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Un labo israélien crée un implant qui permet d’inverser le diabète chez la souris

La glycémie baisse en moyenne de 26 % après la transplantation de tissus cultivés au Technion ; les chercheurs espèrent mettre au point une méthode applicable à l'homme

Une diabétique mesure son taux de sucre dans le sang. (Crédit : dragana991 via iStock by Getty Images)
Une diabétique mesure son taux de sucre dans le sang. (Crédit : dragana991 via iStock by Getty Images)

Grâce à un implant unique, des scientifiques israéliens ont corrigé le taux de sucre dans le sang de souris diabétiques pendant des mois – et affirment que la procédure pourrait être développée pour les humains.

Les chercheurs ont cultivé un tissu sain en laboratoire et l’ont transplanté chez huit souris atteintes de diabète de type 2. Ce tissu agit comme un canal permettant au glucose de pénétrer dans l’organisme, et le taux de glycémie a baissé en moyenne de 26 % chez toutes les souris. Les taux sont restés dans la fourchette normale pendant les quatre mois de l’étude, alors que dans les groupes témoins, il n’y a pas eu de baisse de la glycémie.

« Cela pourrait potentiellement, à l’avenir, donner aux patients humains atteints de diabète de type 2 la possibilité d’avoir un implant et de passer quelques mois sans prendre de médicaments », a déclaré Rita Beckerman, qui a mené la recherche avec la professeure Shulamit Levenberg.

L’étude, menée au Technion, l’Institut de technologie d’Israël, vient d’être examinée par des pairs et publiée dans la revue Science Advances.

Beckerman a isolé les cellules souches musculaires des souris traitées et a modifié génétiquement les cellules pour qu’elles expriment une quantité très élevée de « transporteurs » GLUT4 dans l’organisme.

Les molécules GLUT4 sont chargées d’amener le glucose régulé par l’insuline dans les muscles, en particulier le muscle squelettique qui est responsable de la canalisation de la majeure partie du glucose dans le sang.

L’implant mis au point par le Technion-pour les souris diabétiques, avec les fibres musculaires modifiées en rouge, exprimant le GLUT4, en vert (Crédit : Technion)techni

« Ces cellules GLUT4 ont ensuite été cultivées pour former un tissu musculaire artificiel, et nous avons transplanté ce tissu dans le muscle abdominal de souris diabétiques », a déclaré Beckerman.

Les cellules modifiées ont commencé à absorber correctement le sucre, améliorant ainsi la glycémie, et ont également induit une meilleure absorption dans les autres cellules musculaires de la souris. Après ce seul traitement, le diabète des souris a été inversé. Leur taux de sucre dans le sang est resté plus bas et elles présentaient des niveaux réduits de stéatose hépatique, normalement présente dans le diabète de type 2.

Beckerman a déclaré : « C’est une approche tellement nouvelle que nous ne savions vraiment pas à quoi nous attendre, mais nous avons été extrêmement satisfaits du résultat. »

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