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Une ado exclue d’un spectacle municipal en raison de la présence d’un haredi

La jeune fille de 13 ans n'a pu chanter comme cela était prévu parce qu'elle risquait d'offenser un homme ultra-orthodoxe présent dans le public ; les responsables se sont excusés

Eliana Hayut. (Autorisation)
Eliana Hayut. (Autorisation)

Une adolescente s’est vu interdire de chanter lors d’un spectacle municipal dimanche parce qu’elle risquait d’offenser un homme ultra-orthodoxe présent dans le public.

Le responsable de l’éducation au sein du conseil régional de Merom HaGalil s’est par la suite excusé de sa décision de supprimer la participation d’Eliana Hayut, 13 ans, lors d’un intermède musical au cours d’une conférence sur l’éducation organisée par le conseil, et il a déclaré qu’il s’agissait d’une mauvaise décision prise sous le coup de la pression.

Le conseil, qui administre une région du nord d’Israël, a déclaré que l’incident était dû à un « malentendu » et il a également présenté ses excuses.

En vertu de la législation israélienne, la discrimination fondée sur le sexe est interdite dans l’espace public ou lors d’événements municipaux.

« J’ai été très contrariée que l’on ait annulé ma participation à la conférence », a déclaré Eliana à la Douzième chaîne dans un reportage diffusé lundi. « J’estime qu’il n’est pas juste de faire de la discrimination, qu’il n’est pas juste de m’avoir empêcher de chanter. »

Sa mère, Avigaïl Hayut, a expliqué que sa fille fréquentait un conservatoire de musique local et qu’elle était « une sorte de star » dans son école, où elle était connue pour ses talents de chanteuse.

La semaine dernière, son professeur lui avait demandé de se produire lors de la conférence organisée au conservatoire et l’adolescente avait passé du temps à se préparer pour l’événement. Mais juste avant que la famille ne quitte la maison pour se rendre à la conférence, Avigaïl avait reçu un message Whatsapp lui annonçant qu’Eliana ne pouvait pas chanter en raison d’un « problème halakhique« .

La loi juive orthodoxe – ou halakha – interdit aux hommes d’entendre les femmes chanter dans de nombreux contextes, considérant que la voix féminine est impudique. Cette question a déjà suscité des remous en Israël, en particulier lors de représentations publiques.

« À mon grand regret, ils n’ont pas approuvé le fait que les femmes chantent », a écrit l’enseignante à la mère dans le message WhatsApp.

« Ce n’est pas normal », a déclaré la mère de l’adolescente à la Douzième chaîne. « Ce n’est pas possible qu’à l’école qu’elle fréquente, on l’écarte de la scène parce que c’est une fille. »

Avigaïl a ajouté qu’elle avait rapidement réuni quelques femmes pour se rendre à la conférence, où elles ont interpellé le chef du département de l’éducation du conseil, un homme ultra-orthodoxe qui leur a dit qu’il n’avait pas autorisé les femmes à chanter à la conférence.

Le chef du département de l’éducation, identifié par Haaretz comme étant Avi Chipnik, a expliqué qu’un homme haredi devait assister à la conférence et qu’il ne voulait pas qu’Eliana soit offensée si l’homme se levait et partait lorsqu’elle commencerait à chanter. Au lieu de cela, il a décidé de l’exclure du spectacle.

Le père d’Eliana, qui se décrit comme « traditionnel », a déclaré que de tels incidents ne font qu’éloigner de la religion.

« Nous respectons la religion et les traditions, mais ce qui s’est passé n’est pas correct », a-t-il déclaré.

Lundi, Chipnik a présenté ses excuses à la famille en expliquant que, « dans le feu de l’action », alors qu’il organisait l’événement, il avait été informé qu’Eliana chanterait.

« Comme je savais que le public comprendrait également des membres ultra-orthodoxes [qui quitteraient la salle lorsqu’Eliana commencerait à chanter], j’ai eu peur qu’Eliana soit offensée et blessée par cela et j’ai voulu l’épargner. »

« J’ai eu tort, il aurait été plus correct de profiter du talent d’Eliana et de voir à ce moment-là si quelqu’un de l’auditoire allait partir », a-t-il écrit. « J’ai blessé une jeune fille précieuse et talentueuse et j’en suis désolé. »

Le conseil régional de Merom HaGalil a déclaré dans un communiqué que « lors de l’événement d’hier soir, il y a eu un malentendu spécifique et malheureux qui n’est en aucun cas… la politique du conseil ».

« Nous présentons nos excuses à toutes les personnes qui ont été blessées », ajoute le communiqué. « Nous continuerons à maintenir une politique d’inclusion, d’acceptation et de respect mutuel entre tous les différents secteurs qui y vivent. »

Le groupe activiste Israel Women’s Network a tweeté le reportage de la Douzième chaîne sur l’incident avec la remarque « à lire mais dur à croire ». « Une fois de plus, on nous exclut de l’espace public à cause d’un ‘problème halakhique‘. »

Le conseil couvre une zone située le long de la frontière nord avec le Liban, qui comprend 24 communautés allant des ultra-orthodoxes aux religieux nationalistes, en passant par les laïcs.

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