Israël en guerre - Jour 290

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Un important investisseur high-tech : « Si Israël se dégrade, les gens partiront »

Shlomo Dovrat prévient que la faiblesse des institutions de l'État et le manque de sécurité menacent la place d'Israël dans l'arène mondiale et ses perspectives de croissance économique

Sharon Wrobel est journaliste spécialisée dans les technologies pour le Times of Israel.

Shlomo Dovrat s'adressant à la Douzième chaîne, le 24 février 2023. (Crédit : La Douzième chaîne)
Shlomo Dovrat s'adressant à la Douzième chaîne, le 24 février 2023. (Crédit : La Douzième chaîne)

Shlomo Dovrat, l’un des principaux investisseurs israéliens dans le domaine de la technologie, a averti que la guerre en cours à Gaza a révélé de profondes faiblesses et un manque de confiance dans les institutions de l’État, une situation qui menace la position du principal moteur de croissance du pays – l’industrie high-tech – et qui pose un risque pour la perspective d’une économie prospère.

« L’économie israélienne a affronté la crise avec une résilience extraordinaire, mais la situation actuelle comporte des risques importants et si nous ne nous ressaisissons pas et n’agissons pas de manière résolue et responsable, il y a un danger d’effet spirale et de nous voir perdre dix années, comme au lendemain de la guerre du Kippour », a affirmé Dovrat, cofondateur et associé général de Viola, un groupe d’investissement israélien qui gère plus de 5 milliards de dollars d’actifs sous gestion. « Ce que la guerre a révélé, c’est une profonde faiblesse dans le fonctionnement des institutions de l’État, alors que nous avons vu la société civile se rallier et se mobiliser de manière extraordinaire pour l’effort de guerre ».

« La confiance des citoyens dans le pays et ses institutions et le sentiment de sécurité sont deux conditions nécessaires à une économie saine et si nous ne parvenons pas, une fois la guerre terminée, à restaurer un sentiment de sécurité et de confiance dans nos dirigeants, notre économie ne se saura se développer », a-t-il ajouté.

S’exprimant mercredi lors d’une conférence organisée dans le cadre de la conférence annuelle de l’Aaron Institute for Economic Policy à l’université Reichman, Dovrat a mis en garde contre le fait qu’Israël est déjà confronté à un déclin de sa légitimité mondiale à un moment où l’appétit pour le risque dans le monde diminue.

« Les marchés nous disent que nous n’allons pas dans la bonne direction et ne nous croient pas vraiment, ce qui a un impact sur la volonté des entités d’investissement à investir en Israël », a fait remarquer Dovrat. « La réalité est que les investisseurs sont devenus plus sélectifs et que la haute technologie israélienne dépend entièrement des marchés internationaux, ce qui pose une menace. »

Selon Dovrat, qui est président de l’Aharon Institute for Economic Policy, il y a des signes que l’investissement dans la haute technologie dans le monde se redresse, mais Israël ne suit pas le rythme, notamment dans le domaine des avancées et des investissements dans les technologies de l’intelligence artificielle (IA).

Le directeur du budget du ministère des Finances, Yogev Gradus, s’exprime lors d’une conférence à l’Aaron Institute for Economic Policy à l’université Reichman, le 10 juillet 2024. (Crédit : Autorisation)

« Ces dernières années, l’industrie israélienne de la haute technologie est devenue plus qu’un catalyseur de l’économie, c’est une plateforme et notre seule façon d’être compétitif à long terme », a indiqué Dovrat. « Si Israël devient un endroit moins agréable à vivre, les gens partiront non pas par idéologie, mais parce qu’ils ont des alternatives. »

« Un entrepreneur israélien qui se tourne vers la Silicon Valley et reçoit un chèque du fonds Sequoia aura de bonnes raisons de partir, aussi devons-nous rester compétitifs, être un lieu où la création d’entreprises reste intéressant », a-t-il souligné.

