Rechercher

Un nouveau membre du Congrès prêtera serment sur un numéro collector de Superman

C'est ainsi que Robert Garcia entend rendre hommage à ses origines, lui qui a appris l’anglais grâce aux histoires de super-héros, créées par des auteurs juifs immigrés

Le tout premier numéro de la bande dessinée Superman, publié en 1939, jouxte des copies de la Constitution des États-Unis et de livres saints en vue de la prestation de serment des nouveaux membres du Congrès des États-Unis, au Capitole de Washington, le 3 janvier 2023, jour d’ouverture du 118e Congrès. (Crédit : AP Photo/J. Scott Applewhite)
Le tout premier numéro de la bande dessinée Superman, publié en 1939, jouxte des copies de la Constitution des États-Unis et de livres saints en vue de la prestation de serment des nouveaux membres du Congrès des États-Unis, au Capitole de Washington, le 3 janvier 2023, jour d’ouverture du 118e Congrès. (Crédit : AP Photo/J. Scott Applewhite)

Un nouveau membre du Congrès américain souhaite rendre hommage aux bandes dessinées, qu’il adore, et à ses origines en prêtant serment sur une édition très rare de Superman.

Agé de 45 ans, Robert Garcia, bientôt membre Démocrate du Congrès pour la Californie, a choisi de prêter serment sur la Constitution américaine, son certificat de nationalité, une photo de ses parents, décédés de la COVID-19, et le tout premier numéro de Superman, publié en 1939, a annoncé, mardi, au New York Post, son cabinet.

Né au Pérou, Garcia a 5 ans lorsque ses parents décident d’émigrer aux États-Unis. Il « a appris à lire et à écrire l’anglais grâce aux bandes dessinées de Superman, et c’est formidable qu’il ait pu emprunter cet exemplaire rarissime à la Bibliothèque du Congrès », a déclaré sa porte-parole Sara Guerrero.

Superman raconte l’histoire d’un super-héros, né sur une planète imaginaire, et envoyé bébé sur Terre. Pour certains, elle est une sorte d’allégorie de l’expérience vécue par ses auteurs Jerry Siegel et Joe Schuster, eux-mêmes immigrants juifs.

Le Représentant élu des États-Unis, Robert Garcia, lors d’une conférence de presse avec des membres du Caucus progressiste du Congrès au siège de l’AFL-CIO à Washington, le 13 novembre 2022. (Crédit : AP Photo/Amanda Andrade-Rhoades)

La Bibliothèque du Congrès s’enorgueillit de la plus grande collection de bandes dessinées de tous les États-Unis, en plus de nombreux artefacts rarissimes, et possède une copie intacte du premier numéro, avec un Clark Kent présenté comme l’Homme d’Acier.

Un autre exemplaire s’est vendu l’année dernière aux enchères pour 5,3 millions de dollars.

Depuis son élection en novembre, Garcia – dont le logo électoral ressemblait au logo vintage de Superman – s’est beaucoup exprimé sur Twitter au sujet de la collection de bandes dessinées de la Bibliothèque du Congrès.

Sa prestation de serment aurait normalement dû avoir lieu mardi, mais a été reportée, tout comme celle d’autres nouveaux membres du Congrès, en raison de l’échec des Républicains – à trois voix près – à faire élire Kevin McCarthy à la présidence, condition sine qua non pour la prestation des nouveaux membres. Les élus de la Chambre des représentants ne peuvent pas officiellement prêter serment, et donc ouvrir quelconque investigation, tant qu’un président n’est pas désigné.

Les élus de la Chambre américaine des représentants doivent reprendre mercredi leur scrutin pour élire un président, après avoir échoué la veille -une première depuis cent ans – lors d’une séance marquée par de fortes tensions dans les rangs républicains.

Grand favori pour remplacer Nancy Pelosi, le quinquagénaire Kevin McCarthy n’était pas parvenu après trois votes successifs à calmer la fronde émanant d’un groupe de trumpistes qui jugent cet élu de Californie trop modéré. Les élus se sont accordés pour suspendre leurs votes le temps de négocier en coulisses.

L’ex-président républicain Donald Trump a critiqué en fin de journée une « agitation superflue » au sein d’un parti dont il souhaite obtenir l’investiture afin de reconquérir la Maison Blanche en 2024.

L’élection du « speaker », le troisième personnage le plus important de la politique américaine après le président et le vice-président, nécessite une majorité de 218 voix. Un seuil que Kevin McCarthy ne parvenait pas à atteindre, une vingtaine d’élus trumpistes ayant décidé de jouer les trouble-fête.

« Il ne faut pas le prendre personnellement, mais l’avenir de notre pays en dépend », a assuré Chip Roy, turbulent élu du Texas.

La candidature de M. McCarthy est pourtant largement soutenue au sein de son parti. L’annonce de sa nomination mardi dans l’hémicycle a été reçue par une grande ovation debout dans les rangs républicains.

Au début du troisième tour, un certain agacement commençait à se faire sentir, les républicains les plus modérés exhortant leurs collègues à se ranger autour de Kevin McCarthy. « Nous sommes venus ici pour accomplir des choses », a plaidé le chef du groupe républicain, Steve Scalise, à quoi les démocrates ont opposé des rires.

Tout au long de cette procédure, le parti de Joe Biden a fait bloc depuis autour de la candidature du chef démocrate Hakeem Jeffries, applaudissant régulièrement l’élu de New York aux sons de « Hakeem, Hakeem, Hakeem! ».

Mais l’élu ne dispose pas non plus d’assez de voix pour accéder au perchoir.

L’élection d’un président de la Chambre des représentants pourrait être l’affaire de quelques heures… ou de plusieurs semaines : en 1856, les élus du Congrès ne s’étaient accordés qu’au bout de deux mois et 133 tours.

Kevin McCarthy semble vouloir donner des gages à cette frange conservatrice pour éviter que l’histoire ne bégaie: en 2015, il avait déjà échoué de peu à devenir président de la Chambre des représentants face à une fronde de l’aile droite du parti.

Mais il ne peut pas se permettre d’aller trop loin et de s’aliéner les républicains modérés.

Bien que sa marge de manoeuvre soit réduite, il n’a pour l’instant pas de concurrent crédible. Seul le nom de l’élu de l’Ohio Jim Jordan circule comme possible alternative, sans que ses chances ne semblent sérieuses.

Aubaine pour Biden ?

Avec les républicains majoritaires à la Chambre, Joe Biden et les démocrates ne pourront pas faire passer de nouveaux grands projets.

Mais avec un Sénat aux mains des démocrates, leurs rivaux non plus.

Se retrancheront-ils dans une opposition systématique? Il faudrait pour cela qu’ils arrivent à faire bloc, alors que certains de leurs élus ont – comme lors du vote du budget avant Noël – voté avec les démocrates.

L’élection du « speaker » sert donc aussi à mesurer leur capacité de nuisance pour le président.

Etre face à une Chambre hostile pourrait se révéler être une aubaine politique pour Joe Biden, s’il confirme son intention de se représenter en 2024 – décision qu’il doit annoncer en début d’année.

Le président s’est d’ailleurs bien gardé de commenter les dissensions républicaines, sa porte-parole Karine Jean-Pierre assurant que le dirigeant démocrate ne se « mêlerait pas de ce processus ».

En cas de paralysie législative, il rejettera sans aucun doute la faute du blocage sur des républicains fragilisés, espérant ainsi tourner la situation à son avantage.

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : example@domain.com
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à gal@rgbmedia.org.
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.