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Un journaliste iranien appelle à attaquer en représailles le réacteur de Dimona

Dans un journal affilié au chef suprême, un influent analyste déplore la réponse de Téhéran à l'attaque de l'installation de Natanz et affirme que la riposte doit être biblique

Illustration : Vue du réacteur nucléaire de Dimona, dans le sud d'Israël, le 13 août 2016. (Crédit : Moshe Shaï/FLASH90)
Illustration : Vue du réacteur nucléaire de Dimona, dans le sud d'Israël, le 13 août 2016. (Crédit : Moshe Shaï/FLASH90)

Un journal iranien affilié au guide suprême du pays, Ali Khamenei, a publié samedi un éditorial appelant le gouvernement à frapper l’installation nucléaire israélienne de Dimona en réponse à la récente attaque du site nucléaire de Natanz de la République islamique, qui a été largement attribuée à Israël.

Dans le quotidien ultraconservateur Kahyan, Saadullah Zarai, éminent analyste régional, a déploré la réaction du gouvernement iranien à la suite de l’opération de sabotage du 11 avril à Natanz.

Depuis, l’Iran a commencé à enrichir une petite quantité d’uranium jusqu’à une pureté de 60 % – le niveau le plus élevé jamais atteint, à deux doigts de la qualité militaire – en violation flagrante de l’accord nucléaire de 2015.

« Malheureusement, en annonçant que l’Iran installera des centrifugeuses plus perfectionnées dans l’installation endommagée et qu’il augmentera l’enrichissement de l’uranium à 60 %, le président [Hassan Rouhani] a effectivement annoncé que l’Iran ne répondra pas du tout de manière proportionnelle à l’attaque », a écrit M. Zarai.

« La position claire de cet auteur est que la réponse appropriée à l’incident de Natanz – basée sur [le concept de] œil pour œil et basée sur la politique de création d’une dissuasion sécuritaire – devrait être une action contre l’installation nucléaire [israélienne] de Dimona. Ceci parce qu’aucune autre action n’est du même niveau que l’incident de Natanz », a-t-il ajouté.

Israël n’a jamais reconnu qu’il disposait d’un arsenal nucléaire, maintenant plutôt une politique d’“ambiguïté nucléaire” tout en jurant qu’il ne serait pas le premier à utiliser des armes nucléaires au Moyen-Orient. L’installation de recherche nucléaire de Dimona s’appelle officiellement le Centre de recherche nucléaire Shimon Peres du Néguev.

L’installation d’enrichissement nucléaire iranienne à Natanz, en Iran. (AP Photo/Hasan Sarbakhshian)

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, s’est inquiété des importants travaux de construction réalisés sur le site de Dimona au début de l’année, alors que son pays s’apprêtait à limiter l’accès de l’Agence internationale de l’énergie atomique des Nations unies, dans le contexte des tensions avec l’Occident liées à l’échec de l’accord nucléaire de 2015. « Israël agrandit Dimona, la seule usine de fabrication de bombes nucléaires de la région », a-t-il écrit.

« Toute discussion sur l’inquiétude concernant le programme nucléaire iranien est un non-sens absolu », a déclaré Zarif à Press TV, la branche anglophone de la télévision d’État iranienne. « Soyons clairs sur ce point : C’est de l’hypocrisie. »

Des journalistes attendent devant le Grand Hôtel Wien, où se déroulent à huis clos les négociations nucléaires avec l’Iran, à Vienne, en Autriche, le mardi 6 avril 2021. (AP /Florian Schroetter)

Samedi également, la télévision d’État iranienne a désigné un suspect, Riza Karimi, dans l’attaque de Natanz et a déclaré qu’il avait fui le pays.

Une photo d’identité publiée par la télévision d’État iranienne montre Reza Karimi, 43 ans, qui, selon Téhéran, est à l’origine du sabotage du 11 avril à Natanz, qu’il a imputé à Israël. (Capture d’écran vidéo)

À Vienne, les négociations entre l’Iran et les puissances mondiales se sont poursuivies samedi au sujet de l’accord, avec quelques progrès signalés.

Un haut responsable iranien a reconnu mardi que l’explosion de l’installation nucléaire de Natanz, que Téhéran impute à Israël, a détruit ou endommagé des milliers de centrifugeuses utilisées pour enrichir l’uranium.

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