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« Un nettoyage ethnique » en Israël – Une Palestinienne à un survivant de la Shoah

Une étudiante palestinienne d'une université américaine a appelé le professeur Harold Kasimow à condamner l'existence de l'Etat juif avant de quitter la salle pendant son discours

Ayah Ali prenant la parole à la Benedictine University à Lisle, dans l'Illinois (Capture d'écran/Benedictine SJP/Twitter via JTA)
Ayah Ali prenant la parole à la Benedictine University à Lisle, dans l'Illinois (Capture d'écran/Benedictine SJP/Twitter via JTA)

JTA — Une étudiante pro-palestinienne de la Benedictine University, aux États-Unis, a demandé à un survivant de la Shoah de condamner l’existence d’Israël. Elle a quitté la salle pendant son discours, après avoir constaté qu’il n’obtempérait pas.

À la suite d’une allocution du professeur Harold Kasimow la semaine dernière, une étudiante lui a posé une question qui faisait le parallèle entre les expériences vécues par ce survivant de la Shoah et le traitement des Palestiniens par Israël.

Selon son fil d’actualité Twitter, Ayah Ali est affiliée au mouvement Students for Justice in Palestine dans cette université des environs de Chicago.

« Vous avez souhaité partager sincèrement votre histoire avec nous, mais je voudrais attirer votre attention sur un problème similaire », a interpelé l’étudiante.

« Je suis sûre que vous savez ce qui est en train de se passer en Palestine, et ma question est la suivante : soutenez-vous ou condamnez-vous l’Etat sioniste israélien et considérez-vous que c’est une bonne chose d’expulser et de mener un nettoyage ethnique intégral des Palestiniens de la même manière que les Juifs ont été expulsés et ont subi un nettoyage ethnique ? », a-t-elle interrogé.

Ce professeur émérite en études religieuses à la Grinnell University, qui a été invité par la Benedictine University à exercer sa spécialité entre ses murs cette année, lui a répondu que même s’il n’est pas « satisfait du gouvernement en Israël », il a la conviction que l’Etat doit exister, ajoutant que les deux parties sont responsables de la résolution du conflit.

« C’est un problème qui est si compliqué », a-t-il ajouté.

« Il y a de nombreux Juifs impliqués dans des centres interconfessionnels qui travaillent sur le problème, qui tentent d’aider à réaliser la paix, mais ce sont vraiment les deux parties qui doivent être ouvertes l’une à l’autre et se parler. Mais Israël doit-il exister ? Oui, je pense qu’Israël doit exister », a-t-il poursuivi.

Ayah Ali a répondu qu’elle-même était « le résultat des expériences que vous avez vous-même vécues. Je suis une survivante de l’intifada ». Elle a ajouté qu’il était « décevant de savoir qu’un survivant de la Shoah peut ainsi rester neutre dans une situation d’injustice ».

Kasimow a alors expliqué qu’il « ne s’agit pas d’être neutre. Il n’y a pas de culpabilité complète ou d’innocence totale d’un côté ou de l’autre ».

Après avoir répété ses propos, Ayah Ali est alors sortie de la salle. C’est la branche du groupe Students for Justice in Palestine de l’université qui a publié les vidéos de l’échange.

La JTA a demandé leurs réactions aux deux protagonistes.

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