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Un policier tire en l’air après avoir été encerclé par des émeutiers Haredi

Les reporters et les photographes des deux grandes chaînes de télévision, la Treizième chaîne et le radiodiffuseur public Kan, ont été attaqués à Bnei Brak

Un policier pointe son arme en l'air lors d'un affrontement avec des émeutiers ultra-orthodoxes qui protestaient contre l'application d'un confinement ordonné en raison du coronavirus, dans la ville de Bnei Brak, le 24 janvier 2021. (Tomer Neuberg/Flash90)
Un policier pointe son arme en l'air lors d'un affrontement avec des émeutiers ultra-orthodoxes qui protestaient contre l'application d'un confinement ordonné en raison du coronavirus, dans la ville de Bnei Brak, le 24 janvier 2021. (Tomer Neuberg/Flash90)

Un officier de police aurait tiré des coups de semonce dimanche après-midi après avoir été encerclé et bousculé par des émeutiers extrémistes ultra-orthodoxes alors qu’il faisait respecter les règles de confinement à Bnei Brak.

Le policier a dit sentir un « coup de couteau » dans le dos avec un objet contondant et a donc tiré des coups de semonce pour les repousser, selon un communiqué de la police diffusé en fin d’après-midi.

Le policier a subi des blessures à la tête et reçoit des soins médicaux.

« Nous nous efforcerons de localiser et de traduire en justice les contrevenants », a ajouté la police.

Face aux accusations de violence contre les policiers qui font leur travail en essayant de faire respecter le confinement contre le coronavirus, des ultra-orthodoxes interviewés à la télévision ont employé des images de la Shoah pour décrire la force excessive dont auraient fait usage les policiers.

Nathan Rosenblatt, un habitant de Modiin Illit, a évoqué sur la Douzième chaîne « la Nuit de cristal que la police a menée à Bnei Brak la semaine dernière », en référence à la triste « nuit du verre brisé » en 1938, lorsque les forces nazies ont détruit des biens juifs en Allemagne, dont des centaines de synagogues et des milliers de commerces, et arrêté plus de 30 000 hommes juifs.

Plus tôt, un représentant du mouvement extrémiste de la Faction de Jerusalem avait accusé les policiers de mener des « pogroms », dans une interview accordée à la Douzième chaîne.

Dans la ville majoritairement ultra-orthodoxe au sud de Tel Aviv, des affrontements avaient éclaté alors que les forces de l’ordre tentaient de fermer des écoles liées à la dynastie hassidique Vizhnitz, dont le grand-rabbin a statué, samedi, que les institutions d’enseignement devaient rester ouvertes avant de faire apparemment volte-face quelques heures plus tard.

La police avait noté en réponse à ces violences qu’elle continuerait à mettre en vigueur « dans toutes les communautés » les directives adoptées dans le cadre de la lutte contre la pandémie.

Une foule extrémiste a plus tard agressé les reporters et les photographes des deux grandes chaînes de télévision, la Treizième chaîne et le radiodiffuseur public Kan, leur lançant divers objets, dont des pierres.

Des images montrent les journalistes courant dans la rue, ne parvenant pas à fuir les attaques, demandant aux propriétaires de magasins de leur fournir un abri.

Les manifestants protestaient contre les efforts déployés par la police pour renforcer l’application des règles de confinement au sein de la communauté Haredi, où les violations ont été nombreuses ces dernières semaines. Certaines écoles ultra-orthodoxes ont continué à ouvrir leurs portes en violation des règles.

Le confinement, qui est dans sa troisième semaine et qui durera jusqu’au 31 janvier, a induit la fermeture de toutes les entreprises dites « non-essentielles » ainsi que du système de l’éducation tout entier, à l’exclusion de l’enseignement en direction des publics à besoins particuliers.

Pendant ce temps, des centaines d’hommes du mouvement extrémiste de la Faction de Jerusalem se sont rassemblés à un carrefour principal de la ville – sans masques ni distanciation – pour protester contre l’application de la loi.

Ils affirment que les autorités ont « décidé de faire obstacle au public ultra-orthodoxe de toutes les manières possibles, tout en utilisant des méthodes violentes et sombres réservées à des régimes que nous pensions disparus de ce monde ».

Dans le quartier Mea Sharim de Jérusalem, des centaines de personnes ont affronté la police dans la matinée qui tentait de faire fermer une yeshiva qui avait illégalement ouvert ses portes.

La police a expliqué que les agents qui étaient arrivés à la yeshiva (séminaire religieux) avaient été rapidement entourés par une foule qui leur avait crié des insultes tout en jetant des poubelles et autres détritus dans leur direction.

Une vidéo de l’incident a montré un certain nombre de personnes qualifiant les agents de « nazis » et de « kapos », le nom donné aux collaborateurs juifs qui avaient dû servir le Troisième reich.

La police a signalé qu’une personne avait été arrêtée et que des camions portant des canons à eau avaient été ultérieurement acheminés pour disperser les personnes présentes.

Dans la ville côtière d’Ashdod, dans le sud du pays, la police a été prise à partie lorsqu’elle a tenté d’interrompre les cours qui étaient donnés dans une école élémentaire haredi malgré les directives interdisant les classes en présentiel adoptées par le ministère de la Santé et le ministère de l’Education.

Selon les forces de l’ordre, plusieurs dizaines de personnes arrivées sur les lieux ont essayé de rentrer de force dans l’établissement et se sont opposées aux agents qui se trouvaient à l’intérieur. La police a ajouté que quatre agents avaient été blessés et que la clôture qui entoure l’école a été endommagée.

Les manifestants qui se sont rassemblés aux abords de l’établissement ont aussi bloqué le trafic et se sont heurtés aux agents de police, a poursuivi le communiqué. Quatre personnes ont été arrêtées.

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