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Un médecin de Sheba parle de « l’enfer » que les otages libérés ont traversé

Le professeur Itai Pessach de l'hôpital Sheba a dit que certains "n'ont pas vu la lumière du jour" pendant toute leur captivité, expliquant qu'un grand nombre n'avait pas réalisé l'ampleur de l'assaut du 7 octobre

Moran Stela Yanai, 40 ans, embrasse les membres de sa famille après avoir été libérée des geôles du Hamas après 54 jours de captivité, à l'hôpital Sheba, le le 29 novembre 2023. (Autorisation)
Moran Stela Yanai, 40 ans, embrasse les membres de sa famille après avoir été libérée des geôles du Hamas après 54 jours de captivité, à l'hôpital Sheba, le le 29 novembre 2023. (Autorisation)

Un éminent médecin qui a pris en charge les otages libérés par le groupe terroriste palestinien du Hamas, au cours de la semaine qui vient de s’écouler, a parlé devant les caméras de la Douzième chaîne de ces derniers qui, selon lui, « ont traversé l’enfer » – et du travail effectué par son équipe auprès des anciens captifs.

Pessach a précisé que son département au sein de l’hôpital Sheba de Ramat Gan s’est occupé de 29 des 105 civils qui ont été rapatriés sur le sol israélien dans le cadre d’un accord de trêve temporaire qui avait été conclu avec le Hamas à l’issue de négociations intenses menées sous l’égide du Qatar. Les 29 otages étaient âgés de trois à 84 ans, et ils comprenaient douze enfants.

« Cela a été la semaine la plus pénible de ma vie et, très certainement, de toute ma carrière professionnelle », a commenté le professeur Itai Pessach, directeur de l’hôpital pour enfants Safra au sein de Sheba.

Il a noté que les otages étaient arrivés dans des états de santé variables.

« Ils étaient épuisés, complètement vidés. Ils étaient moralement forts mais physiquement faibles. Certains avaient encore des blessures datant de leur enlèvement, des blessures dont ils souffert pendant toute leur captivité », a-t-il expliqué.

Pessach a expliqué que la prise en charge émotionnelle et psychologique des anciens captifs était une priorité absolue. Le ministère de la Santé et le ministère des Affaires sociales avaient commencé à mettre au point des protocoles en matière de santé et de soins psychiques en direction des otages dès le 7 octobre.

Le professeur Itai Pessach, Directeur de l’hôpital Safra pour enfants à l’hôpital Sheba. (Capture d’écran : Douzième chaîne ; used in accordance with Clause 27a of the Copyright Law)

« Les soins médicaux, mêmes s’ils sont importants, sont mis de côté d’une manière ou d’une autre dans un premier temps. Quand les otages reviennent – et nous nous y sommes préparés pendant des semaines, nous avons développé un protocole de traitement – nous contrôlons rapidement qu’un traitement administré en urgence n’est pas nécessaire et nous nous concentrons ensuite sur les soins émotionnels et psychologiques », a-t-il déclaré, ajoutant que l’équipe, dont les membres ont été sélectionnés avec soin, prennent garde à ne pas envahir l’espace des patients et à ne pas les provoquer inintentionnellement pendant leur rétablissement.

Les otages et les familles ont été reçues dans des secteurs séparés des autres, préparés à cette fin, afin de garantir la confidentialité. Tout le travail d’évaluation qui est effectué par les médecins est réalisé dans ce secteur particulier, à l’écart des autres patients et personnels.

S’il n’a pas pu donner de détails précis de manière à protéger la vie privée de ses patients, Pessach a expliqué avoir entendu de nombreuses histoires difficiles.

« La majorité d’entre eux ne veulent pas s’arrêter de parler, ils veulent partager… Au début, ils parlent de choses banales – ce qu’ils mangeaient, ce qu’ils buvaient – et ils entrent lentement dans les détails dans les récits qu’ils font aux familles au cours de leurs échanges », a-t-il dit.

