Une aide allemande promise aux Palestiniens temporairement bloquée
Des députés conservateurs estiment qu'il "fallait éclaircir à quoi servirait cet argent" avant de le verser. "Les projets qui mettent en danger la sécurité d'Israël doivent être clairement exclus"

Une aide de Berlin promise à l’Autorité palestinienne a été bloquée par des députés conservateurs allemands, a indiqué vendredi l’un des leurs, au motif qu’il « fallait éclaircir à quoi servirait cet argent » avant de le verser.
Cette aide d’un montant de 30 millions d’euros avait été promise par la ministre allemande du Développement, la social-démocrate Reem Alabali Radovan, à l’Autorité palestinienne présidée par Mahmoud Abbas, lors d’un voyage en Israël et dans les territoires palestiniens le 25 et 26 août dernier.
« L’aide humanitaire est importante, mais il doit être clair à quels projets concrets les fonds sont destinés, et ce avant que ces fonds ne soient approuvés », a déclaré Alexander Hoffmann, un député CSU, parti frère bavarois des conservateurs du chancelier Friedrich Merz, au quotidien populaire Bild, des propos confirmés à l’AFP.
« Les projets qui mettent en danger la sécurité d’Israël doivent être clairement exclus », a-t-il ajouté.
Traditionnellement, les conservateurs allemands, et particulièrement la CSU, sont très proches d’Israël. Les sociaux-démocrates, leur partenaire au gouvernement, sont beaucoup plus critiques.
Questionné lors d’un point presse régulier à Berlin, un porte-parole du gouvernement allemand, Sebastian Hille, a insisté sur le fait qu’il n’y avait pas de discorde au sein de la coalition du chancelier Friedrich Merz pour que l’aide soit versée. « Le gouvernement allemand est uni » à ce sujet, a-t-il dit, ajoutant qu’il devait néanmoins « attendre l’aval du parlement ».
Selon des sources proches du gouvernement allemand, ces fonds étaient exclusivement destinés au paiement des salaires des enseignants et du personnel de santé de l’Autorité palestinienne en Cisjordanie.
Une porte-parole du ministère allemand de la Coopération a souligné la nécessité de cette aide, en raison de la situation financière particulièrement critique de l’Autorité palestinienne.
« Le gouvernement israélien ne transfère pas depuis des mois l’argent qu’il prélève des droits de douane et des taxes sur les marchandises et les services destinés aux territoires palestiniens », a-t-elle dit lors d’un point presse régulier.
« L’Autorité palestinienne est donc au bord de l’insolvabilité, ce qui limite considérablement les services publics tels que les soins de santé. L’année scolaire n’a pas pu commencer à temps et nous travaillons pour trouver une solution », a-t-elle ajouté.
Israël est en guerre contre le Hamas depuis le 7 octobre 2023, date à laquelle quelque 6 000 Gazaouis dont 3 800 terroristes dirigés par le Hamas ont pris d’assaut des communautés du sud d’Israël, tué plus de 1 200 personnes, principalement des civils, enlevé 251 otages de tous âges, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.
Israël a réagi en lançant une campagne militaire dont l’objectif vise à détruire le Hamas, à l’écarter du pouvoir à Gaza et à libérer les otages. Les groupes terroristes de la bande de Gaza détiennent 50 otages, dont 47 des 251 personnes enlevées par les terroristes du Hamas le 7 octobre 2023. Vingt d’entre eux seraient encore en vie.
Le ministère de la santé de Gaza, contrôlé par le Hamas, affirme que plus de 64 000 personnes ont été tuées ou sont présumées mortes dans les combats jusqu’à présent. Ce bilan, qui ne peut être vérifié et qui ne fait pas la distinction entre terroristes et civils, inclut les quelque 20 000 terroristes qu’Israël affirme avoir tués au combat et les civils tués par les centaines de roquettes tirées par les groupes terroristes qui retombent à l’intérieur de la bande de Gaza.
Israël affirme s’efforcer de minimiser les pertes civiles et souligne que le Hamas utilise les Gazaouis comme boucliers humains, en menant ses combats depuis des zones civiles, notamment des maisons, des hôpitaux, des écoles et des mosquées.
Pour la première fois, une commission d’enquête internationale mandatée par l’ONU a accusé mardi Israël de commettre un « génocide » à Gaza depuis octobre 2023, avec l’intention de « détruire » les Palestiniens.







