Un projet archéologique liste 20 000 sites à risque au Moyen Orient et en Afrique du Nord
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Un projet archéologique liste 20 000 sites à risque au Moyen Orient et en Afrique du Nord

L’extrémisme islamique et d’autres facteurs destructifs mettent en danger les cultures des fondations de la civilisation

Amanda Borschel-Dan édite la rubrique « Le Monde Juif »

Les ruines de la "Cella" du Temple de Bel dans la ville syrienne antique de Palmyre, qui a été détruit par les jihadistes de l'Etat islamique, le 31 mars 2016. (Crédit : Joseph Eid/AFP)
Les ruines de la "Cella" du Temple de Bel dans la ville syrienne antique de Palmyre, qui a été détruit par les jihadistes de l'Etat islamique, le 31 mars 2016. (Crédit : Joseph Eid/AFP)

Alors que le groupe terroriste Etat islamique mène une campagne de vandalisme et de nettoyage culturel à Palmyre, 20 000 autres sites archéologiques sont aussi en danger au Moyen Orient et en Afrique de Nord.

Le mois dernier, un projet de préservation archéologique a lancé une base de données en ligne en anglais et en arabe pour attirer l’attention et appeler les responsables gouvernementaux des pays touchés à prendre des mesures de protection.

Le projet, Archéologie en danger au Moyen Orient et en Afrique du Nord (EAMENA), a développé une base de données spatiale qui indique le niveau de risque affronté par chaque site archéologique et son histoire.

Fondé en 2015, le projet est basé dans les universités d’Oxford, de Leicester et de Durham, et est soutenu par l’œuvre caritative Arcadia, qui a remis depuis 2002 75 financements, pour un total de 207 millions de dollars, pour « préserver la culture en danger. »

Avec la montée de l’Etat islamique et de l’extrémisme dans la région, le besoin de cette préservation culturelle est palpable. Selon un rapport publié en 2014 par un think-tank de droite, l’Institut Gatestone, intitulé « La destruction du Moyen Orient », le patrimoine de plusieurs siècles a été effacé en un peu plus d’un an.

Carte du projet Archéologie en danger au Moyen Orient et en Afrique du Nord (EAMENA). (Crédit : autorisation)
Carte du projet Archéologie en danger au Moyen Orient et en Afrique du Nord (EAMENA). (Crédit : autorisation)

Cependant, puisque beaucoup des régions des ruines à risque sont situées dans des zones de guerre, selon un communiqué de presse, « le projet utilise des images satellites pour enregistrer rapidement et rendre publiques les informations sur les sites archéologiques et les paysages qui sont menacés. »

Selon le site de l’EAMENA, « même si tous les dégâts et les menaces portés à l’archéologie de la région du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord ne peuvent être empêchés, ils peuvent être surveillés et atténués. »

Toutes les menaces ne proviennent pas de conflit armé. L’une des entrées de la base de données concerne la ville de Jéricho, en Cisjordanie, qui est située par le site dans l’ « Etat de Palestine. » Site biblique majeur, les ruines de l’implantation remontant à 9 000 ans avant le début de l’ère commune ont été retrouvées pendant des fouilles archéologiques.

Un site associé à celui de Gilgal dans la Bible, à proximité de Jéricho. Illustration. (Crédit : RGrobman/CC-BY/Wikipedia)
Un site associé à celui de Gilgal dans la Bible, à proximité de Jéricho. Illustration. (Crédit : RGrobman/CC-BY/Wikipedia)

Malheureusement, le site est aujourd’hui considéré comme étant dans un état « pauvre ». Les « facteurs d’impact potentiel sur les ressources » sont le développement et la construction.

« L’archéologie du Moyen Orient et de l’Afrique du Nord est exceptionnellement riche et variée, et donne un aperçu de certaines des cultures les plus précoces et les plus importantes de l’histoire humaine », a déclaré le Dr Robert Bewley de l’université d’Oxford, qui dirige le projet EAMENA. « Ceux qui cherchent à abîmer délibérément les sites archéologiques attaquent notre héritage culturel commun. »

Avec les outils de cette base de données, le monde pourrait se rapprocher d’une surveillance archéologique.

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