Un parrain de la mafia israélienne figure parmi les suspects arrêtés
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Un parrain de la mafia israélienne figure parmi les suspects arrêtés

Yitzhak Abergil est soupçonné de tentative d'assassinat de son principal rival, Zeev Rosenstein

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le parrain de la mafia, Yitzhak Abergil, devant un tribunal, le 20 mai 2014. (Crédit photo: Flash90)
Le parrain de la mafia, Yitzhak Abergil, devant un tribunal, le 20 mai 2014. (Crédit photo: Flash90)

Le parrain israélien de la mafia, Yitzhak Abergil, fait partie des dizaines de suspects interpellés par la police dans ce qui a été décrit comme un coup de filet majeur dans le milieu du crime organisé, selon des nouveaux détails autorisés mardi à la publication.

Abergil, qui est déjà en prison, est soupçonné d’implication dans une tentative avortée – mais qui a provoqué la mort de trois passants – de liquider un autre gangster de haut-vol, Zeev Rosenstein, il y a plus d’une décennie.

Quelque 44 suspects doivent être entendus mardi par les magistrats de la cour du Rishon Lezion pour statuer sur leur détention provisoire ; une lourde présence policière a été signalée autour du bâtiment.

Parmi les allégations portées contre les détenus, qui devraient inclure d’autres patrons de la pègre de premier plan et leurs associés, figurent des cas d’assassinat, de tentative d’assassinat, de trafic de drogue, de blanchiment d’argent et d’autres infractions.

Yitzhak Abergil et son frère Meir ont été arrêtés en août 2008 en Israël à la suite d’une demande d’extradition américaine, après qu’ils ont été mentionnés dans un acte d’accusation qui les a accusés d’avoir vendu – avec l’aide d’un gang de San Fernando Valley – un million de pilules de MDMA, plus connues sous le nom d’ecstasy et d’avoir payé une membre d’un gang pour tuer un homme soupçonné d’avoir volé une cargaison de drogue.

Abergil a été extradé aux Etats-Unis en janvier 2011.

En mai 2012, Abergil, ayant plaidé coupable dans le cadre d’un accord face aux accusations portées contre lui, a été condamné à 8 ans et demi de prison, dont il a déjà purgé plus de six (y compris le temps passé en prison avant le procès). Son frère Meir a été condamné à 42 mois et a été libéré depuis. Abergil est retourné en Israël en janvier 2014 pour purger le reste de sa peine dans une prison israélienne.

L’ordonnance de non-publication pesant sur l’opération, baptisée « Cas 512 », a été partiellement levée mardi par le tribunal, permettant la divulgation de nouvelles informations sur ce que le chef de la police, Yohanan Danino, a qualifié de « l’une des enquêtes les plus importantes jamais menées contre les organisations criminelles dans la période récente ».

Deux témoins d’État auraient été impliqués dans l’enquête, qui a connu un élan en 2008, lorsque la police a découvert le cas de la tentative d’assassinat ratée contre Rosenstein en 2003, conduisant à des percées dans six autres cas de meurtres et 15 tentatives de meurtre.

Le parrain de la pègre Zeev Rosenstein au tribunal de Ramleh, au Sud de Tel-Aviv, le 12 janvier 2010 (Crédit photo: Yossi Zeliger / Flash90)
Le parrain de la pègre, Zeev Rosenstein, au tribunal de Ramleh, au sud de Tel-Aviv, le 12 janvier 2010 (Crédit photo: Yossi Zeliger / Flash90)

Rosenstein, grand rival d’Abergil à l’époque, a été la cible d’une attaque à la bombe dans une rue de Tel-Aviv.

Bien que Rosenstein ait survécu à la tentative d’assassinat, trois passants innocents ont été tués et 18 personnes blessées dans l’explosion, qui a eu lieu durant la Deuxième Intifada, quand les Israéliens étaient ciblés par des attentats-suicides répétés de la part des Palestiniens.

Rosenstein, comme Abergil, a fait face plus tard à des accusations de trafic de drogue aux États-Unis. Il a été extradé par Israël et a été condamné en 2007 à 12 ans de prison, qu’il a commencé à purger en Israël.

D’autres crimes seraient liés à Abergil – dont une première tentative d’assassinat contre Rosenstein, la disparition en Afrique du Sud de Micah Ben-Harush, une autre personnalité de la mafia israélienne et la mise en place d’un énorme réseau international de trafic de stupéfiants, a rapporté le site Walla News.

Au total, le « cas 512 » englobe quelque 40 enquêtes sur des crimes commis au cours des 12 dernières années par environ 50 suspects.

Dimanche dernier, plus de 50 suspects avaient été appréhendés à travers Israël à leur domiciles et transportés pour subir un interrogatoire, pendant que la police saisissait des véhicules, des propriétés et des comptes bancaires.

Le raid a été l’aboutissement d’une enquête de plusieurs années menée par l’unité anti-fraude Lahav 433 de la police d’Israël, conjointement avec le district de la police de Tel-Aviv.

L’avocat Sharon Nahari, qui représente certains des suspects, a minimisé l’importance des arrestations, rappelant, sur les ondes de la radio de l’armée, que ce n’était pas la première fois que la police faisait des déclarations grandioses concernant des arrestations et le crime organisé.

« Je pense que nous devons attendre et examiner exactement quelles sont les preuves, avant de tirer des conclusions », a-t-il dit.

Les responsables israéliens ont promis au cours des dernières années d’intensifier les opérations contre le crime organisé, suite à une série d’explosions de voitures liées à la mafia qui ont secoué les villes israéliennes.

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