Un Israélien reconnu coupable de crimes terroristes pour avoir tué une Palestinienne en 2018
Aisha Rabi, mère de 8 enfants, avait été tuée au volant de sa voiture, touchée à la tête par une pierre ; le tribunal de Lod "réfute les mensonges et les contradictions" de l'accusé
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Jeremy Sharon est le correspondant du Times of Israel chargé des affaires juridiques et des implantations.

Le tribunal de Lod a estimé lundi qu’un jeune résident d’implantation extrémiste s’était rendu coupable d’homicide involontaire à motivation nationaliste, de jets de pierres aggravés contre un véhicule et de dégradation volontaire d’un véhicule. Tous ces actes, perpétrés en 2018 et ayant coûté la vie à la Palestinienne Aisha Rabi, sont considérés comme des actes de terrorisme.
Mère de huit enfants, Rabi avait été tuée au volant de sa voiture lorsque la pierre qu’il avait lancée l’avait atteinte à la tête.
Le meurtre de Rabi avait suscité l’indignation en Israël et à l’échelle internationale à l’époque, des diplomates américains, onusiens et d’ailleurs condamnant l’attaque et exhortant les autorités israéliennes à traduire les auteurs en justice.
Le verdict rendu lundi intervient dans un contexte de vague sans précédent de violences commises par des extrémistes juifs contre des civils palestiniens en Cisjordanie. Six Palestiniens auraient été abattus par des résidents d’implantations rien qu’au mois de mars.
Bien que le tribunal ait conclu lundi que le jeune homme avait commis au moins certains des actes dont il était accusé, on ignore de quelles infractions spécifiques il s’agissait, ni s’il a été reconnu coupable de les avoir commises en tant qu’actes de terrorisme.
Comme l’individu, un résident de la région de Benjamin en Cisjordanie, était mineur (16 ans) au moment des faits, il n’est pas techniquement condamné, mais reconnu coupable des crimes dont il est accusé.
Le tribunal a rendu son verdict lundi par une décision prise à deux voix contre une. Un résumé du verdict, et non la décision complète, a été publié mardi, car les détails complets des décisions concernant des mineurs ne peuvent être divulgués.
Le résumé de la décision indique que le tribunal a « réfuté l’alibi avancé par le prévenu », « les mensonges du prévenu » et les « contradictions dans les versions ultérieures et plus élaborées qu’il a données » au cours de la procédure pénale engagée contre lui.
Le tribunal a conclu que c’est la pierre qui avait tué Rabi et que l’ADN du prévenu avait été retrouvé sur la pierre par les enquêteurs.
Les deux juges de la majorité ont estimé que les arguments de la défense, selon lesquels il existait un scénario hypothétique dans lequel l’ADN de l’accusé aurait été transféré « par hasard et innocemment » sur la pierre, « ne sont pas raisonnables et ne sont pas étayés par les preuves », indique le résumé.
Dans son jugement, le tribunal a ordonné que le jeune homme soit soumis à une évaluation par le Service de probation pour mineurs afin de procéder à la détermination de la peine.
L’homicide involontaire qualifié d’acte terroriste est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 25 ans de prison, en fonction de la gravité des faits.
Rabi a été tuée lorsque le jeune homme a lancé une pierre de deux kilogrammes et de 20 centimètres de diamètre environ sur le pare-brise de sa voiture alors qu’elle circulait avec son mari et sa fille près du carrefour de Tapuah, au nord de la Cisjordanie.
Selon l’acte d’accusation, le jeune homme a quitté la yeshiva Pri HaAretz de l’implantation de Rehelim, où il étudiait, accompagné de plusieurs autres étudiants, dans la soirée du 12 octobre 2018.
Le groupe était arrivé au sommet d’une colline située entre les carrefours de Rehelim et de Tapuah, surplombant la Route 60, principale artère reliant le nord et le sud de la Cisjordanie.
L’accusé s’était alors emparé d’une pierre d’environ deux kilos et s’était préparé à la lancer sur un véhicule palestinien « pour un mobile idéologique reposant sur le racisme et l’hostilité envers les Arabes, où qu’ils se trouvent », pouvait-on lire dans l’acte d’inculpation.
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