Un père haredi qui empêchait le divorce de son fils condamné à de la prison en Israël
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Un père haredi qui empêchait le divorce de son fils condamné à de la prison en Israël

L’homme a été condamné à 30 jours de prison, une peine sans précédent pour une tierce partie dans une affaire de divorce

Un homme devant la cour rabbinique de Jérusalem, le 1er mars 2011. Illustration. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Un homme devant la cour rabbinique de Jérusalem, le 1er mars 2011. Illustration. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Un homme haredi qui a exhorté son fils à refuser d’accorder le divorce à son épouse purgera une peine de prison, après avoir perdu son appel devant la plus haute cour rabbinique d’Israël.

La Haute cour rabbinique de Jérusalem a confirmé lundi dernier la peine de 30 jours de prison du père, établissant ainsi un précédent pour condamner une partie tierce dans un cas de divorce, a annoncé le site d’informations NRG.

Le père, dont le nom n’a pas été publié, a été la force conductrice du refus de son fils d’accorder pendant des années le divorce à sa femme handicapée, selon une enquête indépendante sur l’affaire menée par la Cour rabbinique régionale de Tel Aviv avant qu’elle ne condamne le père en mars.

En Israël, les problèmes de mariage sont sous la juridiction des tribunaux religieux.

Dans le judaïsme orthodoxe, un mariage ne peut être défait sans que l’homme ne consente à un guet, le mot hébreu pour divorce. Les cours rabbiniques ne peuvent pas forcer un homme à l’accorder à son épouse, mais ils peuvent infliger de sévères punitions et une honte publique à quiconque refuserait injustement d’accorder un guet, transformant ainsi une femme en une agounot, une femme « enchaînée ».

Les agounot ne peuvent pas se remarier dans le cadre de la loi juive, et tout enfant qu’elles pourraient avoir avec un nouvel époux serait considéré comme illégitime.

Le mois dernier, la Haute cour rabbinique a condamné un homme à cinq ans de prison pour refus d’accord le guet à son épouse.

L’affaire examinée lundi à Jérusalem impliquait un couple haredi qui s’était marié il y a 19 ans et vivait aux Etats-Unis avec leurs deux enfants. L’épouse a été handicapée il y a dix ans par un sévère accident vasculaire cérébral pendant qu’elle était en Israël avec son mari et ses enfants. Le mari était retourné aux Etats-Unis ; sa femme était restée en Israël avec les enfants. Il avait ensuite constamment refusé ses demandes de divorce, a priori en raison de l’objection de son père.

Une injonction empêchant le père de quitter Israël avait été délivrée cette année, quand il était dans le pays pour une visite familiale. Il est actuellement en Israël et l’injonction restera en application jusqu’à la décision finale de la cour sur l’affaire, selon le site d’informations Walla.

La cour avait également ordonné au père de payer 23 600 dollars, dont la moitié est destinée à l’épouse enchaînée.

Les trois juges, tous des hommes, ont également jugé que le père avait piégé Shlomo Amar, grand rabbin de Jérusalem et ancien grand rabbin séfarade d’Israël, pour qu’il semble se prononcer contre la condamnation du père.

« Il se trouve qu’il y a eu un acte de tromperie délibérée par ceux agissant au nom de l’accusé, qui n’a pas donné certaines informations à l’honorable rabbin Amar et a agi sans sincérité pour présenter ses paroles comme si elles constituaient un décret halakhique relevant de cette affaire », ont écrit les juges.

Le bureau d’Amar n’a pas fait de commentaire à ce sujet, a annoncé NRG.

Le père condamné à de la prison à fait appel devant la Cour suprême israélienne, la plus haute autorité judiciaire du pays, qui devrait examiner ce cas ce mois-ci.

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