Un vaccin contre des virus dont le COVID-19 en cours de développement en Israël
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Un vaccin contre des virus dont le COVID-19 en cours de développement en Israël

L'Institut de recherche Migal Galilée, financé par l'Etat, travaille depuis quatre ans sur un vaccin qui pourrait être adapté pour lutter contre le nouveau coronavirus

Une chercheuse travaille en laboratoire à Migal dans une photo sans date publié par l'institut de recherche. (Crédit : Lior Journo)
Une chercheuse travaille en laboratoire à Migal dans une photo sans date publié par l'institut de recherche. (Crédit : Lior Journo)

Développé en Israël, un vaccin efficace contre le coronavirus est prêt à être testé d’ici « quelques semaines ». Il ne sera pourtant pas disponible avant des mois à cause de la lenteur, et parfois de la bureaucratie, qui entoure le processus de test, a déclaré mardi un membre de l’équipe de recherche.

Chen Katz a déclaré au Times of Israël que le nouveau vaccin oral pour les adultes et enfants pourrait « transformer cette maladie en un coup de froid très doux ». Il a dit que pour beaucoup de gens vaccinés et ensuite infectés par le Covid-19, « le virus ne les affecterait potentiellement pas du tout ».

Les rapides progrès réalisés par l’Institut de recherche Migal Galilée, financé par l’État, provient du fait que l’équipe travaille depuis quatre ans sur un vaccin qui pourrait être adapté pour plusieurs virus. L’équipe a maintenant focalisé son travail sur le coronavirus, a-t-il dit.

Alors que le ministre israélien de la Science a fait la une des journaux la semaine dernière pour avoir vanté le travail de l’institut et pour avoir déclaré que son vaccin pourrait être prêt d’ici trois mois, le Dr Asher Shalon, directeur des relations internationale du ministère de la Santé, a prévenu qu’il donnait de « faux espoirs ».

Dr. Chen Katz (Crédit)

Le vaccin consistera en une protéine produite spécifiquement, et Chen Katz a fait savoir qu’il s’attendait à en avoir un flacon d’ici « quelques semaines ». Mais vient ensuite la période d’essais cliniques, qui aura lieu en coopération avec un partenaire, et la bureaucratie, deux étapes qui prendront du temps.

Responsable du département biotechnologie à l’Institut, Chen Katz a déclaré « au moment où la protéine sera prête, nous espérons avoir trouvé le bon partenaire qui pourra nous faire passer la phase clinique. Les tests cliniques en eux-mêmes ne sont pas si longs, et nous pouvons les réaliser en 30 jours, plus 30 jours pour les essais humains. La bureaucratie – régulation et papiers – prend le plus de temps ».

On pourrait aussi prendre du temps à cause des « moments d’attente » entre les différentes étapes de la procédure, jusqu’à ce que les régulateurs donnent leur accord pour aller de l’avant.

Dr. Asher Shalmon (Crédit)

Il a parlé de l’enthousiasme ressenti par son équipe quand il a réalisé que la recherche qu’ils avaient menée pendant quatre ans pourrait aider à lutter contre le coronavirus. « L’opportunité est incroyable ici, a-t-il dit. Tout monde veut savoir que nous pouvons contribuer à quelque chose pour l’humanité et, quand nous avons compris que nous avions les bons outils, alors c’est devenu très palpitant »

Son équipe est devenue une source d’espoir pour beaucoup de personnes dans le monde depuis qu’il a révélé le 27 février qu’il travaillait sur le vaccin. Elle a indiqué qu’elle espérait obtenir une « autorisation de sécurité » d’ici 90 jours.

Pendant quatre ans, les recherches de l’équipe de Chen Katz se sont focalisées sur le développement d’un vaccin qui pourrait être adapté spécifiquement à différents virus. L’équipe se focalisait sur le virus de la bronchite infectieuse, mais alors que le nouveau coronavirus est arrivé en Chine, elle a adapté son vaccin au Covid-19.

L’annonce du 27 février a suscité de fortes attentes parmi le public, laissant espérer que la population serait rapidement protégée contre le coronavirus, ce qui a poussé Asher Shalom à s’exprimer contre les « faux espoirs ».

Chen Katz a clarifié que la période de 90 jours annoncée dans le communiqué du 27 février commencerait quand le produit serait prêt pour les essais humains. Il a dit qu’il pensait encore que c’était réaliste. Selon lui, les personnes sceptiques devraient comprendre que son équipe ne travaille pas sur une nouvelle recherche, mais plutôt sur l’adaptation d’une innovation qui existe déjà, et il est donc réaliste de penser que les choses peuvent avancer rapidement. Il a déclaré : « Il est important de savoir que nous travaillions à un vaccin, sans lien avec cette épidémie, et c’est un grand avantage ».

Il a expliqué que le processus de développement du vaccin était suffisamment avancé si bien que son équipe de dix personnes n’avait pas besoin du virus. L’équipe est tout simplement allée sur internet peu après le début de l’épidémie, a trouvé la séquence du virus qui avait été publiée et s’est mise au travail.

Il a indiqué que le vaccin aura une double action, en déployant deux moyens de protéger les gens du coronavirus.

La première protection provoque une réaction dans la bouche pour empêcher le Covid-19 d’entrer dans l’organisme. Chen Katz a expliqué : « Nous développons les protéines nécessaires pour notre technologie de vaccination orale. Il existe des protéines spéciales qui, quand elles sont pulvérisées dans la bouche, pénètrent dans les cellules épithéliales à l’intérieur de la bouche et activent une réponse immunitaire de la muqueuse, entraînant une réponse immunitaire de notre organisme qui protège le point d’entrée du virus ».

Le deuxième niveau de protection se met en action si le Covid-19 pénètre quand même dans l’organisme. Il va doper le système immunitaire de telle sorte « que quand des particules virales pénètrent, il y aura une protection immunitaire, avec les anticorps et les globules blancs nécessaires ».

Il a expliqué que le vaccin sera administré par spray oral et protégera les gens entrés en contact avec le virus deux semaines après l’inoculation. Il a souligné : « Ce n’est pas un médicament, pas un traitement, ce n’est que préventif ».

Quand le Times of Israël s’est entretenu avec lui mardi, l’équipe de Katz, comme beaucoup en Israël, fêtait Pourim avec des déguisements originaux – une perruque dans le cas de Katz – et des oreilles d’Aman. Le chercheur a expliqué qu’il n’y avait pas grand-chose que l’équipe pouvait faire pour accélérer son travail, dans la mesure où elle doit attendre des processus chimiques qui prennent leur temps. « C’est de la biologie, alors cela prend du temps », a-t-il noté.

Une bonne partie du travail est réalisée par des bactéries, a-t-il précisé, expliquant une partie centrale de la procédure : « Nous prenons l’ADN du virus et nous introduisons les bactéries, et les bactéries produisent les protéines virales ».

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