Un haut responsable arrêté dans l’enquête de corruption judiciaire de haut rang
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Un haut responsable arrêté dans l’enquête de corruption judiciaire de haut rang

La ministre de la Justice et la n°1 de la Cour suprême, entre autres, seraient appelées à témoigner dans cette enquête placée sous obligation de silence

Les bureaux de l'unité Lahav 433 de la police israélienne à Lod. (Crédit : Flash 90)
Les bureaux de l'unité Lahav 433 de la police israélienne à Lod. (Crédit : Flash 90)

Une enquête pour corruption qui a secoué le système judiciaire israélien a connu mercredi matin un développement significatif avec l’arrestation de l’un des principaux suspects, un responsable de haut rang. Plusieurs autres ont été interrogés au sein des bureaux du Lahav 433, l’unité anti-fraude de la police israélienne.

La ministre de la Justice Ayelet Shaked et Esther Hayut, la magistrate à la tête de la Cour suprême, seront convoquées pour offrir leur témoignage, comme cela sera également le cas du comité de sélection judiciaire qui est chargé de nommer les juges au sein du plus important tribunal israélien, selon le site d’information Ynet.

Les autres membres du comité sont les juges Hanan Melcer et Neal Hendel, le ministre des Finances Moshe Kahlon, le président de l’Association du barreau israélien Effi Naveh, Ilana Seker, membre de l’Association du barreau ainsi que les députés Robert Ilatov et Nurit Koren.

Le procureur-général Avichai Mandelblit ne supervisera pas l’enquête, le principal suspect étant l’un de ses proches amis, a fait savoir le site Walla. Il sera remplacé dans cette mission par le procureur de l’Etat Shai Nitzan.

La ministre de la Justice, Ayelet Shaked (C), en compagnie de la présidente de la Cour suprême, Esther Hayut (D) et du ministre des Finances, Moshe Kahlon, ainsi que des membres du Comité de sélection des juges, le 22 février 2018. (Hadas Parush/Flash 90)

Nitzan — dont l’approbation est nécessaire pour appréhender un responsable tel que le principal suspect — a personnellement autorisé l’arrestation et les différents interrogatoires.

Le dossier, dont les détails ont été placés sous embargo par le tribunal, serait au cœur des conversations du système judiciaire ces dernières semaines.

Le procureur général Avichai Mandelblit, (à gauche), et le procureur de l’Etat Shai Nitzan à une conférence organisée au ministère de la Justice de Tel Aviv, le 21 décembre 2016 (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

L’injonction aurait été prolongée d’un mois lundi. Début janvier, le chef de l’unité anti-fraude d’Israël, Yoav Telem, s’était rendu en personne au tribunal pour réclamer la mise en place d’un embargo. Des détails devraient être autorisés à la publication dans la journée de mercredi, selon des informations.

De hauts responsables du système judiciaire s’inquiéteraient de plus en plus des développements de l’affaire, qui a fait naître de nombreuses rumeurs et des théories du complot majoritairement mensongères sur les réseaux sociaux.

Pour leur part, trois membres du groupe d’Effi Naveh, président de l’Association du barreau israélien, ont annoncé leur démission mardi en disant qu’ils ne pouvaient plus travailler sous son autorité, a noté le journal Calcalist.

L’avocat Effi Naveh, président de l’Association du barreau israélien, le 24 avril 2013. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Naveh a été inculpé le mois dernier, soupçonné d’avoir aidé à exfiltrer l’une de ses contacts hors du pays lors d’un voyage à l’étranger et d’avoir tenté de la faire entrer en Israël sans passer par le contrôle aux frontières.

Il a été mis en examen pour avoir fait entrer et sortir une personne illégalement du pays et pour avoir accepté un pot-de-vin.

Le comité de sélection judiciaire a exprimé ses craintes quant à ces actes de corruption présumés au sein du système qui pourraient gravement entacher la confiance du public envers les institutions chargées de la justice.

Peu de responsables sont au courant des détails de l’enquête, selon Ynet. Parmi eux : Shaked, Hayut et Nitzan.

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