Une candidate au Sénat accuse le porte-parole de Netanyahu d’agression sexuelle
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Une candidate au Sénat accuse le porte-parole de Netanyahu d’agression sexuelle

Julia Salazar aurait été victime d'une agression sexuelle en 2013 ; David Keyes nie les accusations et affirme qu'elle a "menti à plusieurs reprises" à propos de son passé

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Julia Salazar, candidate au Sénat de l'Etat de New York. (Capture d'écran YouTube)
Julia Salazar, candidate au Sénat de l'Etat de New York. (Capture d'écran YouTube)

Julia Salazar, une candidate controversée au Sénat de l’État de New York, a accusé mardi le porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu pour les médias internationaux, David Keyes, de l’avoir agressé sexuellement. Keyes a catégoriquement nié l’accusation.

« J’ai été informée qu’un article est sur le point de paraître qui me désigne comme une victime d’agression sexuelle », a écrit Salazar sur son compte Twitter. « Avant que cela ne se produise, je tiens à confirmer que j’ai été victime d’une agression sexuelle de la part de David Keyes – le porte-parole du Premier ministre d’Israël auprès des médias étrangers », pouvait-on lire dans sa déclaration.

Un directeur de campagne de Mme Salazar, qui a récemment fait la une des journaux après que des reportages l’ont accusée d’avoir menti sur son identité juive et son lieu de naissance, a déclaré au Times of Israel que le site Web du Daily Caller l’avait informé qu’il allait publier un article la désignant comme la femme qui avait précédemment, mais anonymement, accusé M. Keyes de violences sexuelles en 2013.

En 2016, le tout nouveau promu Keyes a été accusé par une femme qui a demandé à rester anonyme de l’avoir agressée trois ans auparavant à New York.

À l’époque, Keyes n’a pas nié avoir rencontré la femme, mais a déclaré qu’il n’y avait eu « absolument aucune coercition dans notre rencontre », a déclaré un représentant de Keyes.

« Cette histoire semble être destinée à mettre en doute mes accusations, et celles d’autres femmes, contre Keyes », a écrit Salazar mercredi.

« J’en ai parlé à d’autres journalistes qui enquêtaient sur les accusations portées contre David Keyes à propos de cette affaire, mais je n’en ai jamais parlé publiquement jusqu’à maintenant. Il y a une raison pour laquelle les femmes ne se manifestent pas souvent après une expérience traumatisante – et ce, à cause des réactions violentes et dévastatrices qui en découlent », a-t-elle écrit.

Salazar a ajouté : « Je crois fermement que les victimes d’agression sexuelle ne devraient pas être dévoilées de cette façon, et je suis attristé par l’effet que cette histoire peut avoir sur les autres femmes ».

Keyes a catégoriquement démenti ses accusations mardi.

David Keyes, porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu. (Crédit : autorisation)

« Cette fausse accusation est portée par quelqu’un qui a menti à plusieurs reprises sur sa propre vie. C’est encore un autre exemple de sa malhonnêteté », a-t-il déclaré au Times of Israel.

Mardi soir, la journaliste du Wall Street Journal, Shayndi Raice, a retweeté le message de Salazar, ajoutant qu’elle croyait la candidate au Sénat parce qu’elle avait « également eu une terrible expérience avec David Keyes ».

« L’homme n’avait absolument aucune idée du sens du mot « non ». Peu importe combien de fois j’ai dit non, il persistait à se presser contre moi. J’ai pu me dégager rapidement et ce fut un moment très court et désagréable, mais je savais qu’en m’éloignant, j’avais rencontré un prédateur. »

Raice a conclu ses tweets en déclarant : « Au cours de conversations ultérieures, j’ai découvert que son comportement envers les femmes étaient un secret de polichinelle. »

Lorsqu’elle a été contactée par le Times of Israel pour commenter, Raice a dit qu’elle n’avait rien à ajouter à ses tweets.

Salazar est candidate aux primaires démocrates pour un siège au Sénat de l’État de New York dans le 18e district (Brooklyn), qui auront lieu jeudi.

Sa campagne de candidature a été assombrie par une controverse après que des informations faisant état de déclarations contradictoires au sujet de sa judéité et de son lieu de naissance ont fait surface. Par le passé, Salazar avait évoqué son éducation juive, mais un long article paru le mois dernier dans la revue Tablet avait cité son frère qui affirmait que « personne dans notre famille proche n’était juif ».

Les journalistes ont également révélé que Salazar avait été arrêtée en 2011 pour tentative frauduleuse d’accéder au compte bancaire de l’ex-femme d’un voisin célèbre, le géant du baseball Keith Hernandez. Les accusations n’ont pas fait l’objet de poursuites et Salazar a plus tard poursuivi la femme de Hernandez en justice en prétendant qu’elle avait essayé de l’accuser dans cette affaire. Kai Hernandez a obtenu 20 000 dollars pour cette procédure.

Salazar, 27 ans, a également faussement prétendu être une immigrante de Colombie, bien qu’elle soit née en Floride. (Elle a dit qu’elle a passé beaucoup de temps dans le pays quand elle était enfant.)

En avril 2016 – un mois après l’entrée en fonction de Keyes en tant que  porte-parole du Premier ministre d’Israël auprès des médias étrangers, en remplacement de Mark Regev – Salazar a relaté leur rencontre sexuelle dans un message privé sur Facebook.

David Keyes, (à gauche), accompagne le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 11 mars 2018. (Marc Israel Sellem/pool)

Seuls ses amis pouvaient voir le message, mais l’un d’eux l’a divulgué à la presse. Après la publication de l’article en Israël, Salazar a supprimé le message et a demandé aux médias de ne pas la nommer comme en tant qu’auteur.

À l’époque, elle a décrit la rencontre de novembre 2013 avec Keyes, qui était alors à la tête d’une organisation de défense des droits de l’homme. Elle a dit qu’il l’avait invitée dans son appartement de Manhattan pour discuter d’un article qu’elle avait écrit sur Israël. Après avoir pris un café, ils sont retournés à son appartement, où il a essayé de la violer, d’après son récit.

« J’ai résisté, j’ai essayé d’en rire, j’ai essayé d’être polie. Mais il a insisté. A plusieurs reprises. En fait, je lui ai dit ‘Non, je ne veux pas’ au moins une dizaine de fois. Franchement, je ne tenais vraiment pas à avoir de contact physique avec ce type », a-t-elle écrit.

« Finalement, après mon insistance à quitter son appartement à maintes reprises, il m’a physiquement forcée. Après lui avoir cédé, il m’a finalement laissé partir. Je me souviens d’être entrée dans l’ascenseur en sanglotant et d’être descendue avant le rez-de-chaussée pour m’essuyer le visage avec un mouchoir, afin que le portier ne me voie pas quitter son immeuble en larmes si tard dans la nuit. »

Mardi, l’observatoire Citizens Union, un groupe de bonne gouvernance, a retiré son soutien à Salazar pour sa candidature au Sénat de l’État, en raison de fausses déclarations concernant ses titres universitaires. Ses documents de campagne indiquaient qu’elle avait obtenu son diplôme à l’Université Columbia, mais elle a fait savoir plus tard qu’elle y avait terminé ses études, mais qu’elle n’avait pas obtenu son diplôme.

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