Un néo-nazi menaçait d’assassiner Emmanuel Macron le 14 juillet
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Un néo-nazi menaçait d’assassiner Emmanuel Macron le 14 juillet

Le suspect, admirateur de Breivik, a dit vouloir s'en prendre aussi à des "musulmans, juifs, noirs, homosexuels", selon une source proche de l'enquête

Le président français Emmanuel Macron pendant une cérémonie à l'Arc de Triomphe, le 3 juin 2017. (Crédit : Charles Platiau/Pool/AFP)
Le président français Emmanuel Macron pendant une cérémonie à l'Arc de Triomphe, le 3 juin 2017. (Crédit : Charles Platiau/Pool/AFP)

Il menaçait de tuer Emmanuel Macron le 14 juillet : un homme de 23 ans proche de l’idéologie d’extrême droite qui voulait s’attaquer au président lors du défilé militaire de la Fête nationale a été mis en examen et écroué.

Interpellé le 28 juin à son domicile d’Argenteuil (Val-d’Oise), il a été mis en examen samedi pour « entreprise individuelle terroriste », a-t-on appris de source judiciaire, confirmant une information de RMC.

Le suspect, qui s’est décrit comme « nationaliste » lors de sa garde à vue, avait de multiples cibles : il a déclaré aux enquêteurs de la Sous-direction antiterroriste (Sdat) vouloir s’en prendre également à des « musulmans, juifs, noirs, homosexuels », selon une source proche de l’enquête.

Il a été repéré après avoir cherché à faire l’acquisition d’une arme à feu sur un site de jeux vidéo.

Plusieurs internautes l’ont signalé sur la plate-forme Pharos (Plateforme d’harmonisation, d’analyse, de recoupement et d’orientation des signalements), qui permet de porter à la connaissance des autorités les contenus ou comportements illicites sur internet.

Lors des perquisitions, les policiers ont découvert trois couteaux de cuisine dans son véhicule. L’exploitation de son ordinateur a révélé qu’il avait effectué des recherches sur internet concernant des cibles potentielles, a ajouté la source proche de l’enquête, sans plus de précisions.

‘Pété les plombs’

Emmanuel Macron assistera le 14 juillet à son premier défilé en tant que chef de l’Etat, en compagnie notamment du président des Etats-Unis Donald Trump.

Le jeune homme est connu de la justice : il avait été condamné en 2016 à trois ans de prison dont 18 mois avec sursis et mise à l’épreuve pour provocation à la haine raciale et apologie du terrorisme après avoir vanté les actes du néo-nazi Anders Behring Breivik, qui avait tué 77 personnes en Norvège, dont 69 sur l’île d’Utoya, le 22 juillet 2011.

Anders Behring Breivik faisant un salut nazi à son arrivée à son procès contre l'État, le 15 mars 2016. (Crédit : Jonathan Nackstrand/AFP)
Anders Behring Breivik faisant un salut nazi à son arrivée à son procès contre l’État, le 15 mars 2016. (Crédit : Jonathan Nackstrand/AFP)

Son projet et son profil rappellent celui de Maxime Brunerie, qui avait visé le président Jacques Chirac alors qu’il remontait les Champs-Elysées en voiture le 14 juillet 2002, peu avant le début du défilé.

Sa tentative de tir au fusil 22 long rifle, qu’il avait dissimulé dans un étui à guitare, avait été déviée par un spectateur et il avait été ensuite maîtrisé par plusieurs personnes.

Brunerie, ancien militant de la mouvance nationaliste identitaire, proche de l’extrême droite, a été condamné en décembre 2004 à dix ans de réclusion criminelle. « Je voulais faire quelque chose d’historique », avait-il expliqué lors de son procès.

Après sa libération le 3 août 2009, il a déclaré avoir « complètement pété les plombs ». « Il y avait une part de roue libre, de narcissisme complètement incontrôlé », a-t-il estimé.

Par ailleurs, dans une affaire distincte, un homme de 21 ans, proche de l’ultra-droite qui menaçait sur les réseaux sociaux de s’en prendre à des « migrants » et des « jihadistes », a été arrêté le 27 juin dans les Bouches-du-Rhône et mis en examen pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, a-t-on appris lundi de source judiciaire.

Lui aussi était un admirateur d’Anders Behring Breivik.

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