Une élue du Labour en difficulté pour avoir dénoncé l’antisémitisme du parti
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Une élue du Labour en difficulté pour avoir dénoncé l’antisémitisme du parti

Ellie Reeves fait partie d'un groupe qui a demandé que le poste de whip soit retiré au député qui a dit que le parti "s'excusait trop vis-à-vis des Juifs"

La députée Ellie Reeves prend la parole devant la Chambre des députés à Londres, le 14 juillet 2017. (Capture d'écran)
La députée Ellie Reeves prend la parole devant la Chambre des députés à Londres, le 14 juillet 2017. (Capture d'écran)

Une députée risque d’être écartée pour avoir signé une déclaration critiquant la décision du parti travailliste britannique de réintégrer un législateur qui avait été suspendu pour des allégations d’antisémitisme, a rapporté le Guardian mercredi.

Ellie Reeves, enceinte de 22 semaines, était l’une des 121 députés et membres de la Chambre des Lords qui ont demandé au chef de l’opposition Jeremy Corbyn de retirer le poste de whip au député Chris Williamson.

La semaine dernière, le Parti travailliste aurait rétabli la suspension de Williamson deux jours après sa levée, au milieu d’une fureur persistante quant à la façon dont le parti a traité les plaintes pour antisémitisme.

Chris Williamson, un allié de Corbyn, a été filmé en février lors d’une réunion au cours de laquelle il a déclaré que le parti était « trop apologétique » et avait « donné trop de poids » dans sa réponse aux allégations d’antisémitisme.

Le député travailliste Christ Williamson, vu en 2018, avait été suspendu du parti en février. (Jack Taylor/Getty Images via JTA)

Le président de la circonscription électorale de Reeves, Lewisham West and Penge, a reçu un avis d’un membre du parti qui a demandé une motion de censure à l’égard de la députée, rapporte le journal The Guardian.

Selon le site Web PoliticsHome, le courriel disait : « J’aimerais présenter une motion de défiance à l’endroit d’Ellie Reeves, notre députée, pour avoir signé la lettre de Tom Watson concernant Chris Williamson à notre prochaine réunion et aussi commencer le nouveau processus pour déchoir notre députée que vous devriez avoir reçu de Jennie Formby. »

Le leader adjoint Tom Watson a publié sur Twitter la semaine dernière une déclaration signée par 90 législateurs travaillistes, appelant Corbyn à « faire preuve de leadership en demandant que cette décision inappropriée, offensante et préjudiciable à la réputation soit annulée et réexaminée ».

Les signataires, parmi lesquels des députés et des pairs, ont déclaré qu’ils se sentaient « blessés et en colère » face à la décision et ont soulevé des questions sur « l’équité du processus ».

« Il est clair pour nous que le processus disciplinaire du Parti travailliste reste embourbé sous prétexte d’ingérence politique. Cela doit cesser. Nous avons besoin d’un processus véritablement indépendant », affirme la lettre.

Il a également déclaré que l’affaire était « particulièrement importante » en raison de l’enquête en cours sur l’antisémitisme dans le Parti travailliste par la Commission britannique sur l’égalité et les droits humains, un organisme gouvernemental qui examine des milliers de cas de discours haineux antisémites dans les rangs du parti depuis 2015.

Le chef du Parti travailliste de l’opposition britannique Jeremy Corbyn, (à gauche), s’entretient avec le chef adjoint Tom Watson au début de la conférence annuelle du parti à Liverpool, en Angleterre, le 23 septembre 2018. (Stefan Rousseau/PA via AP)

« En fin de compte, c’est à Jeremy Corbyn de décider si Chris Williamson conserve le poste de whip du Parti travailliste. Il doit le lui retirer immédiatement si nous voulons avoir la moindre chance de persuader qui que ce soit que le Parti travailliste prend l’antisémitisme au sérieux », peut-on lire dans la lettre.

Watson a réagi à la menace de révocation de Reeves en critiquant les membres du parti qui « essaient de chasser une autre députée enceinte du Parti ».

La députée juive Luciana Berger a quitté le parti en février alors qu’elle était enceinte, le qualifiant d’“institutionnellement antisémite”. Avant de quitter le Parti travailliste, Mme Berger a été confrontée à un vote de défiance, annulé par la suite par des membres du parti local, qui lui reprochait d’être constamment en train de critiquer Corbyn dans le conflit permanent sur l’antisémitisme au sein du parti.

La suspension de M. Williamson a été réimposée après qu’un membre du groupe qui a permis son retour au parti, le député Keith Vaz, a dit estimer que la décision devrait être reconsidérée.

Keith Vaz, l’ancien ministre des Affaires étrangères, quitte une réunion de journalistes à la Chambre de communes à Londres, le 8 février 2002. (AP Photo/POOL)

À la suite des observations de Vaz, le secrétaire général du Parti travailliste, Formby, a dit à l’exécutif national du parti que le cas de Williamson serait à l’ordre du jour de la prochaine réunion de son comité des différends, a rapporté le Guardian.

« Par la suite, le whip ne sera pas rétabli car la décision est toujours en attente », a déclaré une source à la BBC.

Williamson, un député de Derby North, a tweeté vendredi qu’il était « naturellement préoccupé par les irrégularités de procédure et le manque de cohérence dans la façon dont mon cas est traité ».

Le Parti travailliste est divisé par des revendications selon lesquelles il serait devenu hostile aux Juifs sous la direction de Corbyn, d’extrême gauche, un critique acerbe d’Israël et défenseur de longue date de la cause palestinienne.

M. Corbyn a déclaré aux journalistes qu’il n’était pas impliqué dans la réintégration de M. Williamson et a défendu la façon dont le parti traitait l’antisémitisme, affirmant que les travaillistes prennent la question « très au sérieux ».

« Quiconque fait des remarques antisémites peut s’attendre à être au minimum réprimandé et, si elles sont très graves et si elles mènent à des actes antisémites, il est alors exclu du parti », aurait-il déclaré selon Sky.

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