Le nouveau porte-parole de Netanyahu dément les accusations d’agression sexuelle
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Le nouveau porte-parole de Netanyahu dément les accusations d’agression sexuelle

Une femme accuse sur Facebook David Keyes de l’avoir agressée à New York en 2013, puis efface son poste ; Le département de la police de New York n'a reçu aucune plainte

David Keyes, porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu. (Crédit : autorisation)
David Keyes, porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu. (Crédit : autorisation)

Le tout nouveau porte-parole du Premier ministre Benjamin Netanyahu a été accusé mardi d’agression sexuelle par une femme qui a publié sa plainte sur Facebook avant de rapidement l’effacer. Le porte-parole, David Keyes, né aux Etats-Unis, a démenti l’accusation.

Keyes a été nommé conseiller pour la presse étrangère et porte-parole de Netanyahu le mois dernier, en remplacement de Mark Regev, qui est le nouvel ambassadeur d’Israël à Londres.

La femme, une partisane du BDS et dont le nom n’a pas été cité, faisait partie des 9 manifestants juifs arrêtés lors d’une manifestation organisée à New York pour protester contre l’opération Bordure protectrice de 2014. Un mois après son arrestation, elle a été interdite d’entrer en Israël alors qu’elle arrivait de Cisjordanie par le passage d’Allenby, selon un blog qu’elle a écrit.

Elle a refusé de répondre aux demandes de commentaires adressées par le Times of Israel.

La femme, dont le compte Facebook semble avoir été désactivé, a été diplômée de l’Université de Columbia en 2014. Elle a étudié l’histoire en se spécialisant sur le Moyen-Orient et les études juives. Elle est affiliée au mouvement Hillel, a été membre de J Street, et a travaillé sur le campus avec l’Organisation sioniste mondiale (WZO).

La femme a affirmé que Keyes l’avait sexuellement agressée dans son appartement de Manhattan en novembre 2013, a annoncé la radio militaire. Elle a également affirmé que depuis l’annonce des accusations sur Facebook, deux autres femmes l’avaient contactée pour des accusations similaires, selon la radio militaire.

« Cet homme, le nouveau porte-parole du Premier ministre israélien Netanyahu, est un Américain qui agresse sexuellement les femmes – et je peux vous le dire d’expérience », avait écrit la femme sur un post Facebook qui a plus tard été supprimé avec le reste de son compte.

« Je me souviens toujours vivement de la nuit où c’est arrivé, et j’ai un enregistrement qui le confirme. »

Keyes n’avait pas immédiatement répondu à une demande de commentaire du Times of Israel, mais la radio militaire a cité un démenti fait en son nom par un membre du bureau du Premier ministre.

« Je déments totalement les accusations, il n’y avait absolument pas de coercition dans notre rencontre », a-t-il été déclaré au nom de Keyes.

Le département de la police de New York a déclaré au Times of Israel n’avoir reçu aucun plainte contre Keyes.

La femme a dit qu’ils s’étaient rencontrés après qu’elle ait écrit un article sur Israël. Keyes, ancien militant des droits de l’Homme, l’a invitée à la rencontrer pour en discuter, a-t-elle dit. Après un café, ils étaient retournés à son appartement, où il aurait essayé de la forcer à avoir des rapports avec lui, selon son témoignage.

« J’ai résisté, essayé d’en rire, essayé d’être polie. Mais il a continué. A plusieurs reprises. En fait, je lui ai dit ‘non, je ne préfèrerais pas’ au moins une douzaine de fois. Franchement, je n’avais vraiment aucun intérêt à avoir un quelconque contact physique avec ce mec », a-t-elle écrit.

« Finalement, après avoir insisté plusieurs fois pour quitter son appartement, il m’a physiquement contrainte. Après que je me sois soumise à lui, il m’a finalement autorisée à partir. Je me souviens entrer dans l’ascenseur en sanglotant, et sortir avant le rez-de-chaussée pour pouvoir m’essuyer le visage avec un mouchoir, pour que le portier ne me voit pas quitter honteusement son immeuble en larmes si tard dans la nuit. »

Avant de prendre le poste auprès de Netanyahu le mois dernier, Keyes dirigeait Advancing Human Rights, une organisation regroupant plusieurs associations de défense des droits de l’Homme gérant movements.org, une plate-forme de financement public reliant les dissidents de sociétés fermés à ceux qui pourraient être capables de les aider dans le monde.

Il était également directeur de cyberdissidents.org, qu’il a fondé pendant qu’il travaillait pour l’ancien dissident soviétique Natan Sharansky en Israël. Le site « met en lumière les voix des militants démocratiques en ligne au Moyen Orient », avait-il déclaré l’année dernière au Times of Israel pendant un long entretien.

Il a récolté des applaudissements pour des vidéos qu’il a faites dans lesquelles il confrontait les négociateurs nucléaires iraniens sur les droits de l’Homme du pays, et où il tentait d’embrasser des diplomates saoudiens en organisant une fête pour les droits des gays dans un hôtel où ils avaient un évènement.

La vidéo des Saoudiens a depuis été retirée de YouTube.

Il a posté dimanche son premier tweet en tant que porte-parole officiel de Netanyahu, disant qu’il était « honoré et ému de servir l’Etat d’Israël ».

Avant la nomination de Keyes, Netanyahu avait prévu de nommer Ran Baratz comme conseiller médiatique, mais cela avait déclenché un scandale car le candidat avait dit que le président américain Barack Obama était antisémite.

Le Premier ministre a ravivé la semaine dernière la candidature de Baratz en soumettant sa nomination à la commission d’état chargé d’enquêter sur les candidats à des postes publics de haut niveau.

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