Une commission de la Knesset recommande le rappel de l’envoyée en Pologne
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Une commission de la Knesset recommande le rappel de l’envoyée en Pologne

Les membres de ce puissant forum vont demander que le gouvernement exerce plus de pression pour contester la récente loi controversée

La députée de l'Union sioniste Ayelet Nachmias Verbin durant une réunion de la commission à la Knesset de Jérusalem, le 3 décembre 2017 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
La députée de l'Union sioniste Ayelet Nachmias Verbin durant une réunion de la commission à la Knesset de Jérusalem, le 3 décembre 2017 (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Les membres de la puissante commission des Affaires étrangères et de la Défense de la Knesset se préparent à demander qu’Israël rappelle son ambassadrice en Pologne pour protester contre une loi controversée qui a été récemment adoptée et qui interdit d’incriminer la nation ou le gouvernement polonais dans les crimes commis durant la Shoah.

C’est Ayelet Nahmias-Verbin, députée de l’Union sioniste, qui a proposé ce rappel de l’ambassadrice Anna Azari et elle a obtenu jusqu’à présent le soutien des élus de l’opposition et de la coalition, notamment des partis Koukanou, HaBayit HaYehudi, et Yisrael Beytenu, a rapporté la chaîne Kan lundi.

Le projet de loi polonais, qui a été signé la semaine dernière par le président Andrzej Duda mais qui doit recevoir une approbation finale de la part de la cour constitutionnelle du pays, a entraîné une crise diplomatique avec Israël.

Jérusalem dit que la législation, qui rend passible de sanction pénale l’incrimination de la nation ou de l’état polonais dans les crimes de l’Holocauste, inhibera la liberté d’expression sur la Shoah. Les Etats-Unis se sont également fortement opposés à cette législation, disant qu’elle pourrait nuire aux liens stratégiques entretenus par la Pologne avec Israël et les Etats-Unis.

Nahmias-Verbin a suggéré que la commission procède à un débat interne sur le sujet avant d’appeler officiellement le gouvernement à faire revenir son ambassadrice en guise de moyen de pression sur la Pologne.

L’avis du président de la commission Avi Dichter, du Likud, n’est pas clair, a fait savoir le reportage.

Le législateur issu des rangs de Yesh Atid Ofer Shelah, qui siège également à la commission, a indiqué à la station de radio qu’il était opposé au retour de l’ambassadrice dans la mesure où cette démarche n’offrirait pas une solution à la scission diplomatique.

« Israël a fait part de son objection et il faut continuer ainsi », a-t-il commenté. « Cette loi est une loi scandaleuse et il n’y a aucun moyen de se l’expliquer en Israël mais nous devons regarder vers l’avenir. Un rappel de l’ambassadrice ne serait pas terrible, mais je ne le soutiens pas ».

Telle qu’elle est rédigée, la législation polonaise prévoit trois ans de prison pour quiconque accuse la nation ou l’État polonais de participation aux crimes de l’Allemagne nazie, ou d’autres crimes contre l’humanité ou crimes de guerre. Des amendes sont également encourues pour ceux qui feraient référence aux camps de la mort nazis comme polonais.

Le gouvernement polonais a indiqué que l’objectif de cette loi est d’empêcher les gens de décrire de manière erronée les camps de la mort nazis comme Auschwitz-Birkenau comme étant polonais simplement parce qu’ils auraient été établis sur le territoire national.

Un paragraphe essentiel stipule que « Quiconque prétend, publiquement et contrairement aux faits, que la nation polonaise ou la République de Pologne est responsable ou coresponsable des crimes nazis commis par le Troisième Reich… ou pour d’autres crimes qui constituent des crimes contre la paix, des crimes contre l’humanité ou des crimes de guerre, ou qui minimisent de manière flagrante la responsabilité des véritables auteurs de ces crimes – sont passibles d’une amende ou d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à trois ans ».

En Israël, des survivants de la Shoah et d’autres ayant des racines en Pologne craignent que le texte ne permette au gouvernement de blanchir le rôle tenu par certains Polonais dans le meurtre des Juifs au cours de la Seconde Guerre mondiale.

Vendredi, la Dixième chaîne a fait savoir que le ministère des Affaires étrangères avait averti le gouvernement polonais de ne pas envoyer de délégation au sein de l’Etat juif pour débattre de la loi à moins qu’elle ne soit prête à amender cette dernière.

Les condamnations en Israël ont émané de tout le spectre politique, certains députés accusant le gouvernement polonais de négationnisme alors que le monde marquait, le mois dernier, la Journée internationale de commémoration de l’Holocauste.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifié cette loi polonaise de « sans fondement » et a déclaré que « l’histoire ne peut être réécrite ».

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