Plusieurs élus, dont un membre du parti de Netanyahu, boycotteront le discours de Trump à la Knesset
Selon Amit Halevi, l'accord Trump est une "illusion" ; un élu HaTzionout HaDatit a déclaré : "nous resterons dans la coalition si le Hamas ne contrôle pas Gaza et ne possède pas d'armes"

Le député Amit Halevi (Likud) a déclaré dimanche qu’il n’assisterait pas au discours du président américain Donald Trump à la Knesset, prévu lundi, et qui doit coïncider avec la libération des otages détenus par le groupe terroriste palestinien du Hamas à Gaza, dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu qu’il a contribué à négocier.
Selon lui, le discours de Trump est une « illusion de victoire » et un « vain spectacle », et qu’il « ne pourrait pas participer à la réunion parlementaire avec le président américain Donald Trump et son équipe ».
« Cet accord est le contraire d’une victoire », a déclaré Halevi.
« Nous devons dire la vérité au peuple, baisser la tête dans la douleur et l’humilité face à l’échec militaire, tirer les leçons et planifier nos actions pour gagner à l’avenir. »
Halevi a critiqué les concessions faites par Israël, affirmant que le pays avait accepté « la création d’un État palestinien sur les terres ancestrales de Gaza… afin de permettre à ses ennemis antisémites, la Turquie et le Qatar, de s’implanter ici, de laisser le Hamas et son infrastructure néonazie intacts au sommet de leur puissance, et d’ajouter des milliers d’archi-meurtriers qui rejoindront ses rangs pour poursuivre son plan d’anéantissement d’Israël ».
Par ailleurs, le chef du parti Noam, le député Avi Maoz, a également annoncé qu’il ne serait pas présent lors du discours de Trump.
« Il faut être complètement aveugle pour croire que l’initiative de Trump a bien fonctionné », a déclaré Maoz, le seul député de ce parti ultraconservateur, qui a quitté la coalition en juillet.
Vendredi, le cabinet du Premier ministre Benjamin Netanyahu a voté en faveur de la libération de tous les otages en échange de prisonniers palestiniens incarcérés pour atteinte à la sécurité en Israël, malgré les fermes objections de ses partenaires d’extrême droite. Cette décision s’inscrit dans le cadre de la première phase du plan de paix plus large de Trump pour Gaza.
Halevi exprime depuis longtemps son scepticisme quant aux résultats obtenus par Israël pendant la guerre, affirmant l’an dernier que l’armée israélienne avait exagéré les dommages infligés au Hamas. Il a été démis de ses fonctions au sein de la commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset en mai après avoir voté contre la prolongation de l’autorité du gouvernement à émettre des ordres de mobilisation d’urgence pour les réservistes de Tsahal.
La députée Limor Son-Har Melech (Otzma Yehudit) a aussi annoncé qu’elle boycotterait le discours du président américain à la Knesset.
« Le président Trump a présenté l’accord actuel comme un accord de paix », a-t-elle écrit sur le réseau social X.
« Or, ce n’est pas le cas. C’est un accord honteux. Ce qui manque le plus, c’est la paix et la sécurité. La sécurité d’Israël a subi un coup dur lors de sa signature. Nous voyons déjà le Hamas se réorganiser à Gaza et prévoir de reprendre le contrôle de la bande de Gaza dès le retrait de nos forces. »
Affirmant que la prochaine vague de combats « n’est qu’une question de temps », Son-Har Melech a déclaré qu’elle était « incapable et peu encline à se joindre aux applaudissements – ni pour le président américain qui vend au peuple israélien une illusion de paix et de sécurité, ni pour la droite qui idéalise cet accord comme s’il s’agissait d’une réussite ».
Elle a fait valoir que l’accord est « plein de lacunes », car il ne précise pas ce qui se passera si le Hamas en viole les termes, donne aux alliés du groupe terroriste palestinien, le Qatar et la Turquie, un rôle dans la bande de Gaza d’après-guerre, et n’exclut pas l’implication de l’Autorité palestinienne. Elle a déclaré comprendre ceux qui disent que l’accord est un moindre mal, mais pas ceux qui le qualifient de bon accord.
Elle a toutefois expliqué que son parti resterait au gouvernement pour l’instant, et qu’il y resterait s’il était démontré que le Hamas désarmait et qu’Israël avait la liberté d’agir contre les menaces et les violations.
Le député Moshe Solomon (HaTzionout HaDatit) a quant à lui déclaré que son parti resterait dans la coalition gouvernementale israélienne tant que l’accord de cessez-le-feu négocié par les États-Unis avec le Hamas passerait à sa deuxième phase et que le groupe terroriste palestinien serait empêché de se réarmer ou de contrôler la bande de Gaza. Des spéculations circulaient en effet sur le fait que le parti d’extrême droite puisse quitter la coalition.
« L’accord que nous avons signé comporte plusieurs phases », a déclaré Solomon au Times of Israel.
« La première phase consiste à libérer les otages et les terroristes. La deuxième phase consiste à désarmer complètement Gaza et le Hamas, afin que ce dernier ne contrôle en aucune façon la bande de Gaza. C’est ainsi que nous atteindrons nos objectifs de guerre, que nous gagnerons cette guerre difficile et que nous détruirons le Hamas. »
« Si la situation est telle que le Hamas reste armé et contrôle Gaza, nous ne pourrons bien sûr pas rester dans ce gouvernement », a-t-il ajouté.
Sur les trois ministres du parti HaTzionout HaDatit, deux ont voté contre l’accord : le chef du parti et ministre des Finances, Bezalel Smotrich, ainsi que la ministre des Implantations et des Projets nationaux, Orit Strouk. Le ministre de l’Immigration, Ofir Sofer, a quant à lui voté en faveur de l’accord.
Les 48 otages détenus à Gaza, dont 20 seraient encore en vie, devraient être libérés lundi en échange de 250 prisonniers palestiniens de sécurité condamnés à perpétuité, ainsi que de 1 700 autres Gazaouis emprisonnés depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre. Cependant, le retour de certains otages morts pourrait prendre plus de temps.
« Nous sommes [confrontés] à une dissonance entre une grande joie, la douleur et la peur de l’avenir », a déclaré Solomon.
« Je suis heureux et enthousiaste », a-t-il ajouté.
« Mais en parallèle de cette grande joie, il y a aussi l’inquiétude et la douleur de savoir que le prix à payer ne sera pas simple : libérer des terroristes qui ont du sang sur les mains et dont nous savons avec certitude qu’ils recommenceront à commettre des actes de terrorisme. »
Citant le défunt chef du Hamas Yahya Sinwar, instigateur du 7-Octobre, qui avait été libéré dans le cadre de l’accord de 2011 visant à libérer le soldat franco-israélien Gilad Shalit, Solomon a averti que la libération de meurtriers condamnés « rouvre une plaie pour les familles qui ont perdu un être cher, dont la seule maigre consolation était que le meurtrier avait au moins été arrêté et condamné à la prison à vie ».
« Et maintenant, il va être libéré. »







