Un pigiste licencié pour une blague contre l’aide américaine à Israël ?
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Un pigiste licencié pour une blague contre l’aide américaine à Israël ?

Le chroniqueur Nathan Robinson affirme que le rédacteur-en-chef américain du Guardian a jugé son tweet fallacieux, et l’a mis sur la touche ; le journal conteste

Illustration : le quotidien britannique The Guardian vendu dans une supérette à Londres, le 12 septembre 2005. (AP Photo / Lefteris Pitarakis)
Illustration : le quotidien britannique The Guardian vendu dans une supérette à Londres, le 12 septembre 2005. (AP Photo / Lefteris Pitarakis)

Un collaborateur de longue date du Guardian a déclaré que le journal avait cessé de publier ses articles en raison d’un tweet, dans lequel il plaisantait que le Congrès américain était légalement obligé de faire de « l’achat d’armes pour Israël » une partie de toute dépense.

Nathan Robinson, 30 ans, a écrit mercredi sur son site Web Current Affairs que l’édition américaine du quotidien britannique l’avait informé de sa décision de ne plus publier ses articles, à cause de deux tweets qu’il a publiés en décembre.

Un porte-parole du Guardian a nié cette affirmation, affirmant que le journal « accueillerait » ses futurs articles.

Dans ses tweets sur Israël, Robinson a écrit : « Saviez-vous que le Congrès américain n’est en fait pas autorisé à valider de nouvelles dépenses à moins qu’une partie de celles-ci ne soit consacrée à l’achat d’armes pour Israël ? C’est la loi. » En outre, « ou si ce n’est pas réellement la loi proprement dite, elle est en revanche tellement ancrée dans la coutume politique qu’elle est techniquement impossible à distinguer de la loi ».

Sur Current Affairs, Robinson a écrit qu’il était « consterné et abattu que de nouveaux fonds pour les missiles israéliens doivent être adoptés en parallèle de l’aide d’urgence pitoyable pour assister la population face à la crise due à la COVID-19 ». Le tweet sur les dépenses était clairement une blague, a-t-il écrit, pour « soulager ma colère ».

Robinson a raconté que certains sur Twitter l’avaient accusé de faire des commentaires antisémites. Il a partagé une capture d’écran d’un e-mail du rédacteur-en-chef du Guardian, John Mulholland, qui lui a écrit pour se plaindre du fait que le tweet était fallacieux et inapproprié pour un chroniqueur du Guardian « étant donné le discours ambiant l’année passée – et auparavant – sur la façon dont les “groupes/associations juifs au pouvoir imaginaire influencent toutes les formes de la vie publique américaine. »

Mulholland, selon le courrier électronique, a dénoncé la propagation de « fake news » à ce sujet.

Robinson a déclaré qu’il avait alors supprimé son tweet et s’était excusé auprès de Mulholland d’avoir écrit quelque chose qui pourrait être mal interprété. Il a affirmé n’avoir jamais écrit sur Israël par le passé, et craindre d’avoir mis en péril sa collaboration avec The Guardian, qui lui rapporte environ 15 000 dollars par an.

Mais Robinson affirme que depuis ce jour-là, tous ses articles ont été rejetés par le journal et qu’on lui avait clairement fait comprendre que son tweet avait conduit Mulholland à s’opposer à la publication de ses travaux.

Un porte-parole du Guardian a déclaré que si Robinson « a écrit régulièrement pour The Guardian US, il n’est ni un employé du personnel ni sous contrat. Il n’est donc pas vrai qu’il ait été ‘congédié’. »

Le porte-parole a ajouté que le journal « accueillerait favorablement d’autres contributions de sa part à l’avenir ».

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