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Une centaine d’archives sur la déportation des Juifs découverte dans l’Allier

Près de 550 Juifs en transit dans le centre de Vénissieux (Rhône) ont été déportés le 26 août 1942 vers Auschwitz

Le 27 août 1942, jour de l’arrivée des Juifs raflés dans la région au camp de Vénissieux. (Crédit : Fonds des Fils et Filles des déportés juifs de France / Serge Klarsfeld)
Le 27 août 1942, jour de l’arrivée des Juifs raflés dans la région au camp de Vénissieux. (Crédit : Fonds des Fils et Filles des déportés juifs de France / Serge Klarsfeld)

Une centaine d’archives sur la déportation des Juifs étrangers le 26 août 1942 a récemment été découverte dans l’Allier, dans la région de Lyon, en France, a rapporté le journal La Montagne.

Près de 550 Juifs en transit dans le centre de Vénissieux (Rhône) ont été déportés à cette date vers Auschwitz.

Le tri de ces personnes a été documenté dans une centaine de pages dactylographiées, retrouvées par un petit-fils de déporté, Henri Neimark, auteur d’un livre, Les Indésirables, sur les camps d’internes civils de la Seconde Guerre mondiale.

Les documents ont été retrouvés par l’homme lors d’un rassemblement de marcophiles (personnes qui vouent une passion aux marques postales) en octobre 2021 à Néris-les-Bains.

Alors qu’une connaissance avait mentionné à Henri Neimark, philatéliste lyonnais, l’existence de documents qui pourraient l’intéresser, l’homme ne s’attendait pas à se procurer cette centaine de papiers inédits. Ceux-ci décrivent en effet avec précision la rafle des Juifs étrangers dans la région de Lyon, en zone libre, le 26 août 1942 et les jours suivants, six semaines après la rafle du Vel’ d’Hiv’.

Après la guerre, les documents avaient été conservés par Léon Froment, collaborationniste nazi et chef d’équipe du service social des étrangers – l’administration en charge de l’organisation de la rafle dans la région.

Ces documents listent ainsi les membres des équipes administratives et une partie des victimes, et décrivent l’efficacité de la rafle. Un rapport du fonctionnement du centre de triage de Vénissieux est aussi inclus. Ils indiquent également les onze raisons qui permettaient d’exempter un Juif étranger de la déportation : si l’individu était âgé de plus de 60 ans, s’il était intransportable, si un enfant n’était pas accompagné de ses parents…

Avec cette dernière raison, des parents ont signé des actes de délégation de paternité, ce qui a permis à 108 enfants d’être exfiltrés du camp de Vénissieux et de ne pas être envoyés dans un camp de la mort.

Environ 1 184 Juifs raflés dans l’Ain, l’Ardèche, la Drôme, l’Isère, le Jura, la Loire, le Rhône, la Savoie, la Haute-Savoie et la Saône-et-Loire sont passés par ce centre. Les Juifs apatrides y ont été triés et 545 ont été déportés à Drancy puis Auschwitz.

Selon Henri Neimark, jamais de tels documents sur la rafle du 26 août 1942 n’avaient jusqu’alors été retrouvés dans les archives départementales. L’homme n’a pas dévoilé l’identité de l’homme qui lui a cédé ces archives, et affirme ne pas savoir comment les documents se sont retrouvés dans l’Allier.

Il les a confiés aux archives départementales du Rhône.

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