La dépendance de l’économie à l’égard du secteur high-tech s’est considérablement accrue depuis quelques dizaines d’années. L’année dernière, le secteur high-tech israélien a contribué à 20 % au PIB local, contre 6,2 % en 1995, et représentait 53 % des exportations totales, soit 73,5 milliards de dollars, tout en générant des recettes fiscales pour le pays.

Dovrat a exhorté le gouvernement à prendre des mesures pour réduire le déficit budgétaire afin de rétablir la confiance des investisseurs et de soutenir l’économie.

« La responsabilité fiscale n’est pas une question politique, elle est essentielle pour l’avenir de l’économie israélienne », a affirmé Dovrat. « Des décisions difficiles devront être prises, notamment augmenter les impôts et mettre en œuvre des réformes structurelles qui privilégient la croissance. »

Israël en est au dixième mois de sa guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas, qui a commencé avec le pogrom du 7 octobre, lorsque des milliers de terroristes ont déferlé sur Israël par terre, mer et air, assassinant près de 1 200 personnes, pour la plupart des civils, et prenant des otages de tous âges pour les emmener dans la bande de Gaza.

Shira Greenberg, ancienne économiste en chef du ministère des Finances, s’exprime lors d’une conférence à l’Aaron Institute for Economic Policy à l’université Reichman, le 10 juillet 2024. (Crédit : Autorisation)

Le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a été critiqué ces dernières semaines pour n’avoir pas compensé les dépenses de guerre supplémentaires par de vastes coupes budgétaires et d’autres sources de revenus, y compris une hausse de l’impôt.

Les coûts de la guerre ont déjà fait grimper les dépenses civiles et de défense, entraînant un déficit budgétaire de 7,6 % du produit intérieur brut (PIB) en juin et dépassant l’objectif de déficit de 6,6 % que le gouvernement s’était fixé pour 2024.

Report des discussions sur le budget 2025

S’exprimant également lors de la conférence, le directeur du budget du ministère des Finances, Yogev Gradus, a critiqué le gouvernement pour avoir retardé les discussions sur l’élaboration du budget 2025.

« C’est inacceptable qu’alors que nous sommes déjà au mois de juillet, aucune discussion sur le budget n’ait encore été entamée. Cela ne peut pas se faire en un mois ou deux », a-t-il affirmé.

De même, l’ancienne économiste en chef du ministère des Finances, Shira Greenberg, s’est déclarée consternée par le report des discussions budgétaires en cette période d’incertitude. En début de semaine, la Banque d’Israël a fait savoir qu’elle attendait du gouvernement qu’il procède à des ajustements budgétaires d’au moins 30 milliards de shekels pour ramener le déficit à environ 4 % du PIB en 2025.

Pendant ce temps, la coalition de droite d’Israël a maintenu en place des milliards de shekels de fonds discrétionnaires mis à la disposition des alliés politiques dans le cadre d’accords conclus lors des négociations de coalition. La semaine dernière, la commission des finances de la Knesset a cédé des centaines de millions de shekels de fonds « excédentaires » de la coalition aux ministères du gouvernement, y compris plusieurs ministères jugés superflus par le ministère des Finances.

« Comment est-il possible que les fonds de la coalition soient distribués à ceux qui ne soutiennent pas la croissance ? » s’est insurgée Greenberg. « Aucun dirigeant ne veut assumer ses responsabilités et proposer les solutions nécessaires pour nous mener vers la sécurité. »

« Nous avons besoin d’un gouvernement qui n’exclura pas les femmes, qui verra le bien de toute la population et pas seulement des secteurs qui sont ses partenaires », a-t-elle exhorté.

Dovrat a conclu en recommandant à Israël de stabiliser la situation en matière de sécurité, d’organiser des élections pour choisir un nouveau gouvernement et de restaurer la confiance des citoyens dans le pays.

« Mais cela ne suffit pas. Nous devons élaborer un plan stratégique pour l’économie et pour notre société pour la suite ».

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