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Un homme, originaire de Jadeidi-Makr, pris pour cible devant son domicile

Mamun Rabah, dont le fils a été abattu l'année dernière et qui cherchait à sensibiliser le public à la criminalité dans les villes arabes, a succombé à ses blessures

La police sur les lieux d'un meurtre à Jadeidi-Makr, le 7 octobre 2022. (Crédit : Police israélienne)
La police sur les lieux d'un meurtre à Jadeidi-Makr, le 7 octobre 2022. (Crédit : Police israélienne)

Un homme âgé de 48 ans originaire de Jadeidi-Makr, dans le nord d’Israël, a été la cible de tirs devant son domicile vendredi dans ce que la police craint être une attaque de représailles pour le meurtre d’un autre résident de cette ville arabe, plus tôt cette semaine.

Mamun Rabah, qui a cherché à sensibiliser le public à la criminalité rampante qui frappe les communautés arabes d’Israël depuis que son fils Wisam a été abattu en janvier 2021, a été transporté d’urgence à l’hôpital de Nahariya dans un état critique avant que les médecins ne soient contraints de déclarer son décès.

La police pense que le suspect a tiré sur Rabah depuis sa voiture avant de prendre la fuite. Des policiers sont arrivés sur les lieux peu après et ont commencé à recueillir des preuves.

Jeudi, un autre natif de Jadeidi-Makr – Wasim Khaled Kiyal, 18 ans – a été tué dans la ville voisine de Nahariya dans ce que la police a qualifié de fusillade criminelle. Le frère et un ami de Kiyal étaient avec lui au moment des faits et ont également été blessés dans l’attaque, dont la police cherche à déterminer si elle est liée à l’incident de vendredi.

Des habitants de Jadeidi-Makr ont déclaré au quotidien Haaretz que Kiyal avait quitté sa ville natale peu après le meurtre de Wisam, le fils de Rabah. La famille Rabah a accusé les Kiyal d’être impliqués dans le meurtre, ce qui a apparemment conduit plusieurs membres de cette dernière famille à fuir à Nahariya pour leur sécurité.

La police n’a, à ce jour, procédé à aucune arrestation dans le cadre du meurtre de Wisam Rabah, survenu en janvier 2021, et dont le père avait déploré qu’il atteste de l’indifférence des autorités israéliennes face à la criminalité dans les villes arabes.

Mansour Abbas, qui préside le parti islamiste Raam, a appelé vendredi dans un communiqué le Premier ministre Yair Lapid à envoyer des renforts à Jadeidi-Makr afin « d’empêcher un bain de sang ».

Après la dernière fusillade, une grande émeute a éclaté à Jadeidi-Makr, avec des jets de pierres et des incendies dans plusieurs maisons. La police était sur place pour tenter de rétablir l’ordre.

Les communautés arabes ont connu une recrudescence de violences ces dernières années. Beaucoup rejettent la faute sur la police, qui, selon eux, n’a pas réussi à sévir contre les puissantes organisations criminelles et a largement fermé les yeux sur les violences, qui comprennent des querelles familiales, des guerres de territoire mafieuses et des violences contre les femmes. Les communautés ont également souffert d’années de négligence.

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