Une enseignante tuée par une balle perdue à Ramle juste avant la rentrée
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Une enseignante tuée par une balle perdue à Ramle juste avant la rentrée

Sharifa Abu Muammar, 30 ans, serait la victime malheureuse d’un conflit de longue date entre deux gangs criminels de la ville

Photo d’illustration d’une voiture de police sur une scène de crime dans la ville de Ramle, le 1er juin 2015. (Flash90)
Photo d’illustration d’une voiture de police sur une scène de crime dans la ville de Ramle, le 1er juin 2015. (Flash90)

Une enseignante a été abattue lundi soir à son domicile de Ramle, dans le centre du pays, quelques heures avant la rentrée scolaire, ont rapporté les médias israéliens. Son meurtre semblait être le résultat malheureux d’un échange de tirs entre deux gangs criminels locaux.

Sharefa Abu Muamar, 30 ans, mère de trois enfants, aurait été touchée par une balle perdue alors qu’elle se trouvait dans son appartement lors de la fusillade.

Elle a été transportée en urgence dans un état critique au centre médical Yitzhak Shamir à proximité, où les médecins ont prononcé sa mort.

La police a arrêté trois personnes mardi suite à l’incident. Elles devaient être ensuite conduites pour une audience de renvoi devant le tribunal d’instance de Rishon Lezion.

Les trois individus sont des résidents de Ramle et de la ville voisine de Lod, âgés de 20, 25 et 26 ans, selon la Douzième chaine.

Une enquête policière est en cours, mais les policiers estimeraient que l’incident pourrait être lié à un triple meurtre survenu il y a trois mois près de Lod et à un différend entre des gangs criminels dans le quartier de Jawarish à Ramle.

Les trois hommes tués en juin dans une fusillade en voiture au niveau de l’échangeur de Lod s’appelaient Nahad al-Shamali, 28 ans, Riad Akashi, 40 ans, et Jibril Akashi, 28 ans, tous originaires de Ramle. La police a déclaré qu’ils avaient été visés depuis un véhicule en mouvement. La voiture utilisée pour la fusillade a ensuite été retrouvée brûlée près de la plage Palmachim, selon le site d’information Ynet.

« Depuis le triple assassinat, nous avons opéré secrètement et ouvertement à Jawarish », a cité mardi une source policière de haut rang sous anonymat à la Douzième chaîne.

« Il y a là-bas deux familles, définies comme des instigateurs du crime, qui sont en conflit depuis des années, faisant de nombreuses victimes. »

Ces dernières années ont vu une augmentation des meurtres et des crimes commis par armes à feu dans la communauté arabe israélienne. Les dirigeants arabes affirment que la police ignore largement la violence, qui comprend querelles familiales, guerres de territoire de la mafia, violence domestique et soi-disants crimes d’honneur.

Un certain nombre de manifestations et de grands rassemblements ont été organisés pour protester contre ce que les Israéliens arabes considèrent comme un échec à traiter de manière adéquate la vague de violence criminelle au sein de la communauté.

Seuls 30 % des meurtres présumés dans la communauté arabe israélienne en 2019 – 27 sur 88 – ont été résolus, rapporte le quotidien Haaretz.

Trente-six pour cent des Arabes israéliens éprouvent un sentiment d’insécurité personnelle dans la communauté où ils vivent en raison de la violence, contre 12,8 % chez les Juifs israéliens, selon un rapport de 2019 du Fonds Abraham.

Baladna, une organisation à but non lucratif, a indiqué que les jeunes Israéliens arabes sont les plus susceptibles d’être tués au sein de la communauté – plus de la moitié des personnes assassinées sont âgées de 18 à 34 ans.

Après une série de meurtres en juin dernier, la police avait émis ce communiqué : « La campagne contre la violence dans la communauté ne dépend pas seulement de la police, et seul un changement profond qui vienne de l’intérieur de la communauté arabe israélienne dans l’éducation, la culture et en coopération avec la police, ainsi que la dénonciation de standards non avenus et des mesures proactives de la part des dirigeants conduiront au changement souhaité ».

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