Un ministre druze en faveur de la loi sur l’État juif reçoit des menaces de mort
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Un ministre druze en faveur de la loi sur l’État juif reçoit des menaces de mort

Le Shin Bet songe à renforcer la sécurité d'Ayoub Kara après qu'il a été harcelé tant physiquement que sur la Toile pour son vote favorable à la législation

Raoul Wootliff est le correspondant parlementaire du Times of Israël

Le ministre des Communications, Ayoub Kara, arrive à la réunion hebdomadaire du cabinet du Premier ministre à Jérusalem le 11 juin 2017.
Le ministre des Communications, Ayoub Kara, arrive à la réunion hebdomadaire du cabinet du Premier ministre à Jérusalem le 11 juin 2017.

Le ministre des Communications Ayoub Kara a été mis en garde par les services de sécurité de l’Etat de menaces de mort proférées à son encontre par des membres de la communauté druze après son vote en faveur de la loi controversée sur l’État-nation juif, la semaine dernière.

Suite aux menaces, l’unité de l’agence de sécurité du Shin Bet responsable de la sûreté des ministres du gouvernement réfléchit à renforcer la sécurité autour de Kara, a fait savoir dimanche soir la chaîne Hadashot.

Kara, le deuxième ministre druze de l’histoire d’Israël, a confirmé avoir fait l’objet d’un harcèlement physique et sur Internet de la part de militants druzes visant son épouse et son fils.

Il a ajouté prévoir de porter plainte, lundi.

Dimanche, les leaders druzes israéliens, notamment trois membres de la Knesset, ont porté plainte devant la Haute-cour de justice contre la loi sur l’État-nation juif, disant qu’il s’agissait d’un texte « extrémiste » qui discrimine les minorités du pays.

Ces députés viennent de tout le spectre politique – issus de la coalition, comme c’est le cas de Hamed Amar du parti de droite Yisrael Beytenu et d’Akram Hasson, de la formation centriste de Koulanou, ou de l’opposition, avec Salah Saad du parti travailliste qui est actuellement représenté à la Knesset par l’Union sioniste de centre-gauche.

Tous les trois ont servi dans les forces de sécurité israéliennes et ils ont été actifs dans des organisations sionistes.

Le texte, approuvé par la Knesset dans la matinée de jeudi par 62 voix « pour » et 55 voix « contre », consacre Israël comme « le foyer national du peuple juif » dans ses Lois fondamentales, qui ont une valeur quasi-constitutionnelle.

Il définit l’établissement de communautés juives comme étant dans l’intérêt de la nation et déclare que la langue arabe, deuxième langue officielle dans les instances depuis la création de l’État, bénéficiera désormais d’un « statut spécial » – ce qui représente une régression de facto.

Kara, ministre du Likud, a pour sa part voté en faveur du texte.

« Nous avons uni nos forces au-delà des lignes partisanes parce qu’il s’agit d’une initiative extrémiste de la part du gouvernement contre les arabophones et que c’est une continuation des discriminations qui se trouve dorénavant ancrées dans une loi fondamentale », a déclaré Saad au site d’information Ynet.

« Pour l’opinion publique druze, qui donne son sang et ses fils pour l’Etat d’Israël, la loi sur l’Etat-nation est un crachat au visage ».

Parmi les autres personnalités ayant signé la plainte, les maires des municipalités druzes majeures, notamment de Pekiin, Yarka, Bet Jan et Hurfeish.

La base sur laquelle la Haute-cour pourrait dénoncer le texte est encore indéterminée.

Les citoyens arabes représentent environ 17,5 % des plus de huit millions israéliens et ils se plaignent depuis longtemps de subir des discriminations.

Les critiques en Israël et à l’étranger, notamment les Juifs de la diaspora, ont taxé cette législation de discriminatoire et non-nécessaire.

Les membres du gouvernement ont salué l’adoption de la loi dans la matinée de jeudi, avec le Premier ministre Benjamin Netanyahu qui l’a qualifiée de « moment charnière dans les annales du sionisme et de l’Etat d’Israël ».

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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