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Un pique-nique dans un camp de concentration

Le procureur de la République de Saverne a diligenté une enquête pour "apologie de crimes contre l'Humanité" et "provocation à la haine ou la violence"

François Hollande à la cérémonie de commémoration de Struthof, le 26 avril 2015. (Crédit : Patrick Hertzog/Pool/AFP/Dossier)
François Hollande à la cérémonie de commémoration de Struthof, le 26 avril 2015. (Crédit : Patrick Hertzog/Pool/AFP/Dossier)

L’ambassadrice d’Israël à Paris, Aliza Bin Noun, rapportait le 1er avril dernier cette information « nauséabonde ».

A Saverne, en Alsace-Lorraine, un projet est apparu sur Facebook invitant a une « visite pique-nique au Stuthof », le camp de concentration de Natzweiler, comme le rapporte le quotidien relayé par l’ambassade.

« C’est un membre du Consistoire israélite du Bas-Rhin qui a détecté la publication le 20 mars dernier, rapporte le journal. En parcourant les multiples commentaires relatifs à l’événement, il a découvert des propos antisémites ».

Le procureur de la République de Saverne a diligenté une enquête pour « apologie de crimes contre l’humanité » et « provocation à la haine ou la violence ». La gendarmerie cherche à identifier les deux organisateurs et connaître leurs motivations.

Lors d’un déplacement en 2015, François Hollande rappelait que « la seule chambre à gaz, le seul camp de concentration qui a été installé sur le sol de France » a été le Struthof. « Ce qui s’est passé ici est un crime atroce qui s’est produit en Europe et qui a été le fait d’Européens », avait-il rappelé.

Le Struthof est le premier camp de concentration découvert par les Alliés lors de leur offensive à l’ouest de l’Allemagne. Lieu de détention de 52 000 déportés (dont 22 000 périrent), il fut libéré le 23 novembre 1944 mais les prisonniers avaient été pour la plupart déjà été transférés vers Dachau et Auschwitz, plus à l’est.

La chambre à gaz servait essentiellement à des expérimentation médicales de gaz de combat sur les détenus. 86 Juifs, venus d’Auschwitz, y furent aussi assassinés et leurs corps entreposés à l’université de Strasbourg, par les nazis qui voulaient en faire des spécimens d’une race vouée à l’extermination.

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