Mia Schem avec sa famille après sa libération par le Hamas, à l’hôpital Sheba, le 1er décembre 2023. (Autorisation)

Un grand nombre des otages qui ont été kidnappés dans les communautés frontalières de Gaza, le 7 octobre, n’ont découvert le mort ou l’enlèvement de leurs proches qu’une fois de retour sur le sol israélien.

Ému, Pessach a évoqué le moment où les otages libérés entraient dans une pièce pour réaliser qu’il y manquait quelqu’un.

« C’est quelque chose auquel nous nous sommes préparés aussi », a-t-il commenté.

De la même manière, il a expliqué que certains otages n’avaient pas eu conscience de l’ampleur de l’attaque du 7 octobre avant leur retour. A cette date, environ 3 000 terroristes avaient franchi la frontière entre Israël et la bande de Gaza par voie maritime, terrestre et aérienne, tuant 1 200 personnes et enlevant 240 otages de tous les âges.

« Certains d’entre eux ne savaient même pas que quelque chose était en train d’arriver en Israël. Ils savaient que quelque chose était en train de leur arriver à eux, c’est tout », a-t-il déclaré.

Les moments les plus bouleversants ont été ceux des retrouvailles entre les enfants et leurs mères, a-t-il continué, évoquant particulièrement le cas de Hila Rotem, 13 ans, libérée il y a deux jours et qui a retrouvé sa mère Raaya, 54 ans – et celui de Yarden Roman-Gat, 35 ans, qui avait été séparée de son époux et de leur petite fille de trois ans quand elle avait été kidnappée par les hommes armés du Hamas au kibboutz Beeri.

Emily Hand, deuxième à droite, retrouvant son père, Tom Hand, à droite, tandis qu’Hila Rotem, deuxième à gauche, dont la mère est toujours retenue en otage, retrouve les membres de sa famille aux petites heures du 26 novembre 2023. (Autorisation)

Pessach et le personnel de l’hôpital – des femmes en majorité – en charge des otages travaillent 24 heures sur 24 et sept jours sur sept depuis vendredi dernier, le jour où le tout premier groupe d’otages a été libéré. Il a indiqué qu’en fait, c’est une femme qui aurait dû être interrogée à sa place dans la mesure où la majorité des soignants impliqués dans la prise en charge des otages étaient des femmes.

« C’est un travail important, qui a du sens, et nous en sommes sortis plus forts. Nous tirons une inspiration de ces otages libérés », a-t-il dit, ajoutant qu’il avait eu de l’admiration pour les femmes âgées « qui ont insisté pour marcher de manière à ce que leurs proches puissent les voir debout sur leurs deux jambes ».

« J’ai entendu des otages dire des choses comme ‘je n’ai pas pleuré pendant 50 jours, ne pleurez pas maintenant. Parce que nous sommes forts’, » s’est souvenu Pessach. « Comment est-ce que je pourrais craquer quand ce sont ces gens-là que je suis amené à avoir l’honneur de soigner ? ».

Pessach a indiqué que les otages dont il a eu la charge ont été conservés en détention dans des conditions variées : « Certains ont mangé et d’autres n’ont pas vu la lumière du jour. Certains avaient l’espace nécessaire pour se déplacer, ce n’était pas le cas pour d’autres ».

Des soldats israéliens attendant l’arrivée d’otages libérés, à l’hôpital Sheba de Ramat Gan, le 25 novembre 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

« Tous ont subi des violences psychologiques qui sont difficiles à décrire », a-t-il poursuivi, précisant que « je pense que c’est tout le pays qui est traumatisé. Je pense que nous sommes tous les victimes du terrorisme psychologique ».

Israël pense qu’au moins 136 otages sont encore gardés en détention à Gaza, avec une centaine d’hommes, civils et militaires, et environ 17 femmes et deux enfants. Parmi ces derniers, le plus jeune otage — Kfir Bibas — qui est âgé de seulement 10 mois.

Le Hamas a affirmé, cette semaine, que la mère de Kfir et ses deux enfants – le bébé et son frère aîné Ariel, quatre ans – avaient été tués dans un bombardement israélien, offrant de rendre leurs dépouilles à Israël, lors de la sixième série de libérations d’otages.

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