Un soldat condamné à 18 mois de prison pour la mort accidentelle d’un camarade
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Un soldat condamné à 18 mois de prison pour la mort accidentelle d’un camarade

La famille du défunt avait réclamé une condamnation relativement légère pour le tireur, un sergent de l'unité d'élite Duvdevan

Shahar Strug (Crédit : porte-parole de l'armée israélienne)
Shahar Strug (Crédit : porte-parole de l'armée israélienne)

Un tribunal militaire a condamné dimanche un soldat de l’unité d’élite Duvdevan à 18 mois d’emprisonnement pour avoir accidentellement tué un camarade avec son arme, au début de l’année.

Une enquête interne de l’armée a établi que le sergent Shahar Strug avait été tué par accident après que le sergent – qui ne peut être identifié que par la première lettre de son nom en hébreu, « nun » – a déchargé son arme dans les baraquements de l’unité avant une session d’entraînement, le blessant mortellement.

Cette peine relativement légère a été décidée à l’issue d’un processus de médiation. Il a pris en compte le caractère inattendu de la tragédie et le soutien apporté par la famille de Strug au tireur – ainsi que les antécédents de ce dernier au cours de sa vie militaire. Durant l’investigation, les magistrats ont également découvert que le type de jeu – impliquant une arme – ayant mené à la mort du soldat était commun au sein de l’unité Duvdevan, un fait qui a motivé l’ouverture de plusieurs enquêtes de la part des militaires.

La défense de « nun » a affirmé avec succès que l’accusation devait être requalifiée, passant de meurtre – qui prévoit une condamnation maximale de 20 ans – à homicide par négligence, un crime sanctionné d’une peine maximum de trois ans.

Le mois dernier, l’armée avait annoncé qu’elle demanderait des comptes à plusieurs officiers qui, selon elle, ont échoué de manière régulière à faire respecter les protocoles de sécurité en matière d’armement.

Les militaires ont déclaré que la chaîne entière de commandement, jusqu’au commandant de l’unité, avait été sanctionnée ou réprimandée en raison de l’incident et de la culture qui l’a autorisé à survenir.

Une enquête interne a établi que les commandants n’avaient pas suffisamment agi pour empêcher l’accident au cours duquel Strug a trouvé la mort.

« La commission [d’enquête] a découvert une culture inadéquate d’usage illégal des armes dans l’équipe de combattants à laquelle les deux hommes appartenaient et il est apparu qu’il ne s’agissait pas d’un incident isolé », a dit l’armée dans un communiqué.

Selon l’acte d’accusation, « nun » et Strug étaient en train de jouer avec les pistolets Glock-19 fournis par l’armée dans leur caserne sur la base de Nachson, au centre la Cisjordanie, à l’approche d’un exercice, tirant leurs armes de leurs étuis alors qu’il se tenaient l’un en face de l’autre.

Strug, âgé de 20 ans et originaire de Givatayim, avait bloqué le canon de son pistolet avec un embout de sécurité en plastique. Pourtant, « Nun » ne l’avait pas fait et il avait chargé son pistolet, selon l’acte d’accusation.

Après que l’accusé a sorti son arme, il avait visé dans le torse de la victime et appuyé sur la gâchette. « En conséquence des actions de l’accusé, une balle a été tirée du pistolet, qui a atteint la victime au torse, la tuant », était-il écrit sur l’acte.

La commission d’enquête interne du Commandement du Centre avait mis en évidence le fait que l’unité avait des antécédents de violations des règles de sécurité en matière d’armes à feu.

Lors d’un incident rendu public et qui s’était déroulé en 2015, deux soldats de l’unité Duvdevan s’étaient filmés en train de tuer un chameau passant à côté dans leur voiture alors qu’ils étaient en permission.

« La commission a déterminé qu’il y avait une surveillance insuffisante de la part des commandants pour empêcher cette utilisation des armes en violation des ordres et des protocoles, en dépit de la prise de conscience que de tels incidents peuvent survenir, après trois autres incidents similaires au cours desquels une balle avait été tirée accidentellement au sein de l’unité », a expliqué l’armée.

Dans ce contexte, une promotion prévue pour le commandant de l’unité, un lieutenant colonel, avait été annulée, et il ne pourra pas monter en grade avant au moins deux ans.

Le commandant du peloton, un major, avait reçu une « réprimande sévère », a dit l’armée. Lui aussi ne pourra pas obtenir de promotion pendant au moins deux ans.

Le chef de l’équipe de Strug, un lieutenant, et le sergent de l’équipe avaient été démis de leurs fonctions.

Pour des raisons de sécurité, les officiers et le sergent ne peuvent pas être identifiés par leur nom.

L’armée a noté que la commission d’enquête a proposé un certain nombre de modifications dans les règles de sécurité des armes de l’unité, et le chef d’état-major, Gadi Eizenkot, a approuvé ces modifications.

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