Un journaliste s’excuse pour avoir raillé la victime du viol présumé de Chypre
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Un journaliste s’excuse pour avoir raillé la victime du viol présumé de Chypre

"Elle était habituée à deux ou trois, et il y en a douze tout à coup, c'est là où ça casse ?", a dit Roni Daniel de la touriste de 19 ans, entraînant l'indignation et 700 plaintes

Le journaliste Roni Daniel, le 1er mars 2016 (Crédit :  Arielinson/Wikipedia CC-BY-SA-4.0)
Le journaliste Roni Daniel, le 1er mars 2016 (Crédit : Arielinson/Wikipedia CC-BY-SA-4.0)

Un journaliste israélien très connu s’est excusé dimanche après avoir suscité la controverse pour avoir raillé la victime d’un viol en réunion présumé commis par une douzaine d’adolescents Israéliens à Chypre.

Ce sont 12 adolescents israéliens, dont des mineurs, qui ont été placés en détention dans cette nation insulaire de l’est de la Méditerranée, alors que la police enquête sur ces accusations. La police chypriote a interrogé samedi cinq Israéliens – dont un principal suspect – dans cette affaire du viol présumé d’une jeune britannique âgée de 19 ans, selon les médias en hébreu.

Le viol présumé a eu lieu mercredi dans la matinée à l’hôtel Pambos Napa Rocks Hotel d’Ayia Napa, où la jeune femme et les Israéliens séjournaient chacun de leur côté.

Jeudi, Roni Daniel, correspondant militaire et commentateur pour la Douzième chaîne, participait à un débat sur l’affaire au micro de la station de radio 103FM aux côtés de Doron Herman, journaliste à la Treizième chaîne.

Herman a cité la police locale qui avait déclaré que pendant la semaine, la victime avait eu des rapports sexuels consensuels avec trois des suspects mais que « la dernière soirée, elle s’est réveillée dans une des chambres avec douze Israéliens, et non les deux ou trois qu’elle connaissait ».

C’est à ce moment-là que Daniel l’a interrompu, en disant : « Oh, elle était habituée à deux ou trois, et il y en a douze tout à coup, c’est là où ça
casse ? »

Les suspects du viol d’une jeune Britannique de 19 ans se couvrent le visage alors qu’ils quittent le tribunal de Famagusta pour être emmenés dans un centre de détention à Paralamni, à Chypre, le 18 juillet 2019 (Crédit : AP Photo/Petros Karadjias)

Ce propos a choqué de nombreux auditeurs et plus de 700 plaintes ont été envoyées à la Seconde autorité pour la télévision et pour la radio après l’émission.

Les usagers des réseaux sociaux ont également fait part de leur indignation, tout comme les organisations de défense des droits des femmes.

« Roni Daniel se moque d’une victime d’un viol en réunion, avec un lapsus arrogant et violent qui revient à dire qu’une femme ayant eu une relation sexuelle avec un individu appartient aussi à tous les autres », a déclaré l’Association des centres de crise du viol en Israël.

« Cette vision était terrible et erronée dans les années 1950 et en 2019, elle ne peut tout simplement pas être passée sous silence. En plus des mots méprisables qui ont été utilisés envers cette victime en particulier, des milliers de femmes israéliennes qui ont été blessées ont retrouvé dedans l’écho et la justification de ce qu’elles ont subi », a-t-elle ajouté.

Dimanche, Daniel a présenté ses excuses sur Twitter.

« Quelques clarifications : Je n’ai jamais pensé adopter une approche dédaigneuse d’un incident aussi grave », a-t-il écrit. « A mes yeux, le viol – qu’il implique une personne, deux ou douze – est, dans tous les cas, un incident très grave ».

« C’est le droit de toutes les femmes de décider avec qui elles ont des relations sexuelles mais la condition en est qu’elles soient consensuelles, décidées avec un esprit avisé. Si je ne me suis pas correctement fait comprendre, je n’ai rien d’autre à faire que d’exprimer mes regrets et mes excuses ».

La station de radio n’a pas fait de commentaires. Selon des informations parues dans les médias en hébreu, une enquête a été ouverte sur l’incident.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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