience relative à la prolongation de leur détention provisoire.

Yaalon a également appelé à une enquête de rabbins qui incitent les extrémistes de droite à mener des attaques contre les Arabes.

Yaalon parlait quelques jours après qu’une vidéo ait fait surface montrant des extrêmistes de droite célébrer les meurtres de la famille Dawabsha lors d’un mariage, suscitant une réprobation générale. La vidéo montre les participants au mariage appelant à davantage de « vengeance », brandissant des mitraillettes et des couteaux, et poignardant des photographies d’Ali Dawabsha.

Yaalon a révélé que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait projeté la vidéo du mariage lors de la réunion du cabinet de la semaine dernière, et « on a pu voir l’horreur » parmi les ministres qui avaient préalablement mis en cause le traitement du Shin Bet de l’affaire.

Uri Ariel, un ministre du parti religieux de droite HaBayit HaYehudi, avait exhorté la semaine dernière le procureur général d’enquêter sur le traitement des suspects par le Shin Bet, protestant contre des comptes rendu de torture « donnant des frissons ».

Mais Yaalon – ainsi que Netanyahu et Naftali Bennett le chef du parti HaBayit HaYehudi – ont pris la défense de l’enquête du Shin Bet sur l’attaque.

Ceux qui attaquent le Shin Bet prêtent la main aux meurtres, a déclaré Yaalon samedi, en répétant son soutien au service. « Le terrorisme c’est le terrorisme, qu’il soit arabe ou juif, » a-t-il dit.

Saad et Riham Dawabsha, avec leur bébé Ali. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)
Saad et Riham Dawabsha, avec leur bébé Ali. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Dans un communiqué sans précédent, le Shin Bet a reconnu jeudi l’utilisation du protocole connu sous le nom «bombe à retardement» dans l’interrogatoire des extrémistes juifs, permettant au service de sécurité de « malmener » les personnes soupçonnées de planifier des attaques imminentes.

« Si seulement cela avait été des Arabes qui avaient effectué l’attaque de Duma, » a dit Yaalon dans l’interview. « J’aurais souhaité vous dire que c’est le cas. Malheureusement, ce sont des gens qui considèrent qu’ils sont Juifs. Pour moi, ce qu’ils ont fait n’est pas juif. Et il y a des rabbins qui, dans leurs sermons, incitent les jeunes irresponsables à ces actions. Nous avons également besoin d’enquêter sur ces rabbins, dont les propos poussent les jeunes à passer à l’action ».

Près de 100 orthodoxes juifs présumés d’extrême-droite sont actuellement soit interrogés par le service de sécurité du Shin Bet, soit font face à une action en justice, soit en prison ou encore soumis à des ordres de restriction, selon une liste établie par un groupe de leurs partisans sur Facebook.

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